Affaire Bettencourt-Woerth : Mediapart sur le banc des accusés

Le site d'information Mediapart, à l'origine des accusations les plus rudes pour le président français Nicolas Sarkozy et son ministre du Travail dans l'affaire Bettencourt-Woerth, est la cible de toutes les attaques de la droite qui dénonce des méthodes "anti-démocratiques" voire "fascistes".

"Stratégie de l'abject", "dérapages très graves", "imprécateur", "censeur", les charges contre le site fondé par Edwy Plenel, ancien directeur de la rédaction du quotidien Le Monde, fusent de toutes parts, jusqu'au plus haut niveau de l'État.

L'UMP fustige aussi la presse Internet, ainsi que le web lui-même, nouveau point Godwin.

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Mediapart dans la tourmente

Le site d'information en ligne est devenu la cible des attaques du gouvernement de Nicolas Sarkozy.

Reportage de Marian Naguzsweski, Patrice Acheré, Robin Monjanel
10 juillet 2010 - 1'59
Mediapart dans la tourmente

Laurent Mauduit : “La presse Internet est plus difficile à museler“

Co-fondateur de Mediapart, Laurent Mauduit nous répond.

Propos recueillis par Marian Naguzsweski et Patrice Acheré
9 juillet 2010
Laurent Mauduit : “La presse Internet est plus difficile à museler“

Ils l'ont dit

La couverture du dossier Bettencourt par Mediapart procède de "méthodes fascistes" Xavier Bertrand, secrétaire général de l'UMP

"Mediapart pourrait être implanté à Cuba." Eric Raoult, député UMP

Edwy Plenel "s'en prend à Nicolas Sarkozy comme un opposant politique" Rama Yade, secrétaire d'État aux Sports

"La vérité est rétablie" Claude Guéant, secrétaire général de l'Élysée, s'appuyant sur un démenti partiel de l'ex-comptable Claire T.

"Ce site est une poubelle du net (...) cette addition de désinformation fait penser à une certaine presse des années 30" Christian Estrosi, Ministre de l'Industrie

Pour Mediapart, "C'est une opération visant à renflouer ses caisses" Nadine Morano, secrétaire d'État chargée de la famille


Ils soutiennent Mediapart

"Présentez-nous vos excuses" pour "ces insultes à répétition", écrit Maurice Szafran dans l'hebdomadaire Marianne

Laurent Joffrin du quotidien Libération (gauche) dénonce "quelque chose d'insupportable" dans cette "injure gratuite et totalement outrancière"

-L'association Reporters sans Frontières

-Le Groupement des éditeurs de services en ligne (Geste)

-Le Forum des Sociétés de journalistes (FSDJ).

Edwy Plenel : “Je n'ai jamais vu d'attaques aussi violentes“

Le fondateur de Mediapart Edwy Plenel a déclaré jeudi soir n'avoir "jamais vu d'attaques aussi violentes", après avoir essuyé un tir groupé de plusieurs membres du gouvernement et de l'UMP contre les révélations de son site d'information dans l'affaire Bettencourt.
"Sous d'autres présidences de gauche comme de droite, j'ai vécu des attaques. Je n'en ai jamais vu d'aussi violentes et d'aussi basses", a déclaré à l'AFP l'ancien directeur de la rédaction du Monde.

"Mediapart n'utilise pas des méthodes +fascistes+ mais démocratiques. Nous sommes des journalistes professionnels", a-t-il ajouté en réaction aux propos du secrétaire général de l'UMP Xavier Bertrand, le premier à avoir parlé de "méthodes fascistes", mardi soir.
"Notre journal en ligne est reconnu par la Commission paritaire des publications et agences de presse", a-t-il expliqué.
"La violence, la mauvaise foi et la démesure de ces attaques montrent une panique non pas face à une rumeur, mais à des faits précis", a-t-il encore affirmé."Il y a une semaine une décision de justice nous en a donné acte jugeant légitimes et d'intérêt public nos informations", a conclu M. Plenel.

Le tribunal de grande instance (TGI) de Paris avait rejeté le 1er juillet les demandes de Liliane Bettencourt et de son gestionnaire de fortune, Patrice de Maistre, d'un retrait des sites Médiapart et Le Point des enregistrements pirates réalisés au domicile de l'héritière de L'Oréal.

La justice a notamment estimé qu'"ordonner le retrait des documents servant de fondement à la publication d'informations légitimes et intéressant l'intérêt général reviendrait à exercer une censure contraire à l'intérêt public, sauf à ce que soit contesté le sérieux de la reproduction, ce qui n'est pas le cas en l'espèce".

(Source AFP)