Algérie : mort du journaliste et blogueur algérien Mohamed Tamalt

Page Facebook de Mohamed Tamalt.
Page Facebook de Mohamed Tamalt.

Mohamed Tamalt est mort ce dimanche 11 décembre en prison après avoir entamé une grève de la faim. Il avait été condamné pour une vidéo et un poème très critiques pour le président.

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Sa bravade lui a coûté cher. Mohamed Tamalt est mort en prison à 42 ans, un peu plus de cinq mois après avoir entamé une grève de la faim. Le 4 juillet, il avait été condamné à deux ans de prison ferme et 200 000 dinars d’amende pour "outrage à corps constitué" et "atteinte à la personne du président". L’objet du litige : une vidéo et un poème critiquant vertement Abdelaziz Bouteflika diffusés sur sa page Facebook.

Menacé en raison de ses publications sur Facebook et sur le site arabcontext.com (aujourd’hui fermé), Mohamed Tamalt avait obtenu l’asile au Royaume-Uni en 2007. Les menaces se faisant plus rares, il était rentré en Algérie. Il a été arrêté le 27 juin 2016.

"Les journalistes algériens continuent de pâtir de l’application abusive du code pénal, utilisé systématiquement pour toute information diffusée et qui critique le pouvoir en place", a dénoncé Reporters sans frontières. L’ONG place l’Algérie au 129e rang sur 180 pays au classement mondial de la liberté de la presse.

Dossier médical verrouillé

Diabétique, Mohamed Tamalt avait entamé une grève de la faim pour dénoncer sa mise en détention. "Il était dans le coma, il y avait un verrouillage sur son dossier médical. On est au courant de rien. C’est ça le drame", accuse son avocat Me Amine Sidhoum dans le journal en ligne Tout sur l’Algérie. "C’est la première fois qu’un journaliste décède en prison à la suite de ses écrits ou de ses commentaires sur le Net, a-t-il ajouté. C’est vraiment écœurant et scandaleux."

La direction de l’administration pénitentiaire a réagi en publiant un communiqué dans lequel elle explique que le prisonnier a bénéficié d’un suivi médical et de médicaments pendant sa grève de la faim. Mais qu’il a été victime d’un accident vasculaire cérébral ayant nécessité une opération fin août. Son état se serait amélioré avant de se dégrader de nouveau à la suite d’une infection pulmonaire. La Ligue algérienne des droits de l’homme avait signalé fin septembre que le frère et les avocats de Mohamed Tamalt n’avaient pas pu lui rendre visite à l’hôpital.

Selon la Ligue algérienne des droits de l’Homme, de nombreuses zones d’ombre subsistent dans la condamnation et l’évolution de l’état de santé de Mohamed Tamalt. Amnesty Algérie demande de son côté l’ouverture d’"une enquête indépendante, approfondie et transparente sur les circonstances de sa mort".

► Lire l'intégralité de l'article de Julie Conti sur le site de nos partenaires suisse Le Temps.