Info

Abécédaire d'une année électorale en Russie, décembre 2011 - mars 2012

Le 4 décembre 2011, trois mois jour pour jour avant l’élection présidentielle (4 mars 2012), 110 millions d’électeurs choisiront les députés du plus vaste territoire national au monde, de Vladivostok en extrême orient à Saint Petersbourg, aux marches de l’Europe. Les résultats de ces deux scrutins s'annoncent sans surprise. Le parti présidentiel Russie unie devrait rafler la majorité des sièges et en mars prochain, Vladimir Poutine devrait succéder à Dmitri Medvedev qui lui avait lui-même succédé...

dans
Le profil des électeurs russes selon leurs choix politiques - Source Ria Novosti - Cliquez sur l'image pour l'agrandir
Le profil des électeurs russes selon leurs choix politiques - Source Ria Novosti - Cliquez sur l'image pour l'agrandir
A comme assassinats : malgré la liberté d'expression réelle et une presse souvent assez critique, la Russie de Vladimir Poutine et Dmitri Medvedev est jalonnée de meurtres à caractère politique, au premier rang desquels ceux de la journaliste Anna Politkovskaïa ou de l'avocat Stanislav Markelov.

C comme calendrier : élections à la Douma, 4 décembre 2011
Présidentielle : 4 mars 2012

C comme candidats : 
A la Douma : 3053 candidats représentants 7 partis enregistrés participeront aux législatives.
A la présidentielle, ils sont déjà 7 sur la ligne de départ  : Grigori Iavlinski, président du parti Iabloko ;
Vladimir Jirinovski, président du parti LDPR ;
Mikhaïl Kassianov, ancien président du gouvernement, président de l'Union populaire et démocrate russe ;
Edward Limonov, président du Parti national-bolchevique, qui se réjouit d'avoir Vladimir Poutine pour adversaire ;
Ivan Okhlobystine, acteur et scénariste ;
Guennadi Ziouganov, président du KPRF (communiste) ;
Vladimir Poutine, président du gouvernement et président de Russie unie.

Mikhaïl Prokhorov, oligarque, fondateur de Juste Cause

C comme Crise : La Russie, membre du BRIC (club des pays émergents à forte croissance, Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud) est la 8ème économie mondiale qui repose en grande partie sur ses ressources naturelles, en énergie, en matières premières, mais aussi en recherche militaire. Sa croissance est peu affectée par la crise économique à l'oeuvre dans la zone euro avec 4,0 % en 2011 (pour un taux de chômage de 6,2 %) et une prévision à 4,2% pour 2012, et pourtant 16,1% de sa population vit sous le seuil de pauvreté.

D comme douma : chambre basse du Parlement. Le Conseil de la Fédération est chambre haute du parlement.
La Douma existait déjà dans l’empire russe des Tsars. Après la révolution d’octobre elle fut remplacée par le Soviet suprême,  puis rétablie après la fin de l’Union soviétique en 1991. Elle compte aujourd’hui  450 sièges. Mais comme au temps des tsars, ou soviétiques, son rôle est toujours réduit , le pouvoir étant concentré entre les mains du Kremlin ou siège le président de la Fédération.

E comme électeurs : Ils sont 110 millions de Russes à pouvoir voter sur une population de 140 millions.

F comme fédération : La Russie est une fédération constituée de 83 sujets qui disposent chacun d’une certaine autonomie. Chaque sujet envoie deux représentants au conseil de la Fédération (chambre haute). La fédération de Russie est composée de : 21 républiques qui constituent les territoires d’ethnies (comme le Tatarstan) et disposent de la plus grande autonomie ; 46 oblasts (régions) et neuf kraïs (territoires) qui recouvrent les parties du territoire occupées de longue date par les Russes ; 4 okrougs (districts autonomes) constitués également sur une base ethnique, disposent d’une autonomie beaucoup plus faible et sont rattachés à une autre région ; 2 villes d’importance fédérale, Moscou et Saint-Pétersbourg, avec leurs banlieues proches. Le Birobidjan garde un statut particulier : il avait été conçu par Staline comme une terre d’accueil des juifs d’URSS.

F comme femmes : Sous le règne soviétique, les femmes représentaient obligatoirement 30% du soviet suprême (l’équivalent de la Douma) et 50% des soviets locaux (assemblées régionales, il existe toujours des Doumas régionales.) Aujourd’hui, elles ne sont plus que 14% à la Douma d’État, l’un des plus bas taux au monde…

M comme Medvedev : Longtemps personnage de second plan plutôt effacé, il fut porté sous la lumière lorsque Vladimir Poutine en fit son vice Premier ministre en mai 2005. Empêché de se représenter par la Constitution pour un troisième mandat consécutif, Poutine en fit son dauphin, pour la présidentielle de 2008, avec l'objectif de reprendre son mandat en 2012. Medvedev, candidat à la Douma, deviendra son Premier ministre, en cas de victoire (quasi sûre). 

O comme opposition : L’opposition en Russie n’est pas seulement laminée par le Kremlin qui la musèle, mais aussi par ses disputes récurrentes, son incapacité à s’organiser et à faire surgir des hommes ou des femmes d’envergure. Le plus grand opposant à Vladimir Poutine aujourd’hui se trouve en prison, condamné pour fraude fiscale. L'ancien magnat du pétrole Mikhaïl Khodorkovsky, en s’élevant contre Poutine, a payé son désir d’engagement en politique.

O comme Observateurs : La Commission électorale centrale (CEC) de Russie accréditera 650 observateurs internationaux pour les élections législatives.

P comme partis : Sept partis sont en lice pour le scrutin, au premier rang desquels Russie unie, le parti au pouvoir crédité de 40 % à 60 % des voix.
Trois autres devraient franchir la barre des 7 % et disposer de quelques sièges à la Douma : le Parti communiste, dirigé par Guennadi Ziouganov ; le Parti libéral-démocrate de Russie (LDPR), ultranationaliste, mené par Vladimir Jirinovski ; Russie juste – dirigée par Sergueï Mironov et qui prétend prôner les valeurs socialistes, mais est considéré par beaucoup comme une créature du Kremlin, dont la tâche consiste à prendre une partie des voix au Parti communiste.
Trois autres partis concourent sans grande chance : Juste Cause, qui se présente comme un parti d’hommes d’affaires ; Iabloko (la pomme), libéral, créé en 1993, l’un des partis les plus populaires de la Russie post soviétique mais qui a décliné depuis, fondé par Grigori Iavlinski ; Patriotes de Russie qui prône une sorte de nationalisme communisme et piloté par Guennadi Semiguine, ancien membre du parti communiste.

P comme Poutine : L’ancien et futur président de la Fédération de Russie, actuel Premier ministre Valdimir Poutine a fait sa carrière au KGB, les services de contre espionnage soviétiques, avant de se lancer en politique auprès d’Anatoli Sobtchak, qui fut le maire charismatique de Saint Pétersbourg, le premier de l’ère post soviétique. Les Russes le soutiennent parce que sous sa gouvernance ils estiment avoir retrouvé une certaine sécurité économique et leur place de grande puissance sur la scène internationale.

S comme station spatiale: Les membres russes de l'équipage de la Station spatiale internationale (ISS) en orbite voteront lors des législatives du 4 décembre prochain, a annoncé jeudi Irek Vildanov, président de la Commission électorale de la région de Moscou. D'autres cosmonautes russes ont déjà voté en orbite, lors des législatives de 2003 et 2007 et des présidentielles de 2004 et 2008.

T comme Tchourov : Vladimir Tchourov est le chef de la Commission électorale centrale (CEC). D’après lui, « La législation électorale russe est parmi les mieux structurées d’Europe".