Afghanistan : Donald Trump "fier" des bombardements

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Commentaire de Daricaling Loppy

"Nous sommes fiers de notre armée. C'est une mission réussie". Ainsi le président américain Donald Trump salue-t-il le largage, en Afghanistan, de sa plus puissante bombe non-nucléaire sur des positions supposées de terroristes islamistes. Bilan : plus de 90 morts.

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Les Etats-Unis ont largué ce 13 avril contre le groupe Etat islamique en Afghanistan la plus puissante bombe non-nucléaire qu'ils aient jamais employée, surnommée la "mère de toutes les bombes", pour la plus grande fierté du président américain.

Elle  a détruit un réseau de tunnels utilisés par le groupe Etat islamique et tué au moins 90 combattants ou partisans de l'EI, selon le gouvernement afghan, qui écarte toute victime civile. "Au moins 92 combattants de Daesh (acronyme arabe de l'EI) ont été tués... Trois tunnels dans lesquels les combattants avaient pris position au moment de l'attaque ont été détruits," indique Esmail Shinwar, gouverneur du district de Achin, fief de l'EI dans la province du Nangarhar. Le porte-parole du gouverneur provincial, Attaullah Khogyani, évoque, quant à lui, "90 combattants de Daesh tués".

Carte blanche à l'armée

"Je suis tellement fier de nos militaires. C'est un nouveau succès", a, quant à lui, déclaré Donald Trump. "Je leur ai donné carte blanche. (...) Franchement, c'est pour cela qu'ils ont autant de succès ces derniers temps. Si vous comparez ce qu'il s'est passé ces huit dernières semaines à ces huit dernières années, vous verrez qu'il y a une énorme différence", a-t-il ajouté.

GBU-43, mère de toutes les bombes

La frappe avec la bombe GBU-43, représentant environ onze tonnes de TNT, a visé vers 14h30 GMT une "série de grottes" dans la province de Nangarhar, à l'est de l'Afghanistan, où un soldat américain a été tué dans une opération contre les jihadistes le week-end dernier.

Cette énorme bombe guidée par GPS, longue de plusieurs mètres et larguée par la porte arrière d'un avion de transport C-130, n'avait jamais été utilisée au combat auparavant. Elle a été lâchée en soutien aux forces afghanes et américaines opérant dans la région, selon le Pentagone.

"C'est la plus forte explosion que j'ai jamais vue. L'endroit a été envahi par des flammes très hautes", a déclaré à l'AFP Esmail Shinwari, gouverneur du district d'Achin où la munition a été larguée. "De lourdes pertes ont été infligées à l'ennemi", a relevé Shahhussain Murtazawi, un porte-parole de la présidence afghane, sur Facebook.

Impact maximum contre l'El

Le capitaine de vaisseau Bill Salvin, porte-parole des forces américaines en Afghanistan, a indiqué "n'avoir aucune raison de penser" que des civils étaient présents au moment de l'explosion. "La cible a été choisie pour assurer un maximum d'impact contre l'EI tout en évitant des victimes civiles", a-t-il ajouté, précisant qu'une évaluation des effets de la bombe était en cours.

Le général John Nicholson, qui commande les forces américaines en Afghanistan, a estimé que cette bombe était "la bonne munition" pour venir à bout des bunkers et des tunnels de plus en plus utilisés par les jihadistes, "alors que leurs pertes augmentent". La bombe est connue sous l'acronyme MOAB (Massive Ordnance Air Blast), ou bombe à effet de souffle massif. Elle détonne juste avant de heurter le sol, créant une onde de choc destructrice.

Panache visible à 32 km

Selon Hans Kristensen, expert de la Fédération des scientifiques américains spécialisé dans la surveillance de l'arsenal militaire américain, elle a une puissance égale à environ 1/30ème de celle de la plus petite bombe nucléaire américaine actuelle, la B61-12. Selon l'US Air Force, le dernier test de la bombe GBU-43 en 2003 avait provoqué un panache de poussière et de fumées visible à plus de 32 kilomètres.

La province de Nangarhar est frontalière du Pakistan. C'est dans cette région que l'EI, qui a proclamé un "califat" en Syrie et en Irak en 2014, a été signalé pour la première fois en Afghanistan début 2015.

Depuis août 2016, les forces américaines y ont conduit de nombreuses frappes aériennes sur les bastions des jihadistes, qui ont recruté notamment des talibans afghans ou pakistanais. Les efforts combinés des forces afghanes et américaines les ont fait reculer.

L'Afghanistan, cible jihadiste

L'Otan a récemment estimé que 600 à 800 combattants de l'EI se trouvaient dans le pays, contre 3000 début 2016. Le groupe jihadiste a revendiqué plusieurs attentats en Afghanistan ces derniers mois, dont la sanglante attaque contre le plus grand hôpital militaire du pays en mars à Kaboul. Mais les autorités mettent cette dernière revendication en doute et en attribuent la responsabilité aux talibans.

Les Etats-Unis ont déployé environ 8400 soldats en Afghanistan. Ils forment, conseillent et appuient les forces afghanes dans leurs combats contre les talibans et le groupe Etat islamique. Le général américain Joe Votel, qui commande les troupes américaine au Moyen-Orient, s'est prononcé en mars pour un renforcement des troupes américaines, ce qui inverserait la tendance observée ces dernières années.