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Johnny Hallyday: ce que disent les éditorialistes

Johnny Hallyday en concert à Nouméa, le 29 avril 2016
Johnny Hallyday en concert à Nouméa, le 29 avril 2016
afp.com - Fred Payet
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Ce qu'écrivent les éditorialistes en ce jeudi 7 décembre :

LA PRESSE PLEURE JOHNNY

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Le Figaro (Bertrand de Saint-Vincent)

"Né Jean-Philippe Smet, il s’est envolé sous le nom de Johnny Hallyday. Entre-temps, il a inventé sa vie et hanté la nôtre. Son histoire se confond avec celle de la France, version Ve République. (...) Il allumait le feu. Avec sa cohorte de sosies, d’imitateurs, sa bande de copains et ses amours tumultueuses, il incarnait le boss. On dira que ce n’était pas Elvis, que sa réputation n’a jamais franchi les frontières. O.K. Mais c’était Johnny : un trésor national. Pour ce premier Noël sans lui, des milliers d’« enfants » seront « perdus »."

Libération (Laurent Joffrin)

"Ce Belge au nom américain était un monument français. Les caméléons sont éternels. Johnny Hallyday, idole des ex-jeunes, a maîtrisé tous les styles, chevauché toutes les modes, enfilé tous les costumes. (...) Ceux qui le trouvaient dépassé ou ridicule ont fini par l’adopter, saluant sa performance à défaut de priser samusique. Se reniant avec énergie sans jamais se lasser, il a moins quelque chose de Tennessee, que d’un increvable notable du rock. C’est le Chirac de la chanson. Où vas-tu Johnny? Au paradis des icônes du peuple."

L'Humanité (Patrick Apel-Muller)

"(...) Il chanta Chirac, aima Sarkozy, puis en perdit le goût, mais il versa des cachets pour soutenir le mouvement des sidérurgistes lorrains en 1979 et fi t de ses passages à la Fête de l’Humanité des monuments. Parce que là était le peuple, les gens qu’il aimait et dont il se sentait. Tout cela restera. Sa jeunesse insolente et les rides des épreuves, la voix qui arrache ou qui caresse, la mort trompée et gagnante au bout du compte. Sa fin, il l’a aussi donnée au public, chantant au-delà des maux, marquant jusqu’à son dernier souffle qu’il était avec nous. Les agacements n’y changeront rien. Il a joliment « brûlé tout son temps »."

Les Dernières Nouvelles d'Alsace (Dominique Jung)

"Jean d’Ormesson est mort, puis Johnny Hallyday, et en quelques heures, la France a fait le tour d’elle- même, de ses références et de ses engouements. Les lettres et la scène. Les usages du XVIIIe siècle et la chanson populaire. Tout cela dessine deux images de la France contemporaine, deux figures typiques de la vie culturelle, plus complémentaires qu’il n’y paraît. (...)"

Le Courrier picard (Bertrand Meinnel)

"(...) Point n’est besoin de lui vouer un culte, ni de le célébrer sans mesure : Johnny Hallyday incarnait réellement un pan de la culture populaire française et 60 ans des évolutions de notre société. Il était même un des rares références communes partagées par tous. En cela, il est devenu et reste unique."

Midi libre (Jean-Marie Gavalda)

"(...) Johnny, une vie de star étalée dans les médias. Ses frasques et ses faits d’armes, ses femmes et ses enfants, ses villas et ses impôts, ses anniversaires et ses hospitalisations. Jamais un personnage ne fut aussi public ! C’est que Johnny incarnait à lui tout seul une tranche de France. À l’image des stades qu’il remplissait. Le populo sur la pelouse, les élites dans les tribunes. Tous unis par la musique qu’il aime, celle qui vient de là, qui vient du blues, qui charrie ses joies et ses peines, celle qu’il chantera toujours."

L'Union (Hervé Chabaud)

"(...) Par l’intensité du don de soi qu’il a sublimée dans ses concerts, Johnny est devenu une figure française parce qu’il a été exécré, adulé puis aimé y compris par des gens qui n’étaient pas des irréductibles des fan-clubs mais appréciaient sa présence et son apport à la culture contemporaine. Il laisse en héritage son éternelle jeunesse. On le chantera encore longtemps. Il entre dans l’histoire."

L'Alsace (Laurent Bodin)

"(...) Johnny est depuis longtemps entré au Panthéon de la musique, au même titre qu’Elvis Presley dans cette Amérique qui fascinait tant le chanteur. Johnny est peut-être parti. Mais il n’est pas vraiment mort. Cette légende est immortelle. Pour preuve, la multiplication des hommages télévisuels qui ne cesseront pas de sitôt tant est bon le filon. La voix de Johnny n’est pas près de s’éteindre."

La Nouvelle République du Centre ouest (Denis Daumin)

"Lui aussi semblait immortel à sa manière. Éternel phénix jaillissant de ses cendres, sorte de Lazare toujours prêt à remarcher, Johnny réattaquait la scène comme un Everest, voix de bronze et cœur d’acier. Il disparaît à son tour derrière l’épais rideau de velours, emboîtant le pas d’une autre figure tutélaire, d’une « icône » comme on le dit désormais de ces destins singuliers qui absorbent et incarnent la société de leur temps. (...)"

Le Républicain lorrain (Bernard Maillard)

"(...) Après tout, qui pourrait prétendre n’avoir pas en tête, même sans le matraquage en cours, au moins quelques notes de Johnny ? Bon gré mal gré, ce phénomène participe à notre cohésion, et l’on peut s’accorder vingt-quatre heures de communion autour du frenchy rock’n roller. Et, dans un océan d’affectation, partager la peine des vieilles canailles, Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, dont la sincérité ne fait nul doute."

La République des Pyrénées (Jean-Michel Helvig)

"(...) Johnny Hallyday « un héros national » comme l’a dit Emmanuel Macron ? Oui en sens qu’il a eu le courage de survivre à toutes ses épreuves et sans doute d’insuffler l’énergie à son public de surmonter les siennes. Mais un tel roman national a peut-être aussi ses limites biologiques et sociologiques En d’autre termes, le passage de la « rock and roll attitude » à la « rap attitude. » Les hommages, hier, manquaient singulièrement de diversité dans les témoignages sollicités."

Le Journal de la Haute-Marne (Christophe Bonnefoy)

"Le roc n’était pas inébranlable, mais comme toutes les icônes, notre inconscient l’imaginait immortel. Même si on le savait malade du pire des maux, la nouvelle de la mort de Johnny Hallyday a immanquablement plongé le pays dans la stupeur, qu’on soit fan – ou pas -, qu’on l’érige quasiment en demi-dieu ou qu’on soit resté hermétique, et au personnage, et à sa musique. (...)"

Paris Normandie (Stéphane Siret)

"(...) Johnny n’était pas le chanteur des uns ou des autres. Ses fans sont aussi bien des ouvriers que des techniciens, des cadres, des enseignants, des médecins, des avocats, des intellectuels. S’il y a de la part de certains une forme de snobisme à entretenir une forme de dédain, voire de condescendance à l’égard du chanteur, sans doute parce que trop populaire à leurs yeux, Johnny, lui, parle à tout le monde, qu’elle que soit sa condition. Il fait partie de notre roman national. Ainsi naissent les légendes."

La Presse de la Manche (Jean Levallois)

"(...) Johnny mérite un hommage national. Il a d’ailleurs déjà spontanément commencé parce que le peuple français lui est reconnaissant d’avoir exercé son métier avec le talent qui était le sien, sans se ménager, en voulant toujours donner le meilleur de lui-même, en établissant une communion pour un temps de bonheur. Ce qui, en passant, prouve combien les artistes de toutes disciplines ont un rôle essentiel dans la cité. (...)"

La Charente libre (Jean-Louis Hervois)

"Il était né en Belgique et vivait à Los Angeles, mais la France l’aimait comme le plus cher de ses enfants. Hier en quelques heures, le pays a bâti une cathédrale d’hommages au King de la chanson populaire, notre Johnny national. (...) Une même nostalgie traverse les générations à la poursuite d’un temps que la plupart d’entre nous n’ont pas connu, celui du rock à papa, des Peugeot 404 et des Solex, des Gauloises et des soirées télé. Le bal est fini, nous retenons la nuit. (...)"

L'Est républicain (Alain Dusart)

"(...) Il faudra expliquer à nos enfants combien la rock ’n’ roll attitude de ce rebelle... qui votait à droite, se teintait d’humilité, de génie créatif et d’une voix inimitable. Lundi, un immortel s’en allait. Jean d’Ormesson vient d’être rejoint au paradis par un ange démoniaque que les filles trouvaient beau comme Apollon avec sa guitare, son regard azur et son aura de gourou mutant vénéré tel un dieu par une armée de fidèles aujourd’hui inconsolables."

La Dépêche du Midi (Jean-Claude Souléry)

"Rarement – dans ce métier du show-biz devenu un vrai foutoir standardisé où tout se vaut, s’écoute et rapporte, mais où tout s’épuise le temps d’un clip – rarement et pour tout dire jamais chanteur français n’a occupé à lui seul la scène, si totalement et durant si longtemps. (...)"

TRUMP ET JERUSALEM

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La Croix (Guillaume Goubert)

"(...) De toutes les négociations, de toutes les tentatives, il y a cependant une certitude qui émerge. Rien ne sera possible si cette cité est l’objet d’un accaparement. Sa gloire est d’être un phare pour des femmes et des hommes du monde entier. Jérusalem ne sera fidèle à elle-même que si elle demeure, selon les mots du psaume 121, « ville où tout ensemble ne fait qu’un »."

L'Opinion (Jean-Dominique Merchet)

"En reconnaissant Jérusalem comme capitale d’Israël, Donald Trump jette de l’huile sur le feu d’un monde musulman déjà bouillant. Il le fait sans autre objectif stratégique que de tenir une promesse électorale relevant du symbole. Mais en politique, les symboles comptent parfois plus que les faits… (...)"

Ouest France (Laurent Marchand)

"(...) En choisissant son camp, l’ultra-droite israélienne et sa méthode du fait accompli, Donald Trump ne fait pas œuvre de pragmatisme. Il insulte le droit international, le peuple palestinien, les sensibilités arabes, musulmanes, chrétiennes et l’intelligence de millions de juifs qui savent le péril qu’une telle politique leur fait courir. Le chœur des condamnations, hier, du Pape à Pékin en passant par les chancelleries européennes, était d’une rare unanimité. (...)"

La Voix du Nord (Jean-Michel Bretonnier)

"(...) En proclamant Jérusalem capitale d’Israël, Donald Trump contraint ses interlocuteurs palestiniens à refuser l’entremise américaine, même discrète, dans la relance de négociations pour un règlement du conflit. Il fragilise encore les très minces chances de paix dans une région à feu et à sang, ou instable. La diplomatie américaine, déjà erratique, devient indéchiffrable. Celui qui promettait un « retour » des États-Unis ruine au contraire, par ses décisions et comportements déconcertants, le leadership de son pays."

La Montagne/Centre France (Bernard Stéphan)

"C'est ce qu'on appelle la victoire des faucons de Washington, mais aussi de Jérusalem. Donald Trump, ici comme ailleurs, n'a que faire des opinions internationales, des avis du Conseil de sécurité et des pressions amicales. Il joue en solo sa partition, c'est-à-dire l'unilatéralisme qui est la marque de sa présidence. (...) Et il plante sur le dossier de la paix au Proche-Orient, qui était déjà bien mal parti, un énorme point d'interrogation. Il place l'Amérique hors jeu en tant que futur médiateur dans le conflit entre Israël et la Palestine."

LE LIBAN

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Le Monde (éditorial)

"Il faut se réjouir du retour aux affaires de Saad Hariri, le premier ministre libanais. Le retrait définitif de sa démission, qu'il a annoncé mardi 5 décembre, dispense le pays du Cèdre d'une nouvelle crise institutionnelle, après deux ans et demi de paralysie, due à l'absence de président de 2014 à 2016. Cette décision met un point final à un pénible feuilleton, mi-psychodrame national, mi-escalade régionale, qui ne présageait rien de bon pour ce pays extrêmement fragile. (...)"