Angola : élection générale sans grand suspense

Meeting en faveur du Mouvement Populaire pour la Libération de l'Angola le 29 août / Photo AFP Stephane de Sakutin
Meeting en faveur du Mouvement Populaire pour la Libération de l'Angola le 29 août / Photo AFP Stephane de Sakutin

Les Angolais sont appelés aux urnes vendredi 31 août pour élire leur président. José Eduardo dos Santos, candidat et président au pouvoir depuis plus de 30 ans, reste le grand favori. Dans l'opposition, le parti rebelle Unita espère faire plus de 10%. Reportage et décryptage d'un scrutin dont l'issue devrait être sans surprise.

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Jour de vote

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Le contexte

30.08.2012Par la rédaction de TV5monde
A 70 ans, le président sortant José Eduardo dos Santos du Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) a de fortes chances d'être réélu au terme de cette élection générale (législative et présidentielle).

L'adoption d'une nouvelle Constitution en 2010 a mis fin à l'élection du président par suffrage universel direct. Désormais, c'est le candidat tête de liste du parti vainqueur des élections législatives qui devient le président.

Si José Eduardo dos Santos garde la présidence du pays, il devra certainement changer sa politique. Après presque 30 ans au pouvoir, l'économie est désastreuse en dépit de la manne pétrolière dont profite l'Angola. Bilan des années dos Santos avec notre journaliste Caroline Dumay.

La politique du président dos Santos en péril

30.08.2012Au téléphone notre journaliste sur place : C. Dumay.
La politique du président dos Santos en péril


L'opposition voit de nouveaux visages rejoindre ses rangs. Vingt-sixième sur la liste du parti rebelle Unita, Rafael Savimbi se fait remarquer. Le jeune homme de 34 ans fait ses débuts en politique pour l'élection générale de 2012. Son père, le rebelle Jonas Savimbi (voir notre encadré) avait fondé ce parti en 1966 pour lutter contre le gouvernement de Luanda. Rencontre avec son fils :  

“Nous voulons des élections libres et justes“, Rafael Savimbi

30.08.2012Reportage de C. Dumay et S. Carstens.
“Nous voulons des élections libres et justes“, Rafael Savimbi

Les partis clés de la présidentielle

Le scrutin du 31 août est la troisième scrutin depuis l'indépendance du pays en 1975.

Lors du scrutin de 2008, le MPLA avait remporté 81% des suffrages contre 10% pour le parti d'opposition Unita.

Cette année, les partis qui se démarquent dans les élections :

MPLA : Mouvement populaire de libération d'Angola, parti du président au pouvoir José Eduardo dos Santos.

Unita : Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola, est le parti d'opposition fondé en 1966 par le rebelle Jonas Savimbi. Isaias Samakuva en est aujourd'hui le président.

Casa : Convergence ample de sauvetage de l'Angola a été créé par Abel Chivukuvuku ancien cadre du parti Unita. Se situant entre le MPLa et Casa, ce parti séduit beaucoup les jeunes .
Le président encore en poste, José Eduardo dos Santos du MPLa, le 29 août 2012 lors d'un meeting à Luanda / Photo AFP Stéphane de Sakutin
Le président encore en poste, José Eduardo dos Santos du MPLa, le 29 août 2012 lors d'un meeting à Luanda / Photo AFP Stéphane de Sakutin

L'économie angolaise

En dépit d'une politique de reconstruction des infrastructures financée par la manne pétrolière et engagée par le MPLA depuis la fin de la guerre civile en 2002, l'Angola peine à maintenir son économie à flot. Près de deux tiers des Angolais vivent avec moins de deux dollars par jour.
L'Angola est pourtant le deuxième pays producteur de pétrole d'Afrique après le Nigeria et tire la majorité de ses ressources de l'exploitation des hydrocarbures.

De l'indépendance à la guerre civile

L'Angola est une ancienne colonie portugaise qui accède à l'indépendance en 1975 après une guerre de libération engagée en 1961. Une guerre civile oppose déjà trois mouvements de guérilla, le Mouvement populaire de libération de l'Angola (MPLA) du président Agostinho Neto, l'Union nationale pour l'indépendance totale de l'Angola (Unita) et le Front national de libération de l'Angola (FNLA).
Dès 1975, le régime d'apartheid de l'Afrique du Sud envoie des troupes pour soutenir l'Unita contre le MPLA, lui-même aidé par un contingent cubain. A la mort du président Neto, en 1979, José Eduardo dos Santos est investi président par le MPLA.
Le 4 avril 2002, l'armée et l'Unita signent un accord de cessez-le-feu après la mort du chef historique de l'Unita, Jonas Savimbi.