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Ukraine: 16 blessés dans des heurts entre policiers et partisans de Saakachvili

Des partisans de l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili se barricadent dans un camp installé devant le Parlement ukrainien à Kiev, le 6 décembre 2017
Des partisans de l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili se barricadent dans un camp installé devant le Parlement ukrainien à Kiev, le 6 décembre 2017
afp.com - Sergei CHUZAVKOV
L'ex-président géorgien Mikheïl Saakashvili (C) écoute certains de ses partisans blessés, sur une barricade devant le Parlement ukrainien à Kiev le 6 décembre 2017
L'ex-président géorgien Mikheïl Saakashvili (C) écoute certains de ses partisans blessés, sur une barricade devant le Parlement ukrainien à Kiev le 6 décembre 2017
afp.com - Sergei CHUZAVKOV
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Seize personnes ont été blessées mercredi dans des heurts à Kiev lors d'une nouvelle tentative des autorités d'interpeller l'ex-président géorgien Mikheïl Saakachvili, devenu un opposant farouche au pouvoir ukrainien qui l'accuse d'agir sous la houlette du Kremlin.

Les forces de l'ordre ont lancé tôt dans la matinée un assaut sur le camp de tentes installé par des partisans de M. Saakachvili devant le Parlement, essayant d'interpeller l'opposant au lendemain d'une première tentative infructueuse, a précisé la police dans un communiqué.

Les soutiens de M. Saakachvili ont résisté, se confrontant physiquement à plusieurs reprises aux policiers. Quatorze policiers et deux militants pro-Saakachvili ont été blessés dans ces affrontements, selon les forces de l'ordre, qui ont revu à la hausse leur premier bilan.

"Ils m'ont cherché mais ils ne m'ont pas trouvé", a déclaré M. Saakachvili aux journalistes dans ce camp de tentes érigé en plein coeur de la capitale ukrainienne, aux côtés de son épouse d'origine néerlandaise Sandra Roelofs.

"Ici, il n'y a vraiment que des gens pacifiques, il n'y a pas d'armes", a ajouté l'opposant, renouvelant son appel aux Ukrainiens à manifester devant le Parlement dans la soirée.

M. Saakachvili est soupçonné par Kiev d'avoir voulu "prendre le pouvoir par la force" lors de récentes manifestations anticorruption à Kiev qui seraient, selon les déclarations du Parquet mardi, financées par l'entourage de l'ex-président ukrainien prorusse Viktor Ianoukovitch, déchu en 2014 à la suite du soulèvement pro-européen du Maïdan.

Le président ukrainien Petro Porochenko, dont l'opposant est un ancien allié, a soutenu le Parquet mercredi, s'en prenant à M. Saakachvili et à sa "bande de voyous financée depuis Moscou".

"Je croyais qu'il était difficile de me surprendre. Mais ce qu'on a entendu et vu hier a bouleversé et choqué tout le monde", a-t-il lancé.

"A Moscou, on ne ménage pas les efforts" pour "déstabiliser la situation à l'intérieur" du pays, a-t-il poursuivi.

Les ambassadeurs des pays du G7 en Ukraine ont pour leur part affirmé dans une rare déclaration conjointe "suivre de près" la situation. "Nous appelons tout le monde à (...) respecter pleinement l'ordre constitutionnel" et à "s'abstenir de toute tentative de déstabilisation", ont-ils indiqué.

A Tbilissi, un millier de partisans de l'ex-président géorgien ont également protesté dans la rue contre les tentatives de l'interpeller en Ukraine, brandissant des drapeaux géorgiens et ukrainiens.

Mikheïl Saakachvili, qui se présente comme le pourfendeur de la corruption des autorités de Kiev mais dont la cote de popularité reste faible, rejette les accusations et dénonce cette affaire comme orchestrée par son rival, le président Petro Porochenko.

Mardi, l'opposant avait été brièvement interpellé par les forces de l'ordre avant d'être libéré sous la pression de centaines de ses partisans descendus dans la rue pour bloquer le fourgon qui le transportait.

Devenu opposant au gouvernement pro-occidental de Kiev après l'avoir soutenu, M. Saakachvili avait fait un retour spectaculaire en Ukraine en septembre, forçant avec l'aide de ses partisans le passage d'un poste-frontière, puis promettant de reprendre son combat contre "la dictature des oligarques" et le "pillage de l'économie".