Joann Sfar dénonce une "campagne d'intimidation" des partisans de Mélenchon

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Le dessinateur Joann Sfar a dénoncé vendredi dans une tribune au Monde une "campagne d'intimidation" des partisans de Jean-Luc Mélenchon, qui l'ont pris pour cible sur les réseaux sociaux pour des dessins critiquant le candidat de La France insoumise.

L'auteur du "Chat du Rabbin", qui caricature régulièrement les candidats, affirme qu'il avait prévu de voter pour Jean-Luc Mélenchon mais qu'il a renoncé après avoir reçu des centaines de commentaires hostiles sur les réseaux sociaux, dans le cadre d'une attaque coordonnée.

"J'ai fait trois ou quatre dessins sur Mélenchon le jour de son meeting à Marseille", le 9 avril. L'un d'eux ironisait sur son prétendu refus du culte de la personnalité, d'autres, plus sérieux, s'alarmaient de l'alignement de sa politique étrangère avec celle de l'extrême droite, en particulier en ce qui concerne la Syrie", écrit le dessinateur dans sa tribune.

Ces dessins "ont mis le feu aux poudres. J'ai vu débarquer sur Facebook, Instagram et Twitter des centaines de pseudos dont je n'avais jamais entendu parler et qui venaient me +désintoxiquer+", poursuit Joann Sfar.

"Quelle que soit l'heure du jour ou de la nuit où l'on poste quoi que ce soit sur Mélenchon, des commentaires sont arrivés immédiatement sur mes pages; rien ne sert à argumenter face à de pareilles attaques concertées" l'accusant entre autres d'avoir "toujours été un ennemi du camp de Mélenchon, ce qui est faux".

Cette campagne passe notamment, selon lui, par l'utilisation de la plateforme Discord "pour planifier des attaques de +désintoxication+ sur les pages de quiconque critique les Insoumis".

Il a dit avoir reçu "des centaines de messages de personnes qui n'ont pas ma célébrité et qui disent avoir été blessées par ce type d'attaque". "On me dit qu'aucune de ces méthodes n'est illégale, c'est possible. Mais je les trouve dégueulasses. Et aucun des autres candidats ne les utilise avec cette intensité", poursuit-t-il.

"Résultat: l'autocensure va continuer, car personne n'a envie de vivre ce genre de truc", conclut-il. "Le but, c'est qu'on se taise. Un parti qui autorise à cette échelle ce type de comportements risque d'avoir un exercice du pouvoir inquiétant."