Info

"Maria by Callas": la légende et la femme au cinéma

La cantatrice Maria Callas dans "Norma" de Vincenzo Bellini, le 23 mai 1964 à Paris
La cantatrice Maria Callas dans "Norma" de Vincenzo Bellini, le 23 mai 1964 à Paris
afp.com - -
Photo non datée et non située de l'armateur grec Aristote Onassis et de la cantatrice Maria Callas, sa compagne
Photo non datée et non située de l'armateur grec Aristote Onassis et de la cantatrice Maria Callas, sa compagne
afp.com -
dans

Quarante ans après la mort de la Callas, un film documentaire, en salles mercredi, suit pas à pas "la Divine", dans sa carrière mais aussi dans sa vie tumultueuse dont peu d'épisodes ont échappé aux paparazzi.

Tom Volf, déjà artisan d'une exposition très documentée à la Seine Musicale sur l'Ile Seguin (jusqu'au 14 décembre), a réalisé cet hommage vibrant à la femme comme au mythe.

Tombé éperdument amoureux de Maria Callas il y a seulement quatre ans, le jeune réalisateur a rencontré les proches de la cantatrice, dont son majordome et sa gouvernante, les fidèles Feruccio et Bruna, et recueilli des archives, notamment d'interviews, inédites et des lettres intimes, lues par Fanny Ardant, dont une lettre d'amour pathétique à Aristote Onassis.

Le film, très respectueux de la légende, ravira les fans de la Callas, avec sa profusion d'images publiques comme privées (le yacht d'Onassis, son grand amour déçu, les vacances en Italie, en Grèce...).

L'aspect glamour prend souvent le pas, mais c'est aussi faute d'archives musicales de poids: aucun opéra chanté par la Divine n'a été filmé en intégralité, et même les extraits sont rares.

A 53 ans, lorsqu'elle s'éteint chez elle avenue Mandel à Paris, Maria Callas a de quoi avoir le coeur brisé: Onassis l'a trahie après neuf ans de liaison en épousant en 1968 sans même lui en parler Jackie Kennedy, et sa disparition en 1975, alors qu'ils se sont rapprochés, la laisse inconsolable.

On est subjugué par la passion qui entourait à l'époque l'opéra: l'annulation par Callas d'une représentation de "Norma" après le premier acte en 1958 à Rome déclenche un véritable "lynchage médiatique", son éviction du Met de New York fait scandale et son retour sept ans plus tard pousse ses fans à faire la queue la nuit entière dans la rue pour avoir un billet.

On la dit capricieuse, colérique, difficile.

Elle se défend dans de nombreux entretiens, se plaçant toujours sur le plan artistique: à Rome, elle était pratiquement aphone en raison d'une bronchite, et le respect de la musique de Bellini est plus important pour elle que la présence du chef de l'Etat italien ce soir-là. Le Met ne lui proposait que des reprises de vieilles productions, elle voulait de nouvelles oeuvres et de nouvelles mises en scène...

Exigeante jusqu'à la rupture, Maria Callas le fut certainement, mais la postérité est à ce prix.

Aujourd'hui encore, certains rôles restent indissociables de la diva, comme Norma. Et son "O Mio Babbino Caro", air célébrissime de Puccini ("Gianni Schicchi) reste longtemps dans les têtes après la fin du film.