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Allemagne: le Syrien qui projetait de commettre des attentats s'est suicidé dans sa cellule

Le réfugié syrien Jaber Albakr, âgé de 22 ans et originaire de Damas, avait été interpellé à Leipzig, (Allemagne) le 8 octobre 2016 après une chasse à l'homme de plusieurs jours.
Le réfugié syrien Jaber Albakr, âgé de 22 ans et originaire de Damas, avait été interpellé à Leipzig, (Allemagne) le 8 octobre 2016 après une chasse à l'homme de plusieurs jours.
©policeviaAP

Le réfugié syrien soupçonné d'avoir planifié un attentat en Allemagne au nom de l'organisation djihadiste État islamique (EI) s'est donné la mort en prison. Ce suicide qui intervient deux jours seulement après son arrestation, suscite une vive polémique dans le pays.

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Malgré une surveillance accrue, le fugitif de Chemnitz a été retrouvé mort à l'hôpital correctionnel de Leipzig. Cet acte a déclenché une polémique sur ses conditions de détention.

Il «s'est ôté la vie dans le centre de détention de l'hôpital correctionnel de Leipzig», a annoncé mercredi le ministre de la Justice de l'Etat de Saxe dans un communiqué publié sur son site internet sans donner plus de détails.  D'après plusieurs médias allemands, le suspect a été retrouvé pendu dans sa cellule. Il avait été incarcéré lundi dans la ville où il avait été arrêté un peu plus tôt.

Un «scandale judiciaire»

L'avocat commis d'office Alexander Hübner a vivement critiqué la justice saxe après le suicide de son client. «Je suis incroyablement choqué et absolument décontenancé qu'un tel acte ait pu se produire», a-t-il indiqué au magazine allemand Focus. Et de parler d'un «scandale judiciaire».

Le risque de suicide de l'accusé était connu des responsables de l'établissement et noté dans le procès-verbal, a-t-il précisé. «Il avait déjà cassé des lampes et manipulé des prises électriques».

Dans l'après-midi encore, on lui avait assuré par téléphone que le Syrien, retenu dans une cellule d'isolement, était «continuellement observé». L'avocat ajoute que le jeune homme était en grève de la faim depuis son arrestation dimanche.

Des soupçons qui resteront sans réponse

«C'est un véritable cauchemar», a réagi un responsable du parti de la chancelière Angela Merkel (CDU), Wolfgang Bosbach. «Il s'agit d'une tragédie compte tenu de la gravité des accusations, de l'explosif très dangereux retrouvé et de la menace qu'il représentait pour le pays», a-t-il ajouté.

«Comment est-il possible que quelqu'un qui est censé être sous surveillance permanente puisse être retrouvé pendu?», a interrogé Tobias Lindner, membre du parti écologiste Bündnis 90/Die Grünen.

Le réfugié syrien avait été arrêté lundi après 48 heures de chasse à l'homme. Il était recherché depuis qu'une perquisition dans un appartement de Chemnitz avait mené samedi à la découverte de 1,5 kilo d'explosifs très puissants. Il a pu être capturé grâce à trois de ses compatriotes qui l'ont ligoté et dénoncé à la police.

Selon Bild, le suspect avait déclaré lors de ses premiers interrogatoires que ces trois réfugiés syriens étaient au courant de ses projets d'attentat. Toutefois, les autorités restent prudentes face à ces accusations, n'excluant pas une dénonciation mensongère par vengeance envers ces trois Syriens fêtés comme des héros dans tout le pays depuis lundi.

 
Article publié en accord avec nos partenaires Le Temps