Allemagne : mobilisation contre les manifestations anti-immigration

Le tweet d'un internaute reprenant une photo des manifestations contre le mouvement xénophobe Pegida.
Le tweet d'un internaute reprenant une photo des manifestations contre le mouvement xénophobe Pegida.

Les manifestations allemandes « contre l’islamisation » du pays rencontrent une plus grande résistance dans la rue depuis ce lundi 5 janvier. Des Allemands ont exprimé, en nombre, leur opposition au mouvement Pegida des « Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident ». 

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« Critiquer l’islam, oui, mais la haine de l’étranger, c’est inhumain », « Bienvenue en Occident ! » Autant de slogans lus et entendus en Allemagne, ce lundi 5 janvier, dans les rues de Rostock et de Cologne. Ceux qui ont haussé le ton hier sont des manifestants qui s’opposent au mouvement Pegida contre l’islamisation du pays né, fin octobre, à Dresde, capitale de la Saxe. 

Chaque lundi, des centaines de partisans de ce mouvement des « Européens patriotes contre l’islamisation de l’Occident » descendent dans la rue (lire notre article). Ils s’opposent aux djihadistes ou aux étrangers qui refuseraient de s’intégrer. Leur cible ? L’islam, les médias, les élites politiques, le multiculturalisme, … 

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One in 8 Germans would join anti-Muslim marches, poll finds: http://t.co/KWQ7wKSIfS src=hash">#NoPegida pic.twitter.com/Gmde842YgQ

— ?ynd?cal??? (@syndicalisms) 1 Janvier 2015  
"Un Allemand sur 8 serait prêt à rejoindre les marches anti-musulmans, selon un sondage"


Les partisans de Pegida étaient quelques centaines ce lundi 5 janvier à Rostock ainsi qu'à Cologne, et environ 300 à Berlin. Ils ont battu un record de mobilisation à Dresde où 18 000 personnes étaient dans la rue, selon la police. 

Face à eux, pour la première fois, 3 000 contre-manifestants s’étaient déplacés. Ils étaient 5 000 à Berlin, soit dix fois plus nombreux que les opposants à l'immigration. 

Les Allemands ont ainsi voulu exprimer leur désaccord face à la montée de ce mouvement extrémiste en descendant aussi dans les rues de Munster (10 000 personnes), Stuttgart (8 000) et Hambourg (4 000). 

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Anti-fascist rallies in several cities of Germany against #Pegida @digitales_Ich #nopegida pic.twitter.com/K2KPmFeljJ

— Take the square (@takethesquare) 5 Janvier 2015

"Manifestations contre le racisme dans plusieurs villes d'Allemagne, contre Pegida"


A Cologne, le cardinal Woelki a soutenu le mouvement en décidant d’éteindre l’éclairage de l’incontournable cathédrale de la ville en signe de protestation. Un geste de l’église catholique souligne ainsi son engagement contre les discriminations. De son côté, la mairie a plongé dans le noir les ponts et le centre historique de la ville. 

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Seems like Germany is showing Europe how to quash a xenophobic movement tonight #nopegida MT @markuspreiss pic.twitter.com/mOqnOre6re

— Nicolas Kayser-Bril (@nicolaskb) 5 Janvier 2015
 
"Il semble que l'Allemagne montre à l'Europe comment balayer un mouvement xénophobe ce soir"


A Berlin, c’est la porte de Brandebourg qui s‘est éteinte : 
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A Berlin, les monuments non éclairés pour dire non à Pegida. #nopegida v/ "@_meshcollective: pic.twitter.com/ZXU2i4QxYM"

— Pierre Schydlowski (@PSchydlowski) 5 Janvier 2015

Des drapeaux avec une croix gammée ont aussi émergé de la foule anti Pegida. Un signe fort dans ce pays marqué par le nazisme et où la xénophobie est restée longtemps un sujet tabou. 


Pas question alors pour les politiques de laisser la rue au « pegidistes ». Le ministre fédéral de la Justice Heiko Mass faisait aussi parti des manifestants à Berlin. Et dans ses vœux du 31 décembre, la chancelière Angela Merkel a aussi appelé ses compatriotes à ne pas participer à ces mobilisations organisées par des gens au "coeur" empli de "préjugés" et de "haine".  

Le quotidien allemand Bild a publié, ce mardi 6 janvier, un appel lancé par 80 personnalités, politiques, sportives ou artistiques allemands qui disent non (« Nein ») au mouvement Pegida. Un sursaut un peu tardif ? 
©capture d'écran du site du quotidien “Bild“
©capture d'écran du site du quotidien “Bild“