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France : hommage national aux victimes du terrorisme

Depuis janvier 2015, 236 personnes sont mortes dans des attentats en France, sur un total de 271 en trente ans.
Depuis janvier 2015, 236 personnes sont mortes dans des attentats en France, sur un total de 271 en trente ans.
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François Hollande et de nombreux membres du gouvernement et de l’opposition, dont Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont assisté ce lundi 19 septembre à la cérémonie d’hommage aux victimes du terrorisme aux Invalides à Paris. Le président français a annoncé une réforme du système d'indemnisation aux victimes ainsi qu'un renforcement des fonds de lutte contre le terrorisme.
 

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Organisé depuis 18 ans par des associations, l'hommage aux victimes du terrorisme a pris lundi une tonalité plus politique à quelques mois de la présidentielle, en réunissant, aux Invalides, François Hollande et nombre de dirigeants de l'opposition.

Sous une pluie fine, plusieurs centaines de personnes ont afflué dans les jardins de l'Intendant aux Invalides, lieu de cette cérémonie, empreinte d'émotion, organisée depuis 1998 par les associations.

©captured'écran/Tv5monde

Des proches de victimes ou des rescapés ont pris la parole pour chacun des huit attentats commis depuis 1989. Pour celui du 13 novembre, outre Georges Salines, président de l’association 13 Novembre, un représentant de l'association Life for Paris, qui a pris part à l'organisation de la cérémonie, a lu un texte citant différentes victimes débutant chaque fois par "Je suis", rappelant le fameux "Je suis Charlie" .

Outre le président François Hollande et le Premier ministre Manuel Valls, de nombreux ministres et personnalités de tous bords politiques, le visage grave, étaient présents pour cet hommage organisé à moins de huit mois de la présidentielle.

Assis au premier rang, l'ex-président Nicolas Sarkozy, candidat à la primaire de la droite, voisinait, ses rivaux, les anciens Premiers ministres Alain Juppé et François Fillon, ou le président du MoDem, François Bayrou. "J’attends que les familles de victimes et les victimes elles-mêmes se sentent mieux entourées", a expliqué le dirigeant centriste.

Alors que la lutte antiterroriste s'annonce comme un des thèmes incontournables de la campagne pour 2017, la classe politique sait qu'elle ne peut ignorer les attentes des victimes, tant en matière d'indemnisation que sur le travail de mémoire.

Le discours de François Hollande était très attendu, dix mois après l'hommage solennel très orchestré par l'exécutif dans la cour d'honneur des Invalides aux victimes des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.
 

©captured'écran/TV5monde


Au cours de son allocution d'une vingtaine de minutes, François Hollande a annoncé une réforme du système d'indemnisation des victimes d'attentats, ainsi qu'un renforcement du fonds de lutte contre les attaques terroristes. Il a indiqué que les ressources du Fonds de garantie seraient "revues" et que l'Etat "s'en porterait garant dans la durée". Le chef de l'Etat a également affirmé qu'il était du "devoir de l'Etat de répondre à toutes les questions" sur "chaque attentat", "y compris sur son propre rôle". "Une fois le pire advenu, l'Etat doit être exemplaire dans ses réponses, dans ses procédures et dans ses réactions", a-t-il déclaré aux Invalides, devant les familles de victimes d'attentats.

Il est ensuite aller saluer les rescapés d'attentats présents ainsi que les proches des victimes d'attentats, alors que l'orchestre interprétait "l'hymne des victimes".

Le chef de l'Etat a également au cours de son discours, tenu à saluer l'action de l'ancien président Jacques Chirac, actuellement hospitalisé à Paris pour "infection pulmonaires".

"Nombre inégalé de victimes"

Depuis 1998, l'Association française des victimes du terrorisme (AfVT) et la Fenvac se réunissent le 19 septembre, jour de l'attentat en 1989 contre un avion DC-10 français de la compagnie UTA au-dessus du Niger, devant la statue-fontaine de "La parole portée" aux Invalides. Il s'agit du seul monument parisien dédié aux victimes du terrorisme.

Mais, depuis l'an dernier, la France a basculé dans une nouvelle ère, avec "un nombre inégalé de victimes du terrorisme", souligne Stéphane Gicquel.

Le 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis (130 morts), le 15 janvier 2016 à Ouagadougou (30 morts dont deux Français), le 13 mars à Grand-Bassam en Côte d'Ivoire (19 morts, quatre Français), le 22 mars à Bruxelles (32 morts, un Français), le 1er juin à Gao au Mali (quatre morts, un Français), le 13 juin un policier et sa compagne assassinés chez eux à Magnanville (Yvelines), le 14 juillet à Nice (86 personnes tuées sur la promenade des Anglais). Enfin, le 26 juillet, un prêtre est égorgé dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, près de Rouen.

Et si la menace reste "maximale" en France, comme le martèle notamment Manuel Valls et comme en témoigne la série d'arrestations menées ces derniers jours en lien avec des projets d'attaques jihadistes, le terrorisme est un sujet éminemment politique.

Nicolas Sarkozy, qui s'est rendu samedi à Nice rencontrer des victimes de l'attentat du 14 juillet, a ainsi dit trouver "insupportable de ne pas savoir ce qu'il s'est passé exactement" lors de l'attaque du camion, réactivant les vives critiques lancées cet été par une partie de l'opposition contre le gouvernement.

François Hollande, que les derniers sondages donnent éliminé au 1er tour de l'élection présidentielle de 2017 s'il était candidat, se pose de son côté en défenseur de l'Etat de droit, rejetant tout "Etat d'exception", en référence par exemple aux propositions de certains à droite visant les "fichés S".