Afghanistan - Les candidats en campagne

Affiches des candidats pendant la campagne électorale à Kaboul le 11 août 2009
Affiches des candidats pendant la campagne électorale à Kaboul le 11 août 2009
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Des élections sous haute tension



Selon un récent sondage du groupe américain "International Republican Institute" réalisé entre le 16 et le 26 juillet dernier, 30% des Afghans attendent du futur gouvernement qu'il règle les problèmes de sécurité. Pour 22% des sondés, le prochain président devra s'atteler à réduire le chômage et à redresser l'économie. L'institut précise toutefois qu'une marge d'erreur de 2% est possible pour ce panel de 2400 Afghans interrogés.

Les adversaires d'Hamid Karzaï ont compris le message et ont stigmatisé le bilan dit mitigé du président sortant. Ils sont 41 dans la course à la présidence dont 2 femmes. La majorité des 17 millions d'Afghans inscrits pour les élections se disent prêts à aller voter le jeudi 20 août. Mais de grandes menaces pèsent sur ces élections, les taliban ont décidé de perturber les scrutins, après une campagne électorale hantée par l'ombre des anciens maîtres de Kaboul.



Hamid Karzaï

“Le président sortant “

Hamid Karzaï a des origines pachtounes du clan des Popalzaï. Il parle bien le pachto, langue du village de Karz près de Kandahar dans le sud du pays, où il voit le jour en 1957. Après des études de sciences politiques en Inde et de journalisme en France, il retourne au Pakistan où sa famille est réfugiée depuis 1979 pour fuir l’occupation russe. Hamid Karzaï grandit dans l’ombre d’un père chef de clan prestigieux d’une tribu pachtoune.

A partir de 1985, il s’allie aux Moudjahidines pour contrer l’occupation soviétique de son pays. une résistance qui lui permet d’entrer dans le gouvernement provisoire, où il gère les relations internationales jusqu’en 1994. La guerre contre le terrorisme le propulse aux hautes fonctions de son pays. Président de l’Afghanistan depuis 2001, il a juré de se venger des Taliban qui ont assassiné son père en 1999.

Hamid Karzaï part favori à l’élection du 20 août malgré un bilan mitigé en matière de sécurité et de lutte contre la corruption. Il promet malgré son mandat peu productif à la tête de l’État, « une vie meilleure qu’aujourd’hui » à ses compatriotes. Il est très peu aimé des Afghans, mais il a toujours l’appui de Washington qui s’est un peu détourné de lui ces derniers mois.

Abdullah Abdullah

“L'homme du commandant Massoud“

Médecin de formation, Abdullah Abdullah était le ministre des Affaires Etrangères du gouvernement de transition en 2002, quelques mois après la chute des Taliban. Il gardera ce portefeuille jusqu’en 2006.

Né dans le Panshir (Nord de l’Afghanistan), cet ophtalmologue de 49 ans est considéré comme "l’homme" du chef militaire assassiné en 2001 Ahmad Massoud. Il travaille dans les camps de réfugiés afghans au Pakistan pendant l’occupation russe (de 1979 à 1989).C’est à cette époque qu’il rentre en contact avec la résistance anti-soviétique et rejoint le Front de Résistance du Panshir. Il est l’une des figures principales de l'Alliance du Nord (groupe armé musulman opposé au régime des Taliban).

Pachtoun par son père et Tadjik par sa mère, Abdullah Abdullah, l’un des sérieux adversaires à Hamid Karzaï parle 5 langues dont le français, l’anglais et l’arabe. Considéré comme un candidat crédible il a l’avantage d’être populaire de par sa proximité avec le feu commandant Massoud. De plus, il est respecté par la communauté internationale.


Ashraf Ghani

“Le diplomate accompli“

C’est un véritable poids lourd intellectuel. L’homme au CV impressionnant comme on le surnomme est un universitaire accompli. Il est diplômé de plusieurs universités américaines (Colombia, Californie, Berkeley et Johns Hopkins).

Il a par ailleurs occupé plusieurs postes à l’ONU. Il rejoint l’Afghanistan en 2001 où il devient conseiller du président Karzaï et ministre des finances de 2002 à 2004. Celui qui est également doyen de l’université de Kaboul parle le Dari, le Pachto et l’anglais. À 60 ans, Ashraf Ghani bénéficie de son profil international, car très connu et très respecté des cercles diplomatiques internationaux. Ses chances de victoire restent très marginales du fait de son très faible appui populaire.


Ramazan Bashardost

« Le petit candidat »

C’est certainement le plus francophile des prétendants afghans à la présidentielle. Il a immigré en Iran, puis au Pakistan et ensuite en France où il est resté plus de 20 ans, à l’époque de l’invasion soviétique et des guerres Moudjahidines.

Dr. Ramazan Bashardost est l'ancien ministre de la Planification(2004-2005). Il est le plus jeune des principaux candidats (44 ans), l’un des moins nantis matériellement. C’est une simple tente qui lui sert de siège de campagne électorale. « Le petit candidat » comme on l’appelle vient d’une communauté marginalisée (Hazara), mais fait office de valeur montante de la politique afghane.

Cette reconnaissance lui vient de son franc parler. Il démissionne de son poste de ministre en 2005 et critique ouvertement les Organisations non gouvernementales sur leurs actions en Afghanistan, ainsi que le régime de Karzaï dont l’attitude commence à exaspérer les Afghans. Ramzan Bashardost parle couramment le Dari, le français et l’anglais, mais très peu le pachto.

Un ancien taliban candidat !

Un ancien taliban candidat !
C'est une candidature inattendue...celle d'un ancien chef de guerre passé dans le camp gouvernemental. Le mollah Abdul Salam dit "Rocketi", promet s'il est élu, d'établir le dialogue avec les rebelles taliban.

Reportage Bernard Genier - Fabien Wohlschlag
TSR
18 août 2009 - 1'57

Deux femmes dans la campagne

Deux femmes dans la campagne

Parmi les 41 candidats à l'élection présidentielle, deux femmes mènent campagne. Elles ont de la poigne mais leur présence n'est pas toujours bien acceptée

Récit de David Gilberg
TV5 Monde
20 août 2009 - 1'44

Une campagne à vélo

Une campagne à vélo

L'élection présidentielle se tiendra le 20 août prochain. C'est donc l'heure de la campagne électorale et l'un des quarante candidats, faute de moyens, utilise le vélo comme moyen de transport pour aller à la rencontre des électeurs.


Récit de Ilhame Taoufiqi
TV5 Monde
30 juillet 2009 - 1'46

Élections présidentielle et provinciales : mode d'emploi

Critères d'éligibilité

Selon la constitution de 2004, le mandat présidentiel expire le 22 mai de la cinquième année. Les nouvelles élections se tiennent entre trente et soixante jours avant ce terme.

Pour être élu :


- Être un citoyen afghan,
- Être âgé d’au moins 40 ans,
- Ne pas avoir été reconnu coupable de crimes de guerre, ou d’actes considérés comme criminels par la loi

Déroulement du scrutin

Après l’annonce des résultats de l’élection présidentielle, le candidat qui a obtenu plus de 50 % des votes est élu président de la République islamique d'Afghanistan pour un mandat de cinq ans. Le vote se déroule à bulletin secret dans les bureaux prévus à cet effet.

Si aucun candidat n’obtient plus de 50 % des votes après le premier tour de l'élection, un deuxième tour doit être organisé dans les deux semaines qui suivent le premier scrutin. Seuls les deux candidats arrivés en tête lors du premier tour s’affrontent pour cette phase ultime.

Pallier les imprévus

Si le Président démissionne ou est considéré inapte à remplir ses devoirs,
le premier vice-président dirige le pays provisoirement jusqu'à ce qu'une nouvelle élection soit tenue, soit dans les 3 mois suivant la démission ou la déclaration d’inaptitude aux fonctions présidentielles. Pendant ce temps, le premier vice-président est tenu de ne pas modifier la constitution, de ne pas remanier le gouvernement, ou d’appeler à un référendum.

À propos des provinciales

- Les Afghans éliront leurs représentants dans les 34 conseils provinciaux, à travers le pays (soit un conseil par province)

- 3196 candidats sont en lice pour les provinciales de 2009, soit 328 femmes, pour pourvoir 420 sièges de conseillers provinciaux. Au moins un quart des sièges sont réservés aux femmes.

Élections du 20 août : combien ça coûte ?

Le coût des élections du 20 août (présidentielle et provinciales) est estimé à 223 millions de dollars, entièrement financés par les pays impliqués dans le conflit (États-Unis, Royaume Uni, France, Canada etc...) en Afghanistan.
La campagne électorale s'est déroulé du 16 juin au 17 août 2009
Jour du scrutin : 20 août