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"Mariana" fouille dans le passé trouble du Chili

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Dans "Mariana", la cinéaste chilienne Marcela Said aborde les séquelles laissées par la dictature d'Augusto Pinochet au Chili, à travers une femme issue de la bourgeoisie attirée par son professeur d'équitation, un ancien colonel.

Le long-métrage, en salles mercredi, avait été présenté au festival de Cannes dans le cadre de la Semaine de la critique, sous le titre "Los perros" (Les chiens).

Mariana, 42 ans, campée par Antonia Zegers, est la fille d'un capitaine d'industrie chilien (Alejandro Sieveking) et la femme d'un homme d'affaires (Rafael Spregelburd) avec qui elle tente d'avoir un enfant. Issue de la haute bourgeoisie chilienne, elle consacre ses journées à s'occuper de son chien et à prendre des cours d'équitation avec un ancien colonel (Alfredo Castro), poursuivi pour des exactions supposées pendant la dictature d'Augusto Pinochet, entre 1973 et 1990.

Loin de la rebuter, les mystères que cache cet homme sévère attisent la curiosité de Mariana, une femme décidée, ironique et pourtant soumise aux volontés de son mari comme à l'autorité de son père. Le long-métrage pose ainsi la question de la place des femmes dans un pays qui a été dirigé à deux reprises par l'une d'entre elles, Michelle Bachelet, mais où le divorce n'a été autorisé qu'en 2004 et l'avortement thérapeutique en 2017.

Mariana, en voulant en savoir plus sur son professeur d'équitation, va remuer le passé trouble de sa famille.

Mariana "est attirée par le mal", expliquait à l'AFP Marcela Said, qui a grandi sous la dictature d'Augusto Pinochet, lors du festival de Cannes. "C'est une anti-héroïne et elle rencontre un certain confort, un soutien et une générosité dans le personnage de l'histoire le plus inattendu, qui est un criminel."

La réalisatrice et l'actrice Antonia Zegers ont fait évoluer ce personnage, en partant de quelqu'un de "plus doux, plus naïf", vers un caractère "qui joue avec son corps et drague". Dans ce film, qui revêt parfois des aspects de polar, Mariana évolue dans une ambiance poisseuse, tendue et navigue d'un bord à l'autre sans qu'on sache vraiment ce qu'elle pense.

Le premier long-métrage de Marcela Said, "L'été des poissons volants", avait été présenté à Cannes en 2013. La réalisatrice s'était penchée auparavant sur la dictature chilienne dans des documentaires, "I love Pinochet" en 2001 et "El mocito" en 2011.