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Trump aux antipodes d'Obama sur le Proche-Orient

Barack Obama et Donald Trump se serrent la main, lors de leur cérémonie de passation de pouvoir à Washington, le 20 janvier 2017
Barack Obama et Donald Trump se serrent la main, lors de leur cérémonie de passation de pouvoir à Washington, le 20 janvier 2017
afp.com - Mandel NGAN
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La stratégie sur le Proche-Orient du président américain Donald Trump, qui va reconnaître mercredi Jérusalem comme capitale d'Israël, est aux antipodes de celle de son prédécesseur démocrate Barack Obama.

- Israël et les Palestiniens

Le républicain est revenu à une politique de soutien sans faille à Israël, après une fin de mandat de Barack Obama marquée par une crise ouverte à la suite du refus des Etats-Unis de bloquer une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies condamnant la colonisation israélienne.

Le nouvel ambassadeur américain David Friedman est connu pour ses positions favorables à la colonisation et Washington a annoncé son retrait de l'Unesco, l'accusant d'être anti-israélienne.

Le Premier ministre israélien Benjamin Netanyahu avait salué l'élection du magnat de l'immobilier en disant s'attendre à une alliance "plus forte que jamais".

M. Trump a missionné son gendre et conseiller personnel, Jared Kushner, pour relancer les négociations israélo-palestiniennes. Mais il a pris ses distances avec l'idée d'un Etat palestinien et les dirigeants palestiniens ne cachent plus leur frustration vis-à-vis de l'administration Trump, échaudés notamment par la menace de fermeture de leur mission diplomatique à Washington.

- L'Iran

Donald Trump considère la République islamique comme la principale menace régionale et il a multiplié les déclarations incendiaires contre son rôle "déstabilisateur" au Yémen, en Syrie et au Liban.

Opposé à l'accord nucléaire signé en 2015 par les grandes puissances et l'Iran pour empêcher Téhéran de se doter de l'arme atomique, il a menacé d'y mettre fin "à tout moment" et a refusé de "certifier" le texte, salué à l'époque par M. Obama comme "une chance d'aller dans une nouvelle direction". Alors que les signataires de l'accord nucléaire tentent de sauver ce pacte, M. Netanyahu a félicité le milliardaire républicain pour sa "décision courageuse" et l'Arabie saoudite a salué sa "stratégie ferme" face à un ennemi commun, qui est son grand rival régional chiite.

- Les alliés historiques

Le milliardaire a renoué avec l'Arabie saoudite après plusieurs années de tensions entre la monarchie sunnite et les Etats-Unis sous Barack Obama, accusé de privilégier un rapprochement avec l'Iran.

Signe de cette amitié retrouvée, Donald Trump a affectué son premier déplacement à l'étranger à Ryad, où il a été reçu avec faste.

Il a soutenu la purge anticorruption ordonnée par le prince héritier Mohammed ben Salmane ainsi que, pendant un temps, le blocus imposé en juin par les Saoudiens au Qatar, qui abrite une base militaire américaine.

La monarchie absolue sunnite régie jusqu'ici par le wahhabisme, version rigoriste de l'islam qui a nourri nombre de jihadistes, incarne pour Washington la stabilité régionale, malgré ses interventions militaires actuellement au Yémen et à Bahreïn en 2011.

Donald Trump a entamé un rapprochement avec Abdel Fattah al-Sissi, qui dirige l'Egypte d'une main de fer depuis 2013. Les relations avaient été tumultueuses sous l'ère Obama, qui avait en partie suspendu l'aide militaire américaine entre 2013 et 2015 après la répression sanglante des partisans de l'ex-président islamiste Mohamed Morsi après sa destitution. Mais Le Caire est un proche allié dans la lutte contre le terrorisme et tient une place incontournable dans le conflit israélo-palestinien.

En avril, le président américain a estimé que le général Sissi faisait "un travail fantastique" mais, en août, Washington a annoncé le gel d'une partie de son assistance militaire en l'attente de "progrès sur la démocratie". Nouveau changement de cap en septembre, lorsqu'il déclare envisager de relancer l'aide militaire.

- La Syrie

Donald Trump, qui accusait Barack Obama de laxisme face au président syrien Bachar al-Assad, a ordonné en avril la première action militaire américaine contre le régime en six ans de guerre civile, une frappe de missiles sur une base militaire en représailles à une attaque chimique sur une ville rebelle qui a fait 87 morts, dont 31 enfants.

Washington, qui a déployé environ 2.000 soldats en Syrie, a assuré mardi qu'une présence militaire serait maintenue "aussi longtemps que nécessaire" pour prévenir tout retour du groupe Etat islamique (EI).

Cette stratégie prend le contre-pied du retrait graduel et annoncé d'Afghanistan décidé par Barack Obama. Ce dernier avait provoqué la colère des militaires qui y avaient vu un signal donné aux talibans pour la reprise de leurs opérations.