Attentats de Paris : les progrès de l'enquête

Des soldats français patrouillent près de la tour Eiffel, le 15 novembre 2015 (AP Photo/Amr Nabil)

Qui sont les auteurs des attentats de Paris du 13 novembre, leurs complicités et les commanditaires ? L'enquête progresse, en lien avec les autorités belges. Tous les éléments et nos analyses en temps réel.

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Appel à témoin


Un appel à témoin vient d'être lancé par la police judiciaire pour un individu pouvant être lié aux attentats :

Un deuxième kamikaze identifié

Selon des sources proches de l'enquête, un deuxième terroriste kamikaze aurait été identifié par les enquêteurs. Il ferait partie d'une fratrie.

Ce troisième frère est introuvable, il pourrait faire partie des kamikazes, ou être en fuite. L'Etat islamique parlait de 8 assaillants dans ses revendications. Un mandat d'international a été lancé par la Belgique.

Mandat d'arrêt international

Un mandat d'arrêt international contre l'un des trois frères suspecté d'avoir participé aux attentats de Paris vient d'être lancé par la Belgique.

Collaboration entre la France et la Belgique

Une équipe d'enquête commune a été constituée entre la France et la Belgique : des enquêteurs français sont actuellement à Bruxelles.

Belgique : de nouvelles interpellations

Quatre nouvelles personnes ont été interpellées en Belgique, faisant monter à 7 le nombres des arrestations. Le parquet de Bruxelles les défère cet après-midi et déclare que "deux résidents de la commune bruxelloise de Molenbeek comptaient parmi les terroristes ayant commis les massacres de vendredi à Paris." Parmi les  7 interpellés, 5 sont "en connexion avec la Polo grise (voir plus bas : "les véhicules") retrouvée devant le Bataclan et louée en Belgique", selon le procureur de Bruxelles.

L'enquête en Belgique

En Belgique, deux Belges et un Français ont été placés dans un premier temps en garde à vue. Le point sur l'enquête en cours en Belgique, ce dimanche matin, avec notre correspondante sur place Esmeralda Labye. La commune bruxelloise de Molenbeek en Belgique est connue pour contenir un taux élevé de jeunes partis faire le djihad. Des auteurs d'attentats djihadistes précédents, en France et en Belgique, avaient séjourné dans cette commune.

Point enquête Belgique

Rappel des actions terroristes du vendredi 13 novembre :

Aux abords du Stade de France, à Saint-Denis, trois kamikazes actionnent leur ceinture explosive et se donnent la mort, à 21 h 20, puis 21 h 30 et 21 h 53. Ils font une victime.

A 21 h 40 dans le restaurant le Comptoir Voltaire (253, boulevard Voltaire, au coeur de Paris), un quatrième kamikaze se donne la mort en déclenchant sa ceinture d'explosifs. L'explosion ne tue personne, mais blesse une partie de la clientèle.

Trois autres terroristes arrivent au volant d'une Polo noire devant la salle de concert le Bataclan et tuent 89 personnes en tirant sur la foule avec des fusils kalachnikovs. Deux d'entre eux se font exploser, le troisième est tué par les forces de l'ordre.

Les terroristes ont auparavant tiré sur des terrasses de cafés et de restaurants, causant des dizaines de morts, en trois autres lieux de l'est parisien.

Carte des attentats :

Procureur/AFP

Le passeport

Les kamikazes ont agi en 5 lieux différents dans l'est de Paris, plus la ville de Saint-Denis (au nord de Paris). Le passeport retrouvé par les forces de l'ordre près de l'un des kamikazes de Saint-Denis  est un passeport syrien. Il n'a pas été déterminé si ce passeport correspondait à l'identité du terroriste près duquel il a été retrouvé.

Ce passeport est celui d'un Syrien ayant transité le 3 octobre par la Grèce. Le possesseur du passeport a ensuite procédé à une demande d'asile en Serbie le 7 octobre. Des sources gouvernementales grecques indiquent qu'un second suspect est sans doute lui aussi passé par la Grèce.
 
L'Etat islamique est connu pour utiliser les passeports de [migrants] morts, selon les spécialistes.

Le terroriste français du Bataclan identifié

L'un des terroristes est un Français né en 1985 à Courcouronnes (Essonne), Omar Mostefaï. Omar Mostefaï — identifié au Bataclan grâce à l'un de ses doigts  — s'est radicalisé à à Chartres où il a vécu de 2005 à 2012.

Il aurait séjourné en Syrie entre 2013 et 2014, était connu des services de renseignements depuis 2010, faisant l'objet d'un signalement de type Fiche "S",  et fréquentait un petit groupe de salafistes. 7 personnes de l'entourage d'Omar Mostefaï, dont son père et son frère, ont été interpellées et sont entendues dans le cadre de l'enquête afin de déterminer leur complicité.

Les véhicules

Deux véhicules utilisés par les terroristes sont identifiés : une Polo et une Seat . La Seat noire a été retrouvée à Montreuil, avec 3 fusils d'assaut de type kalachnikovs à son bord.

La Polo grise immatriculée en Belgique avait été louée par un Français. Il est possible que les 3 personnes interpellées en Belgique, reliées à cette location aient pu être à Paris le vendredi soir. Elles n'étaient pas connues des services de renseignements.

Rappels du procureur de Paris

Le procureur de Paris lors de sa conférence de presse du samedi 14 novembre, a déclaré que les 7 terroristes étaient répartis en trois équipes coordonnées, toutes équipées des mêmes armes, des kalachnikovs, et des mêmes gilets explosifs. Les explosifs étaient composés de péroxyde d'azote. 6 terroristes sur les 7 se sont fait exploser, le septièpme a été tué par la police. Ce sont 6 attaques distinctes qui ont eu lieu dans la capitale française. Dans sa revendication, l'Etat islamique parle de 8 assaillants : si c'était le cas, cela signifierait que l'un des auteurs des massacres est peut-être encore vivant et en fuite.