Attentats Bruxelles : qui sont les suspects ?

Les trois suspects ayant certainement perpétrés les attentats dans l'aéroport et dans la station de métro de Bruxelles le 22 mars 2016. 
Les trois suspects ayant certainement perpétrés les attentats dans l'aéroport et dans la station de métro de Bruxelles le 22 mars 2016. 
capture d'écran

Deux jours après les attentats de Bruxelles, l'enquête progresse. Trois kamikazes ont été identifiés et deux suspects, toujours en fuite, sont recherchés par la police. Le point sur l'enquête. 

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>> Le point sur l'enquête en images :
enquête bruxelles 24 mars 2016
©D.Korkmarz, C.Harnoy /TV5MONDE

Petit à petit, le puzzle est reconstitué par les enquêteurs. Depuis mercredi 23 mars, la police belge a dévoilé l'identité de trois kamikazes ayant participé aux attentats de Bruxelles du 22 mars, qui ont fait 31 morts et 300 blessés. Deux complices seraient toujours en fuite et activement recherchés. 

Deux suspects recherchés

La police belge a indiqué à la presse, ce jeudi 24 mars, qu'elle recherchait un deuxième suspect lié à l'attentat du métro de Bruxelles. L'explosion a tué une vingtaine de personnes et fait plus de 100 blessés. Sur les images de vidéosurveillance, un homme portant un gros sac parle avec le kamikaze Kahlid El Bakraoui, mais ne monte pas avec lui dans la rame.

L'identité de ce complice, toujours en fuite, n'a pas été révélée par la police, tout comme celle d'un autre suspect, toujours en cavale, qui aurait participé à l'attentat contre l'aéroport de Zaventem.  

Il apparaît vêtu d'une veste claire et d'un bob, portant de larges lunettes, à droite sur la vidéosurveillance de l'aéroport. 

Cet homme non-identifié est arrivé avec les deux autres kamikazes sur les lieux de l'attentat. Il aurait déposé son sac qui "contenait la charge la plus importante"avant de s'enfuir, selon les précisions données par le  procureur lors d'une conférence de presse. Sa charge a explosé plus tard que prévu, "après l'arrivée du service de déminage", évitant un bilan encore plus lourd.

Ce suspect accompagnait deux kamikazes qui se sont fait exploser dans l'aéroport et dont les identités ont été révélées par la police, au cours de la journée d'hier, mercredi 23 mars. 

Trois kamikazes identifiés 

Mais ce sont tout d'abord les noms de deux frères belges qui ont été rendus public par la police à la mi-journée, mercredi 23 mars : Khalid et Ibrahim El Bakraoui.

L'aîné, Ibrahim, âgé de 29 ans, est l'un des deux kamikazes de l'aéroport. Il apparaît au centre de la photo de la vidéosurveillance de l'aéroport. Selon le procureur, il avait "des antécédents judiciaires non liés au terrorisme.
 


Avec les deux autres assaillants de l'aéroport, il aurait préparé l'attentat dans un appartement de Schaerbeek (Bruxelles). C'est au cours d'une perquisition dans ce logement, mercredi 23 mars, que la police a retrouvé un drapeau du groupe Etat islamique, "​15 kilos d'explosifs type TATP, 150 litres d'acétone, 30 litres d'eau oxygénée, des détonateurs, une valise remplie de vis." Et dans une poubelle, dans la rue près de l'appartement, un ordinateur a été retrouvé dans lequel avait été enregistré le testament d'Ibrahim. Le kamikaze y affirmait "ne plus savoir quoi faire."

Il y cite également "Mohamed Bakkali, interpellé le 26 novembre près de Verviers (à côté de Liège) dans le cadre de l’enquête belge sur les attentats de Paris", explique nos confrères du Monde qui ont pu interroger une source policière. 

Une controverse a enflé, mercredi en fin de journée, quand le président turc Recep Tayyip Erdogan a indiqué dans une conférence de presse qu'Ibrahim El Bakraoui avait été signalé comme "terroriste" et expulsé par Ankara. Le ministre belge de la justice, a affirmé qu'à ce moment-là "il n'était pas connu chez nous pour terrorisme".

Le frère cadet d'Ibrahim, Khalid El Bakraoui, 27 ans, a lui aussi été identifié mercredi 23 mars. Il s'est fait exploser dans une rame de métro à la station de Maelbeek à Bruxelles. 

Kahlid El Bakraoui, en photo sur le site d'Interpol. 
Kahlid El Bakraoui, en photo sur le site d'Interpol. 
capture d'écran/Interpol

Les deux frères seraient liés aux commandos de Paris. ​Condamné dans une affaire de grand banditisme, Khalid El Bakraoui aurait loué, sous une fausse identité, un appartement à Charleroi d'où sont partis les auteurs des attentats du 13 novembre à Paris.

C'est encore lui qui aurait loué l'appartement de Forest où une perquisition a dégénéré en fusillade la semaine dernière. Cette perquisition a accéléré la traque de Salah Abdeslam.

Arrêté, vendredi 18 mars par la police à Molenbeek après plus de 4 mois de traque, ce suspect clé des attentats de Paris souhaite maintenant "partir en France le plus vite possible". 

En fin de journée, mercredi 23 mars, la police a révélé l'identité d'un troisième kamikaze, lui aussi visible sur la vidéosurveillance de l'aéroport. A gauche, avec un pull noir, il s'agit de Najim Laachraoui. Lui aussi s'est fait exploser dans l'aéroport mardi 22 mars. 
 


Ce Bruxellois d'origine marocaine, âgé de 24 ans, a grandi à Schaerbeek, d'où il est parti en taxi avec deux autres assaillants pour l'aéroport.

Déjà recherché par la police, il est soupçonné d'être l'un des artificiers des attentats de Paris du 13 novembre. Son ADN a été retrouvé dans différentes habitations par lesquelles ont transité les commandos de Paris et de Saint-Denis, ainsi que sur des explosifs utilisés lors des attaques.  

Najim Laachraoui (alias Soufiane Kayal) était parti en Syrie en février 2013. Il avait été jugé par défaut en février dernier à Bruxelles au cours d'un procès sur une filière de recrutement de combattants pour la Syrie. Une peine d'à peine 15 ans de prison est requise à son encontre.

Le nom de Laachraoui atteste davantage du lien existant entre les commandos des attentats de Bruxelles et de Paris.