Anna Politkovskaïa, l'icône de la presse russe indépendante

dans

“Lettre à Anna“, un documentaire sur la personnalité de la journaliste

Réalisé par Eric Bergkraut

“Lettre à Anna“, un documentaire sur la personnalité de la journaliste


Reportage de Karine Barzégar, Ivana Jurisa et Séverine André.
18 novembre 2009 - 3'12

Politkovskaïa : “Le gouvernement russe ne veut pas de témoins tchétchènes“

Document exceptionnel

Politkovskaïa : “Le gouvernement russe ne veut pas de témoins tchétchènes“


En mai 2003, TV5MONDE avait rencontré Anna Politkovskaïa à l'occasion de la sortie de Tchétchénie, le déshonneur russe.
A l'époque, la Tchétchénie sortait d'un référendum sur l'adoption d'une nouvelle Constitution et la tenue éventuelle d'élections parlementaires et présidentielles.


14 mai 2003 - 4'06



Une journaliste engagée


Anna Politkovskaïa était grand reporter pour le journal indépendant Novaïa Gazeta, un bihebdomadaire de Moscou qui a fait du conflit Tchétchène son cheval de bataille.

Elle était l’une des rares à relater ce conflit meurtrier qui oppose depuis 1994, les séparatistes tchétchènes et l’armée russe en Tchétchénie.

Elle s'est rendue régulièrement dans les zones de combats en Tchétchénie et dans des camps de réfugiés au Daghestan, puis en Ingouchie, dénonçant la barbarie de l’armée russe et les conditions inhumaines des populations victimes de cette guerre.

Elle négocie avec les preneurs d'otages du théâtre de Moscou

Anna Politkovskaïa a participé en 2002 aux négociations lors de la prise d'otages du théâtre de la rue Melnikov à Moscou. Elle aurait également proposé ses services lors de la prise d'otages de l'école de Beslan en 2004. Mais elle serait tombée gravement malade suite à un empoisonnement par les services spéciaux russes qui voulaient à tout prix empêcher cette intervention.

Elle est assassinée le 7 octobre 2006, jour anniversaire du président Vladimir Poutine, tuée par balles dans le hall de son immeuble à Moscou.

Le premier procès (novembre 2008 – février 2009) a vu l’acquittement des principaux suspects. Deux frères tchétchènes, Djabraïl et Ibragui Makhmoudov, sont soupçonnés d'avoir surveillé la victime et d'avoir amené sur les lieux leur frère Roustam, le tueur présumé toujours en fuite. Le troisième suspect, l'ancien policier Sergueï Khadjikourbanov, est lui accusé d'avoir mis au point la logistique de l'assassinat.


Trois ans après l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, l'enquête au point mort

Trois ans après l'assassinat d'Anna Politkovskaïa, l'enquête au point mort
Les exactions et les meurtres contre les défenseurs des droits humains ou les journalistes d'opposition se succèdent depuis ce 7 octobre 2006, malgré l'espoir suscité un temps par l'arrivée de Medvedev au pouvoir en 2008.

Commentaire d'Hassan Lazrag
7 octobre 2009 - 2'15

Nouveau procès mais preuves et accusés identiques

Nouveau procès mais preuves et accusés identiques

Ce procès ne servirait à rien sans une nouvelle enquête, que réclame la défense et la partie civile.

Commentaire d'Hassan Lazrag
5 août 2009 - 1'43

Bibliographie

La journaliste assassinée était aussi auteure, elle laisse une bibliographie fournie :

Voyage en enfer : journal de Tchétchénie, Robert Laffont - 2000
Tchétchénie : Le déshonneur russe, Gallimard - 2003?
 La Russie selon Poutine, Gallimard - 2005?
Douloureuse Russie : Journal d'une femme en colère, Gallimard -2006
Qu'ai-je fait ?, Buchet-Chastel - 2008

Une femme récompensée à l'international

2002 : elle est primée par le Pen Club International, (une association internationale d'écrivains, apolitique et non gouvernementale, fondée en 1921 par l’écrivaine anglaise Catherine Amy Dawson Scott)

2002 : l’International Women’s Media Foundation (IWMF) lui décerne le prix Courage en journalisme.

2003 : elle reçoit au Danemark le prix du Journalisme et de la Démocratie, décerné par l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE).

2004 : Anna Politkovskaïa reçoit le prix Olof Palme pour les droits de l'Homme. Une récompense qu’elle partage avec ses compatriotes Lyudmila Alekseyeva et Sergey Kovalyov, militants des droits de l’Homme.