10 mai 1981 : Mitterrand élu, souvenirs des ministres communistes

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République française. C'est la première fois que la gauche arrive au pouvoir depuis la création de la Vème République. Un mois plus tard, quatre ministres communistes sont nommés : c'est le choc, et pas seulement en France. Trois d'entre eux nous racontent.

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Le 10 mai 1981

Jack Ralite : J’étais au bureau centralisateur des résultats d’Aubervilliers dont j’étais maire adjoint à l’époque. Et c’est donc là, en regardant la télévision comme tout un chacun, que j’ai vu apparaitre le visage de François Mitterrand. Ce n’était pas une surprise. Dans tous les bureaux de vote de la ville, on sentait sa victoire. Mais j’ai ressenti un grand plaisir. C’était pour moi l’aboutissement de 20 ans de lutte politique pour réussir à s’entendre au sein de la gauche sur le quoi faire et comment le faire. Je me souviens que c’est en 1958 que Maurice Thorez a employé pour la première fois l’expression d’un programme commun mais, après, cela s’est mis en place très lentement.

Charles Fiterman : J’étais au siège de L’Humanité. A cette époque, c’était au sein d’un journal qu’on avait le plus d’informations par les dépêches AFP et les téléphones. Mais c’est en regardant le Journal de 20h que j’ai eu, comme tout le monde, confirmation des résultats. Avec les sondages réalisés dans les jours précédents et à la sortie des urnes, la victoire de Mitterrand ne m’a pas surpris, on s’y attendait. J’ai ressenti une réelle satisfaction, j’avais le sentiment qu’une nouvelle époque commençait. Mais en tant que dirigeant politique, je ne pouvais pas me relâcher. J’étais comme un joueur d’échecs, je pensais déjà aux coups suivants, aux législatives et au futur gouvernement.

Anicet Le Pors : Contrairement à beaucoup de déclarations que j'ai pu entendre, j'ai accueilli personnellement la nouvelle avec beaucoup de calme et sans enthousiasme excessif. J'avais été très impliqué dans les discussions du programme commun et je savais que cette victoire était pleine de contradictions et que nous allions avoir de grosses difficultés. J'avais été personnellement confronté à des échecs électoraux successifs auparavant, j'étais donc immunisé, en quelque sorte, par tout excès d'enthousiasme. Au moment de l'annonce de la victoire de François Mitterrand j'étais chez moi, devant la télévision. J'étais content mais calme. Je comprenais la liesse populaire, mais cela m'apparaissait comme démesuré : je connaissais bien les socialistes et je savais qu'ils ne tenaient pas leurs promesses, qu'ils pouvaient faire des réformes a minima.



© Institut François Mitterrand
© Institut François Mitterrand
La nomination au gouvernement

C. Fiterman : Cela s’est fait au lendemain du deuxième tour des élections législatives (21 juin 1981, soit un mois après la présidentielle, NDLR) par téléphone. Le lundi, il y a eu des premières prises de contact et mardi il y a eu les discussions entre l’Elysée, Matignon et le Colonel Fabien (siège du Parti communiste à Paris, NDLR) où l’on était trois membres du bureau politique à être réunis. On savait que quatre ministres communistes allaient être nommés mais c’était au parti de faire des propositions. Moi je voulais que Georges Marchais y aille car il lui manquait la pratique de la gestion des affaires mais il a refusé. Je suppose qu’à ses yeux la fonction de premier secrétaire du Parti communiste était plus importante que celle d’un ministre minoritaire au sein d’un gouvernement de gauche.

J. Ralite : Cela s’est passé au siège du PC. Charles Fiterman était en train de négocier avec Pierre Mauroy. A un moment, on nous a dit que les négociations allaient aboutir et que l’on faisait une pause. Je suis alors allé retrouver un copain quand une responsable du bureau politique est venue me chercher pour me demander de me rendre au bureau de Georges Marchais. Je me suis dis : "Tiens, qu’est-ce qu’il me veut à un moment pareil ?" J’y suis allé, j’ai attendu dans le bureau de la secrétaire et au bout d’un quart d’heure Georges Marchais est sorti et m’a dit "Bonjour monsieur le ministre de la Santé". Un quart d’heure avant, je n’avais jamais pensé que je pourrais être ministre un jour ! Et un quart d’heure plus tard, je ressentai une vraie joie. On allait reconstruire la France ! Cela donne le vertige mais un vertige qui vous dit : "allez au boulot !" Après je me suis posé des questions sur mes propres compétences. La santé était un domaine pour lequel j’avais de la sympathie mais j’aimais beaucoup plus les questions de culture. J’ai appris plus tard que la direction du parti avait suggéré mon nom pour la culture mais que le poste était déjà pris par Jack Lang...

A. Le Pors : Il n'y a jamais eu de négociations véritables entre le Parti socialiste et le Parti communiste, ni sur le nombre de ministères, sur leur nature ou les personnes qui allaient y être nommées, tout s'est fait de manière informelle. Mais mon nom était cité dans la presse dans la mesure où j'étais considéré comme l'expert des nationalisations qui étaient envisagées et qui étaient le point politique le plus âpre dans les discussions entre le Parti communiste et le Parti socialiste. Donc, en tant qu'expert, j'étais promis à un portefeuille ministériel, oui. Les élections antérieures avaient été des échecs pour les communistes, et nous savions que c'étaient plutôt des personnes qualifiées dans des domaines précis qui seraient nommées plutôt que des figures politiques de premier plan, mis à part Charles Fiterman.
Mais deux contradictions dans le programme commun nous gênaient. D'abord, le seuil minimum de nationalisation à réaliser. Le Parti socialiste disait dans un premier temps que les nationalisations allaient "changer la vie". Le Parti communiste y voyait plutôt l'instrument d'un changement de rapport de force entre le capital et le travail. Les contradictions se jouaient sur les entreprises à nationaliser, la manière de les nationaliser, à 100%, à 51% ? Ensuite, les institutions : quel poids allions-nous avoir, notamment au gouvernement ? Mitterrand avait écrit dans " Ici et Maintenant " (essai politique publié en 1980, NDLR) que ce serait selon la représentation à l'Assemblée nationale, alors que le Parti communiste voulait une proportion selon les voix obtenues par les uns et les autres.


Le 21 juin 1981 sur le perron de l'Elysée, Jack Ralite, Charles Fiterman, Anicet Le Pors et Marcel Rigout.
Le 21 juin 1981 sur le perron de l'Elysée, Jack Ralite, Charles Fiterman, Anicet Le Pors et Marcel Rigout.
L'entrée au gouvernement

J. Ralite : On s’était donné rendez-vous, Fiterman, Rigout (nommé alors ministre de la Formation professionnelle, NDLR) et moi, au groupe communiste de l’Assemblée nationale pour avoir une voiture qui nous emmène à l’Elysée, tandis que Le Pors venait avec sa propre voiture. On s’est alors retrouvé dans la cour et tous les quatre, ensemble, on a gravi les marches. C’est peut-être là que les choses sont les plus bouleversantes. En haut des marches, vous ne pouvez plus faire marche arrière. Vous ne pouvez pas dire : "Excusez moi, je réfléchis et je vais faire un tour". Non, il faut y aller.

A. le Pors : Cette photo a fait le tour du monde à l'époque, parce que cette alternance était véritablement un événement. J'étais le seul des quatre ministres à ne pas être connu de Mitterrand. Quand il a fait le tour de convenance des membres du gouvernement, il m'a dit "Je suis heureux de vous rencontrer, parce que vous êtes le seul des quatre que je ne connaissais pas". Il y avait une ambiance extrêmement positive, optimiste. Il y avait beaucoup de travail à faire, toute une série de chantiers s'ouvrait : l'abolition de la peine de mort, la retraite, ou pour moi le statut général des fonctionnaires. Le soir du 24 juin 1981, nous étions sur un plateau de la deuxième chaîne de télévision avec Patrick Poivre d'Arvor et il nous a demandé quel était notre sentiment en franchissant la porte de l'Elysée. J'ai répondu que j'avais pensé à mes parents qui étaient des gens très humbles et très pauvres, que c'était pour eux une consécration.

C. Fiterman : J’avais l’impression d’être dans une pièce de théâtre. Cela me paraissait irréel. On ne voyait que nous. C’était la ruée des journalistes et des photographes. Les ministres socialistes ont été complètement éclipsés ! A commencé ensuite le premier conseil des ministres. Etant ministre d’Etat, le troisième plus important dans l’ordre protocolaire, je me suis retrouvé à gauche du président de la République. Il ne s’est pas dit grand chose au cours de ce conseil très formel. Mais c’est à ce moment-là que j’ai ressenti une certaine angoisse face aux responsabilités qui m’attendaient et je me suis dit : "Mais comment va t-on répondre à l’attente énorme de tous ces gens qui ont voté pour nous ?"


Des ministres communistes : un choc en France et à l'étranger

J. Ralite : C’était plaisir dans le peuple de gauche et choc à droite… À l’époque dans une émission télé à laquelle j’étais invité, il y avait une dame de droite qui était paniquée. Pour elle, les chars de l’armée rouge étaient le lendemain sur les Champs Elysées ! Avant même la victoire de Mitterrand, des fonds étaient retirés des comptes bancaires. D’ailleurs, Raymond Barre et Valéry Giscard d’Estaing n’ont rien fait contre. Il a fallu attendre que Pierre Mauroy prenne des mesures pour arrêter ces fuites de capitaux. Je me suis alors dit que la droite était dotée d’une sacrée psychologie, peu ouverte au pluralisme politique.

C. Fiterman : J’ai trouvé cela complètement fou. Alors que la gauche se préoccupait de mettre en oeuvre un programme politique, la droite, elle, avait en tête le schéma caricatural du « grand soir » ! J’ai appris par la suite que le jour même de notre arrivée à l’Elysée pour le premier conseil des ministres, François Mitterrand recevait le représentant des Etats-Unis, George Bush père en personne (vice président de Ronald Reagan qui avait été victime d’un attentat, il dirigeait alors le pays par intérim, NDLR), chargé de faire part au président français des inquiétudes américaines. Je peux vous assurer que tout a été fait pour que l’on ne se croise pas dans les couloirs !

A. Le Pors : Nous étions à contre-courant, parce qu'au même moment il y avait un courant ultra libéral qui s'installait partout : Ronald Reagan aux États-Unis, Margaret Thatcher au Royaume-Uni et Helmut Kohl en Allemagne. Nous étions une sorte d'exception française. Je me rappelle que quand je suis entré dans mon ministère, on m'a signalé que les secrétaires s'étaient terrées dans le fond d'un bureau et s'attendaient au pire. Secrétaires avec lesquelles j'ai eu les meilleures relation ultérieurement. Mais nous n'imaginions pas la réaction de certaines personnes, la force de la propagande anticommuniste de l'époque. Ça allait au delà de ce que j'avais pu imaginer. Mais d'une manière générale, ça s'est très bien passé : les fonctionnaires français sont des gens loyaux, gérés par un statut qui garantit leur indépendance et ils savent se comporter dans ce genre de circonstances exceptionnelles. J'ai encore des contacts avec des fonctionnaires qui conservent un souvenir assez extraordinaire de cette période : il y avait beaucoup de travail intéressant à faire, et les fonctionnaires étaient considérés dans l'élaboration des réformes.

© Institut François Mitterrand
© Institut François Mitterrand
Travailler avec Mitterrand

A. Le Pors : Mitterrand était très très impressionnant. C'était un homme qui dominait l'ensemble du conseil des ministres, par la hauteur de ses interventions la dignité qu'il y mettait. Il savait s'exprimer et s'affirmer, il savait maîtriser les rapports avec ses amis ou les rivaux potentiels, je pense notamment à Michel Rocard, bien sûr.

J. Ralite : Pour chacun de nous quatre, Mitterrand avait à ses côtés un conseiller siégeant à l’Elysée. C’était notre passeur. Et ma foi, ça marchait bien. Pour la majorité des choses que j’ai faites, cela s’est très bien passé. Pour la grande réforme que j’ai fait passer en psychiatrie, j’ai eu son soutien. Cela n’a pas posé de problème.

C. Fiterman : Ça s’est bien passé entre nous. Tout en étant réservé, François Mitterrand était un homme d’envergure. C’était un professionnel doté d’un grand sens de la stratégie et qui sentait les mouvements politiques. Il a soutenu mes projets et fait plusieurs arbitrages en ma faveur. Par exemple, en 1983, quand l’heure de la rigueur avait sonné et qu’il fallait réduire les dépenses budgétaires, le ministère de l’Economie et des finances m’a demandé de supprimer 5000 emplois à la SNCF, ce que j’ai refusé. Le dossier est alors remonté jusqu’à l’Elysée. Pour expliquer ma position, j’ai écrit une lettre à François Mitterrand et au bout d’un jour ou deux il m’a répondu en me donnant satisfaction. Autre exemple, quand j’ai proposé de relancer le vieux projet du tunnel sous la Manche pour permettre à François Mitterrand, comme il le souhaitait, de se rapprocher des Britanniques, il a validé la proposition et la première commission franco-britannique a été mise en place.

La passation de pouvoir entre Pierre Mauroy et Laurent Fabius, 17 juillet 1984. (©AFP)
La passation de pouvoir entre Pierre Mauroy et Laurent Fabius, 17 juillet 1984. (©AFP)
Le départ du gouvernement en 1984

J. Ralite : Quand on s’en va, ce n’est jamais avec plaisir. J’ai vraiment aimé ce ministère et mon cabinet. Je disais souvent que j’avais des globules rouges, blancs et bleus : un cabinet pluraliste ouvert au débat et très compétent. Mais le fléchissement des 110 propositions était tel que rester devenait difficile. J’étais tiraillé. Partir ou pas partir ? Peu de temps avant le départ, j’ai visité une entreprise dans les Vosges. Et là, en trinquant avec le responsable syndical CGT, j’ai vu dans ses yeux qu’il me disait : "Mais qu’est-ce que tu fous là ?" Je vous le dis comme je l’ai ressenti… Et le lendemain je me suis rendu au bureau d’aide sociale d’Aubervilliers où étaient réunis des habitants très pauvres qui me tiraient la manche en me disant : "Surtout ne partez pas, avec vous on gardera au moins ce que nous avons acquis." Au final, on a décidé de partir pour montrer notre désaccord avec l’évolution que prenait le gouvernement qui faisait trop de place au libéralisme. Cela n’était plus tenable. Nos électeurs ne suivaient plus. Les résultats électoraux le prouvaient.

C. Fiterman : C’est à regret que j’ai quitté le gouvernement et laissé derrière moi cette fonction de ministre qui est épuisante mais passionnante. Mais les conditions politiques n’étaient plus réunies pour pouvoir continuer à avancer. Pour s’en sortir, le Parti communiste a reporté la faute sur le dos de François Mitterrand, ce qui était une erreur. Il aurait mieux valu valoriser les actions que nous avions menées dans nos ministères et expliquer qu’il était nécessaire d’apporter des réponses novatrices dans un contexte socio-économique en évolution. Alors que l’Europe était déjà là, que les nouvelles technologies arrivaient sur le marché et que le monde commençait à s’ouvrir, le PC n’a pas su anticiper et mettre au point une nouvelle stratégie.

A. le Pors : Les ministres communistes n'ont jamais dit comme certains dirigeants du Parti que ce gouvernement avait fait les plus importantes réformes depuis le Front populaire et la Libération. Nous [les ministres communistes] étions tellement absorbés par notre travail et la difficulté de la mise en oeuvre des réformes que nous n'avons jamais tenu de tels propos. Nous n'avons pas non plus dénigré ce gouvernement, mais nous étions considérés comme des liquidateurs, alors que nous n'étions pas prêts à partir en juillet 1984. Ce qui a précipité les choses, c'est à la fois la démission d'Alain Savary (nommé ministre de l'éducation nationale en 1981, NDLR) sur la question de l'école privée suivie de la démission du Premier ministre Pierre Mauroy, un socialiste historique. Mauroy " tombant", on ne pouvait pas rester.

Nicolas Sarkozy, président de la République française depuis mai 2007.
Nicolas Sarkozy, président de la République française depuis mai 2007.
30 ans après

J. Ralite : Cela reste un moment magnifique et historique. Je suis très fier d’y avoir participé. Aujourd’hui, on parle de trajectoires politiques réussies quand on en casse d’autres. Mais dans ces conditions, il est impossible de faire du bon boulot. En 1981, au Parti communiste, ce n’était pas comme ça. Aujourd’hui, nous sommes engagés dans un individualisme débordant. L’ultra-libéralisme a gagné toutes les consciences, y compris les consciences populaires. Aujourd’hui il nous faut une politique de l’audace !

A. le Pors : Ce que nous ne savions pas c'était que nous rentrions dans une période libérale qui allait remettre en cause ce que nous avions fait. Nous sommes dans une période charnière, mais inversée. Nous passons actuellement d'une période ultra libérale à un retour de l'état. Je crois que les enseignements autour de la période de 1981, pour peu qu'on les analyse d'une manière rigoureuse, peuvent être utilisés dans la réflexion actuelle, même si elle est inverse. Il y a des leçons à en tirer. Je pense par exemple que notre slogan dans les années 70, " là où est la propriété, là est le pouvoir ", abandonné depuis par toutes les formations de gauche, doit être repris. Sous des formes différentes de la conception que nous avions des nationalisations, mais ce slogan doit être repris.

C. Fiterman : Cette expérience m’a beaucoup apporté. Elle m’a permis de confirmer certaines choses que je pressentais et m’a donné une plus grande liberté de parole au sein du Parti communiste que j’ai tenté par la suite de rénover. Mais cela n’a pas abouti. J’ai au final dû quitter le PC pour adhérer au parti socialiste. Le changement fort qui s’est opéré en 1981 reste valable aujourd’hui, tant sur le plan des réformes économiques que sur le plan des rapports humains. En 30 ans, la situation de la France s’est fortement dégradée. La pratique des institutions est devenue une pratique beaucoup plus personnelle du pouvoir. Mais ce qui a fondamentalement changé par rapport à la situation de 1981, c’est la nécessité de faire participer la société civile au pouvoir politique. Comme Ségolène Royal, je suis pour une démocratie participative. L’action politique des citoyens ne peut plus se limiter au bulletin de vote. Il faut trouver de nouvelles formes de participation.

Repères

Le 10 mai 1981, François Mitterrand est élu président de la République française avec 54% des voix. Le programme commun signé par le Parti Socialiste, le Mouvement des Radicaux de gauche et le Parti Communiste permet l'accession de la gauche au pouvoir pour la première fois depuis la création de la cinquième République.

Le deuxième gouvernement Mauroy se forme 32 jours après le premier, en juin 1981 et voit quatre ministres communistes nommés en son sein : Charles Fiterman, Jack Ralite, Anicet Le Pors et Marcel Rigout.

- Anicet Le Pors : Ministre délégué auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives du 23 juin 1981 au 22 mars 1983, puis Secrétaire d’État auprès du Premier ministre, chargé de la Fonction publique et des Réformes administratives du 23 mars 1983 au 17 juillet 1984.

- Charles Fiterman : Ministre d’État, ministre des Transports du 23 juin 1981 au 22 mars 1983, puis Ministre des Transports du 23 mars 1983 au 17 juillet 1984.

- Jack Ralite : Ministre de la Santé du 23 juin 1981 au 22 mars 1983, puis Ministre délégué auprès du ministre des affaires sociales et de la solidarité nationale, chargé de l’emploi du 23 mars 1983 au 17 juillet 1984.

- Marcel Rigout : Ministre de la formation professionnelle du 23 juin 1981 au 22 mars 1983, puis toujours Ministre de la formation professionnelle du 23 mars 1983 au 17 juillet 1984. Les ministres communistes de François Mitterrand partiront suite à la démission de Pierre Mauroy, remplacé par Laurent Fabius.

Par la suite, avec le gouvernement de cohabitation dirigé par Lionel Jospin sous la présidence de Jacques Chirac, de 1997 à 2002, il y eut d'autres ministres communistes :
Jean-Claude Gayssot - Ministre de l'Équipement, des Transports et du Logement
Marie-George Buffet - Ministre de la Jeunesse et des Sports

Le deuxième gouvernement de Charles De Gaulle du 21 novembre 1945 comportait lui aussi quatre ministres communistes : Maurice Thorez, Ambroise Croizat, François Billoux et Charles Tillon. Respectivement, Ministre d'Etat, Ministre du Travail, Ministre de l'Economie Nationale et Ministre de l'Armement. Les deux gouvernements provisoires qui suivront jusqu'en 1946 comporteront eux aussi des ministres communistes.


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J-L Bianco, C. Fiterman, P-M Thibault et M. Yahiel
Editions Jean Jaurès Fondation