Albanie : des élections sous le regard de Bruxelles

Tirana, le 22 juin 2013 (AFP)
Tirana, le 22 juin 2013 (AFP)

Les Albanais renouvellent dimanche 23 juin 2013 leur Parlement dans une ambiance délétère. Un seul mot d'ordre réunit tous les partis : l'espoir d'une adhésion à l'Union Européenne.

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Il est un pays où l’Union Européenne est encore populaire. L’Albanie voudrait tellement y entrer, c’est l’avenir, la prospérité, l’horizon indépassable… Et les principaux partis l’ont logiquement inscrite en tête de leur programme pour gagner les législatives de dimanche 23 juin.
A droite, Sali Berisha, promet d’être l’homme qui mènera son pays vers cette terre promise, même si les négociations commencées en 2003 marquent le pas. Sali Berisha est le sortant. Il occupe le poste de Premier ministre depuis 2005 et a su rester une figure dominante de la vie politique depuis la fin du système communiste en 1992.
Face à lui, la coalition d’opposition baptisée « Alliance pour une Albanie européenne » ne promet pas autre chose. Conduite par le socialiste Edi Rama, un ancien maire de Tirana, elle veut incarner le changement qui amènera l’adhésion. Edi Rama dénonce le clientélisme, la corruption et la pauvreté qui persiste.
Et pour l’Europe, il a déjà contacté Tony Blair qui le conseillera après son éventuelle  accession au pouvoir. Tony Blair demeure une star dans la région : c’est l’homme qui, en 1999, organisa les bombardements de l’Otan sur la Yougoslavie pour protéger les Albanais du Kosovo. Le New Labour est le modèle.

Sali Berisha lors des législatives de 2009 (AFP)
Sali Berisha lors des législatives de 2009 (AFP)
Climat tendu

Face à cette surenchère d’europhilie, l’Union, elle, reste de glace. Bruxelles a, par deux fois, refusé d’octroyer au pays le statut de candidat à l’adhésion et fait clairement de ce scrutin un test pour qu’avancent les négociations. « Les dirigeants albanais ont une responsabilité commune … de créer les conditions pour que les résultats du scrutin soient acceptés par tous », a averti Catherine Ashton, la chef de la diplomatie de l’UE.
L’Albanie doit prouver qu’elle peut organiser une élection au standard européen alors que l’opposition n’a jamais accepté les résultats des législatives de 2009. A cet égard, le climat politique demeure toujours aussi tendu et polarisé. Edi Rama a déjà mis en doute la validité des listes électorales… Encore plus ennuyeux, à la veille du scrutin, la CEC, la Commission électorale centrale,  n’était pas opérationnelle. Alors que cet organisme doit valider les résultats, trois des sept membres ont démissionné en avril, empêchant son fonctionnement normal. La crise institutionnelle s’annonce.
Les sondages, jugés peu fiables, donnent une légère avance à la coalition de l’opposition. Cependant, des nouveaux venus pourraient venir troubler le jeu bipartisan. « L’Alliance rouge et noire », formation ultranationaliste, a le vent en poupe avec pour programme « l’unification nationale », c’est à dire de tous les territoires où les Albanais sont majoritaires, ce qui inclut le Kosovo et des régions du Monténégro, de Serbie et de Macédoine… Ce mot d’ordre n’a rien pour séduire Bruxelles, mais pourrait réveiller des électeurs lassés des querelles partisanes, du chômage et d’une crise économique sans fin.



l'Albanie en bref

Chef de l'Etat : Président Bujar Nishani
Chef du gouvernement : Sali Berisha
Capitale : Tirana
Superficie : 28748 km2
Population : 2,8 millions (2011)

Economie :

L'Albanie est considérée comme l'un des pays les plus pauvres d'Europe avec environ 12 % de la population vivant sous le seuil de pauvreté.

PIB : 12,96 milliards de dollars
RNB par Habitant : 3980 $
Chômage : officiellement 14 % en 2012