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Amérique du Sud : le Mercosur “humilié“ par l'Europe

Le 2 juillet dernier, la France, l'Italie, l'Espagne et le Portugal interdisaient à l'avion du président bolivien Evo Morales de survoler leurs territoires, sous la pression des Etats-Unis. Motif : il aurait pu transporter l'Américain Edward Snowden, par qui le scandale de Prism est arrivé. Réuni aujourd'hui à Montevideo, en Uruguay, le Mercosur porte plainte devant la communauté internationale et plusieurs pays d'Amérique latine rappellent leurs ambassadeurs en Europe pour consultation.

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Le Mercosur fait corps autour de Morales

"Humiliation, délit, manque de respect..." Les mots très durs des dirigeants des principaux pays d'Amérique latine à l'égard des pays d'Europe qui ont interdit de survol l'avion du président Morales.
Le Mercosur fait corps autour de Morales


Les “excuses européennes insuffisantes“

Deux jours après son interdiction de survol, le président bolivien Evo Morales déplorait la frilosité des excuses européennes

04.07.2013AFP

Le président bolivien Evo Morales a estimé "insuffisantes" les excuses présentées par les pays européens qui lui ont refusé leur espace aérien et l'ont forcé à une escale à Vienne alors qu'il avait revenait de Moscou. Soupçonné de transporter l'informaticien américain en fuite Edward Snowdene, le président Morales a finalement atterri à La Paz après 13 heures d'escale forcée - et 17 heures de vol.

"Les excuses de la part de pays qui ne nous ont pas permis de survoler leur territoire ne suffisent pas", a déclaré M. Morales lors d'une cérémonie dans le village de Shinaota dans son fief du centre de la Bolivie.
 
La France a fait part "de ses regrets" suite "au contretemps occasionné pour le président Morales par les retards dans la confirmation de l'autorisation de survol du territoire par l'avion du président". Le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a notamment téléphoné à son homologue, David Choquehuanca, pour l'assurer que Paris n'avait jamais eu l'intention de refuser le survol du territoire français à l'avion du président bolivien.

"Ce qui s'est passé ces derniers jours n'est pas un hasard, ce n'est pas une erreur. Certains des pays qui se sont excusés évoquent une erreur, mais ce n'est pas une erreur", a insisté le président bolivien. S'affirmant contrarié par ces récents événements, il s'est interrogé sur leurs causes : "Quel était l'objectif principal ? Me faire peur ? Me faire taire ? M'intimider ? Quel était le but poursuivi ?" s'est demandé M. Morales, qui a réitéré qu'il ne lui était jamais venu à l'esprit de faire sortir M. Snowden de Russie.
"Impossible, impossible", a-t-il répété, précisant qu'une équipe de juristes analysait les répercussions légales "d'une telle violation des traités internationaux".

Le gouvernement bolivien a également convoqué les ambassadeurs de France, Italie et Espagne ainsi que le consul du Portugal pour qu'ils s'expliquent, tandis que les partis proches du pouvoir ont fait parvenir au Congrès une demande d'expulsion de ces diplomates.
Des incidents ont eu lieu également près de l'ambassade de France en Bolivie, avec jets de pierres et incendie de drapeaux français. Plusieurs présidents de pays membres de l'Union des nations sud-américaines (Unasur, qui regroupe 12 pays) se sont retrouvés à Cochabamba pour manifester leur "solidarité" et leur "indignation" face à des actes qui ont "mis en danger la sécurité" de M. Morales et de son entourage, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères du Pérou, qui exerce la présidence tournante.

La Russie condamne

04.07.2013AFP
La Russie, elle aussi, a condamné l'attitude de la France, de l'Espagne et du Portugal pour avoir refusé le survol de leur espace aérien par l'avion du président bolivien Evo Morales, soupçonné à son départ de Moscou de transporter le fugitif américain Edward Snowden. "L'attitude de la France, de l'Espagne et du Portugal ne peut guère être considérée comme un acte amical à l'égard de la Bolivie, ainsi que de la Russie", a indiqué le ministère russe des Affaires étrangères dans un communiqué, soulignant qu'il fallait "respecter la souveraineté" de tout pays.