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Turquie: début du procès pour "terrorisme" du leader prokurde Demirtas

Des manifestants brandissent le livre de Selahattin Demirtas, chef de file du principal parti prokurde turc, le 4 novembre 2017 à Istanbul
Des manifestants brandissent le livre de Selahattin Demirtas, chef de file du principal parti prokurde turc, le 4 novembre 2017 à Istanbul
afp.com - OZAN KOSE
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Le principal procès du chef de l'opposition prokurde de Turquie Selahattin Demirtas, accusé d'activités "terroristes", s'est ouvert près d'Ankara jeudi, plus d'un an après son arrestation, a indiqué à l'AFP un responsable de son parti.

L'audience "a débuté" au complexe pénitentiaire de Sincan, dans la province d'Ankara, a indiqué ce responsable du Parti démocratique des peuples (HDP).

M. Demirtas, qui co-dirige cette formation, est accusé notamment d'être à la tête d'une "organisation terroriste", de "propagande terroriste" et d'"incitation à commettre des crimes". Il risque jusqu'à 142 ans de prison.

Le gouvernement turc l'accuse de liens avec le Parti des travailleurs du Kurdistan (PKK), une organisation classée "terroriste" par Ankara et ses alliés occidentaux.

Cependant, le HDP rejette ces accusations et affirme que ce procès qu'il qualifie de "politique" vise à évincer l'un des plus farouches opposants du président Recep Tayyip Erdogan.

Plusieurs centaines de personnes s'étaient rassemblées jeudi matin devant le tribunal où se déroule le procès pour manifester leur soutien à M. Demirtas, selon une journaliste de l'AFP.

"Le seul crime de Demirtas, c'est d'avoir été l'opposant d'Erdogan", a déclaré une manifestante à l'AFP, tandis que d'autres personnes brandissaient des pancartes adressant des messages de défi: "Les pressions ne nous intimideront pas", "Le HDP, c'est l'espoir, et l'espoir est toujours debout".

M. Demirtas, qui est incarcéré dans une prison à Edirne (nord-ouest) depuis son arrestation en novembre 2016, n'était pas présent à l'audience, a précisé le responsable du HDP à l'AFP.

Le HDP est la deuxième formation d'opposition au Parlement, mais outre M. Demirtas, une dizaine de ses députés ont été arrêtés et d'autres déchus de leur mandat dans la foulée des purges lancées après la tentative de coup d'Etat du 15 juillet 2016.