Au Kazakhstan, rebelles et régime syriens à la table des négociations

pourparlers syrie astana sujet
Commentaire de Pascale Bourgaux

Pour la première fois depuis le début de la guerre en Syrie, voici près de 6 ans, le régime syrien et les combattants rebelles se retrouvent ce lundi 23 janvier à Astana, capitale du Kazakhstan.

dans

Les pourparlers, qui doivent démarrer lundi en début d'après-midi, seront les premiers entre des émissaires de Bachar al-Assad et une délégation composée uniquement de rebelles combattants, les opposants politiques restant cette fois cantonnés à un rôle de conseillers. Ces négociations directes ont, dans un premier temps, un objectif modeste : renforcer le cessez-le-feu instauré le 30 décembre dernier et préparer les négociations sous l'égide de l'ONU prévues le 8 février à Genève. 

► Lire aussi : notre dossier sur la guerre en Syrie.

Qui est là ?

La délégation des rebelles syriens, arrivés ce dimanche matin à Astana pour de premiers pourparlers en face à face avec les représentants du régime de Damas, est menée par Mohammad Allouche. Il est accompagné d'une dizaine de chefs combattants dont Fares Bouyouch, de l'Armée d'Idleb, Hassan Ibrahim, du Front du Sud, et Mamoun Hajj Moussa, du groupe Suqour al-Cham. A l'origine composée de huit membres, la délégation rebelle a été élargie à un total de 14 représentants, auxquels s'ajoutent 21 conseillers.

Quant aux dix émissaires du régime, menés par l'ambassadeur syrien auprès de l'ONU Bachar Jaafari, ils ont quitté Damas ce dimanche.

Premier face-à-face

Les deux camps ont assuré que les discussions seraient avant tout centrées sur le renforcement d'une fragile trêve instaurée fin décembre sous le parrainage de la Russie, alliée de Bachar al-Assad, et de la Turquie, soutien des rebelles.

Les pourparlers d'Astana, également parrainés par l'Iran, fidèle allié de Damas, doivent se tenir à l'hôtel Rixos d'Astana, où les organisateurs installaient ce dimanche une unique grande table circulaire dans une opulente salle de conférence.

Les deux délégations se feront pour la première fois face dans une seule pièce, aux côtés de l'émissaire de l'ONU pour la Syrie, Staffan de Mistura. Les Occidentaux auront, eux, une présence à minima: les Etats-Unis, la France et la Grande-Bretagne seront représentés par leurs ambassadeurs. L'Union européenne aura également une présence officielle.

Jusqu'à présent, les pourparlers, notamment Genève I et II, ont tous échoué à mettre fin au conflit en Syrie qui a fait plus de 310 000 morts depuis 2011.