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Syrie: ce que l'on sait des récentes attaques chimiques présumées

Un homme blessé dans une nouvelle frappe de l'armée de l'air syrienne sur la ville de Saqba, dans la Ghouta orientale, le 6 février 2018
Un homme blessé dans une nouvelle frappe de l'armée de l'air syrienne sur la ville de Saqba, dans la Ghouta orientale, le 6 février 2018
afp.com - ABDULMONAM EASSA
Des habitants recherchent des survivants dans les décombres d'un logement après une nouvelle frappe aérienne de l'armée syrienne, le 6 février 2018 à Douma, dans la Ghouta orientale
Des habitants recherchent des survivants dans les décombres d'un logement après une nouvelle frappe aérienne de l'armée syrienne, le 6 février 2018 à Douma, dans la Ghouta orientale
afp.com - Hamza Al-Ajweh

Ces dernières semaines, le régime syrien de Bachar al-Assad a été accusé d'avoir mené plusieurs attaques chimiques, notamment dans le fief rebelle de la Ghouta orientale, près de la capitale Damas.

Ces attaques chimiques présumées ont poussé les Etats-Unis à brandir la menace d'une nouvelle action militaire.

C'est dans la Ghouta que des centaines de personnes avaient été tuées en août 2013, dans une attaque chimique d'une ampleur sans précédent depuis des années.

A l'époque, les accusations dirigées contre le régime avaient poussé Damas à ratifier la convention de l'ONU sur l'interdiction des armes chimiques. Mais la commission, instaurée pour enquêter sur ce type d'attaques en Syrie, a vu son mandat expirer en novembre.

- Type d'attaques -

- Du gaz sarin avait été détecté par l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) dans l'une des attaques chimiques les plus meurtrières qu'a connu la Syrie, et qui avait fait plus de 80 morts en avril 2017 dans la localité de Khan Cheikhoun dans la province d'Idleb (nord-ouest).

Ce gaz qui paralyse les nerfs avait également été utilisé en août 2013 selon l'ONU dans la localité de Mouadamiyat al-Cham, dans la Ghouta orientale, où 1.429 personnes, dont 426 enfants, avaient été tuées selon les Etats-Unis.

- Des missiles remplis de chlore et lâchés par des hélicoptères ont été de plus en plus utilisés par le régime, tout au long du conflit qui ravage la Syrie depuis 2011, selon un rapport publié en 2017 par l'ONG Human Rights Watch (HRW).

- Les forces du régime et des milices alliées ont également commencé à utiliser des roquettes artisanales tirées du sol, certaines photographiées par l'AFP, et qui selon des témoins et des médecins sont dotées de cylindres contenant du chlore.

Ces munitions improvisées sont connues sous le nom d'IRAM, et sont généralement fabriquées à partir de roquettes iraniennes, auxquelles ont rajoute des ailerons et des ogives plus grosses, ce qui augmente la force de frappe mais réduit la portée de tir, selon le site de "journalistes citoyens" Bellingcat.

- Par le passé, le groupe Etat islamique (EI) a également été accusé d'avoir utilisé du gaz de chlore et du gaz moutarde, mais l'organisation jihadiste a aujourd'hui perdu l'immense majorité du territoire conquis en 2014.

- Cas récents -

Les Etats-Unis indiquent avoir répertorié six attaques chimiques présumées en Syrie en un mois.

- 13 janvier: une attaque présumée au gaz de chlore menée avec des roquettes tirées du sol visant un secteur près de Douma, la grande ville de la Ghouta orientale, a entraîné l'hospitalisation de civils souffrant de difficultés respiratoires, selon des médecins et des ONG.

- 22 janvier: une attaque présumée au gaz de chlore dans la Ghouta a entraîné 21 cas de suffocation, notamment des enfants, selon l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH).

- 5 Février: une bombe contenant vraisemblablement du chlore a été lâchée par un hélicoptère sur Saraqeb, dans la province d'Idleb dominée par les jihadistes, entraînant également des cas de suffocation, selon l'OSDH.

- Réactions -

- ETATS-UNIS

Les Etats-Unis ont durci leur rhétorique ces derniers jours au sujet des utilisations présumées par le régime de gaz toxiques.

Le ministre américain de la Défense Jim Mattis a assuré le 2 février que du chlore avait été utilisé "à de nombreuses reprises" dans des attaques en Syrie, s'inquiétant même d'un possible recours au gaz sarin.

Un responsable américain a brandit la menace de nouvelles frappes en Syrie. En avril 2017, en représailles à l'attaque chimique de Khan Cheikhoun, Washington avait lancé des missiles de croisière sur une base du régime.

- FRANCE

La France a organisé en janvier une conférence contre l'impunité dans l'utilisation d'armes chimiques en Syrie, ralliant plus d'une vingtaine de pays à son initiative.

Elle a également gelé les avoirs de 25 entités et responsables d'entreprises soupçonnés "d'alimenter le programme syrien de conception et réalisation d'armes chimiques".

Mais Paris se montre plus prudent que Washington, et le ministère des Affaires étrangères, tout en se disant "préoccupé" par ces récentes attaques, a estimé qu'il était "encore tôt à ce stade" pour les confirmer.

- SYRIE

Le 24 janvier, la Syrie a nié l'utilisation d'armes chimiques, dénonçant les "mensonges et allégations", de la France et des Etats-Unis.

La Russie, allié indéfectible du pouvoir de Bachar al-Assad, a dénoncé de son côté une "campagne de propagande", soulignant que "les auteurs ne sont pas identifiés".