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Pologne: le gouvernement confronté à une fronde des internes

La Première ministre polonaise Beata Szydlo, ici prise en photo le 22 juin 2017 à son arrivée lors d'un sommet européen à Bruxelles
La Première ministre polonaise Beata Szydlo, ici prise en photo le 22 juin 2017 à son arrivée lors d'un sommet européen à Bruxelles
afp.com - JULIEN WARNAND
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Le gouvernement conservateur polonais est confronté à une fronde de jeunes médecins internes dont des représentants ont décidé mercredi de reprendre une grève de la faim pour demander une augmentation des dépenses pour la santé publique et des salaires.

Une dizaine d'internes avaient entamé un jeûne il y a neuf jours à Varsovie pour faire entendre leurs revendications.

Plusieurs tours d'entretiens avec le ministre de la Santé ayant échoué, les protestataires ont suspendu mercredi leur grève, la Première ministre Beata Szydlo ayant accepté de les rencontrer. Mais leur entretien "n'a pas apporté d'éléments concrets", ont affirmé les leaders du mouvement, qui occupent le vestibule d'un hôpital à Varsovie.

Ils demandent notamment que les dépenses pour la santé publique atteignent 6,8% du Produit intérieur brut d'ici trois ans, et 9% dans dix ans, contre 4,7% actuellement, selon le ministère de la Santé.

"La grève reprend", ont déclaré aux journalistes les protestataires, à la sortie de leur rencontre avec la cheffe du gouvernement qui leur a proposé de créer un groupe de travail. Elle a précisé ensuite devant la presse que ce groupe commencerait à fonctionner lorsque le mouvement de protestation aurait cessé.

"Nous ne les croyons plus. Nous attendons des décisions", a insisté Jaroslaw Bilinski, vice-président d'un mouvement d'internes.

"Nous voulons la réponse à trois questions: Quand les fonds alloués à santé publique vont-ils augmenter et à quel niveau ? Quels seront les salaires du personnel médical et quand les files d'attente (pour une visite médicale, ndlr) deviendront plus courtes ?", a-t-il précisé.

Depuis de longues années, le système polonais de santé publique souffre de sous-investissement chronique, de gestion défaillante et de manque de personnel qui, souvent, choisit de partir vers des pays où on le rémunère mieux. Aucun gouvernement depuis la chute du communisme il y a 28 ans, n'a réussi à trouver un remède global et efficace à ces maux.