Mort d'une septième patiente du chirurgien déchu Macchiarini

Photo d'archive du Pr Paolo Macchiarini, prise le 7 juillet 2011
Photo d'archive du Pr Paolo Macchiarini, prise le 7 juillet 2011
afp.com - Karolinska University Hospital
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L'une des dernières survivantes parmi les patients opérés avec une trachée artificielle par le chirurgien Paolo Macchiarini, tombé en disgrâce pour de graves manquements à l'éthique, est morte après de longues souffrances, a annoncé son père.

Yasim Cetir, une jeune femme turque sur laquelle le Pr Macchiarini a tenté deux implantations en 2012 et 2013 à Stockholm, a souffert de terribles complications jusqu'à sa mort.

Dans la nuit de dimanche à lundi, son père, Hayrullah Cetir, a annoncé sur Facebook qu'elle était décédée à l'hôpital de Temple University à Philadelphie (États-Unis). "Ma fille Yesim est décédée ce soir [dimanche] à 21h15. Puisses-tu reposer en paix", a-t-il écrit, avec une photo de sa fille.

Le chirurgien italien avait opéré huit personnes entre 2011 et 2014, dont trois à l'hôpital de l'Institut Karolinska à Stockholm, dont est issu le comité qui remet le prix Nobel de médecine.

Des patients du Pr Macchiarini, un seul a survécu, après s'être fait retirer la trachée artificielle conçue et implantée par le médecin lors d'une opération à Krasnodar (Russie) en 2014.

Mme Cetir a été la victime de deux chirurgies ratées, sa trachée étant endommagée lors d'une opération bénigne en Turquie, avant qu'elle ne tente une réparation à Stockholm. Puis elle est partie aux États-Unis pour recevoir la trachée d'un donateur, sans pouvoir se remettre.

Le chirurgien italien avait accédé à une renommée mondiale en 2011 en réalisant la première greffe mondiale d'une trachée artificielle en plastique devant être colonisée par des cellules souches du patient.

S'il a affirmé dans le prestigieux journal The Lancet que la technique fonctionnait, les morts successives de ses patients et des falsifications dans cet article ont conduit à la perte d'un médecin par ailleurs soupçonné d'avoir embelli son CV pour être embauché par l'Institut Karolinska. Il est visé par une enquête de la police suédoise.

Le scandale a éclaboussé le prix Nobel, provoquant plusieurs démissions au sein de l'institut.