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Aung San Suu Kyi, une vie recluse

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Son portrait

Son portrait

L'opposante birmane a passé 13 des 19 dernières années en résidence surveillée, depuis que la junte militaire au pouvoir a refusé d'admettre sa victoire aux dernières élections organisées en Birmanie en 1990.


Commentaire de Bruno Faure
29 juillet 2008 - 2'08


19 juin 1945
Naissance de Aung San Suu Kyi à Rangoun. Son père est le general Aung San, l’un des principaux artisans de l’indépendance de la Birmanie (1947). Sa mère est diplomate et Suu Kyi sera élevée en Inde.

19 juillet 1947 - Mort de son père. Le père de Suu Kyi meurt assassiné avec une partie de son gouvernement, le premier à la tête de la Birmanie indépendante.

1969 - Etudes. Après avoir étudié la philosophie et sciences politiques à Oxford, elle entame un second cycle à New York et devient secrétaire-assistante du Comité des questions administratives et budgétaires des Nations unies.

1972 - Mariage. Aung San Suu Kyi épouse Michael Aris, un britannique qu’elle suit au Bhoutan et dont elle aura deux fils, Alexander et Kim.

1988 - Retour. Elle rentre en Birmanie pour soigner sa mère malade. La même année, le pouvoir en place se fissure : des manifestations populaires éclatent et le général Ne Win – à la tête du pays depuis 1962 - finit par démissionner. Une nouvelle junte militaire prend le pouvoir.

26 août 1988 - Premier discours. Aung San Suu Kyi fait ses premiers pas publics en politique en prononçant pour la première fois un discours devant des centaines de milliers de personnes pour réclamer un gouvernement démocratique.

27 septembre 1988 - Création de la LND. Fortement influencés par les idées de Martin Luther Kingv et de Gandhi, Aung San Suu Kyi et ses amis fondent la Ligue Nationale pour la Démocratie (LND) dont elle devient présidente. La LND adopte une politique de non-violence et désobéissance civile.

20 juillet 1989 - Première assignation à résidence. Le pouvoir s’inquiète de son influence et l’assigne à residence, ainsi que d’autres membres de la LND.

27 mai 1990 - Victoire de la LND. Les élections voient la victoire de la LND, qui remporte plus de 80% des voix, alors même que la plupart de ses chefs sont privés de liberté. Mais la junte annule les résultats et reste au pouvoir.


Juillet 1995 - Libération. Elle est libérée de sa détention surveillée mais si elle quitte le pays – notamment pour visiter son mari et ses enfants en Grande-Bretagne, la junte lui fait comprendre qu’elle ne pourra jamais revenir.

1999 - Décès de son mari. Son mari meurt du cancer sans qu’elle ait pu le revoir.

Septembre 2000 - Arrestation. Elle est mise en maison d’arrêt. Elle sera libérée le 6 mai 2002, après des négociations entre l’ONU et la junte.

Juin 2003 - En prison. Elle est à nouveau emprisonnée à Rangoun.

Septembre 2003 - Malade. Elle est transferée en maison d’arrêt suite à des soucis de santé.

28 novembre 2005 - Assignation prolongée. Son assignation à résidence dans sa demeure de Rangoun est prolongée de 6 mois en vertu de la loi de 1975 sur la protection de l’Etat.

27 mai 2006 - Assignation prolongée à nouveau. Son assignation à résidence est prolongée d’un an. En 2007 et en 2008, la junte prolongera à nouveau son assignation à résidence d’un an sans autre forme de procès.

22 septembre 2007 - "Révolte safran". Aung San Suu Kyi sort exceptionnellement pour saluer, en pleurs, des moines boudhistes qui manifestent contre le pouvoir.

4 et 5 mai 2009 - A la nage. John Yettaw, un mormon américain de 53 ans, réussi à gagner à la nage la maison de Aung San Suu Kyi dans laquelle il reste deux jours. Il explique avoir eu une vision selon laquelle elle allait être assassinée.

18 mai 2009 - Procès. Début du procès de Aung San Suu Kyi, John Yettaw ainsi que les deux dames de compagnies de Suu Kyi. L’opposante est accusée d’avoir violé les règles de son assignation à résidence. Elle risque cinq ans de prison, ce qui l’écarterait de la scène politique pour les élections prévues en 2010.

De nombreux prix internationaux

Aung San Suu Kyi a reçu en tout 21 récompenses.


1990
: Prix Sakharov pour la liberté de pensée (Parlement européen)

1991 : Prix Nobel de la paix

1992 : Prix international Simon Bolivar (UNESCO)

1993 : Prix international des droits de l'homme Victor Jara (Etats-Unis)

1995 : Prix Gandhi (Canada)

2005 : Prix Olof Palme

Des soutiens multiples

57 dirigeants et ex dirigeants politiques (Bill Clinton, Benazir Bhutto, jimmy Carter, Jacques Delors...) ont adressé en mai 2007 une lettre au chef de la junte birmane pour demander sa libération.

En 2008, 112 anciens dirigeants ont exhorté le secrétaire général de l'ONU à agir pour sa libération.

Le groupe de rock U2 lui a dédié sa chanson Walk On.

Le cinéaste John Boorman a réalisé un film sur sa vie, Au-delà de Rangoun en 1995.

Les MTV Europe Music Awards lui ont décerné le prix Free your mind en 2003.

Le magazine Forbes la classe 71ème femme la plus puissante du monde en 2008.

Beaucoup d'artistes la soutiennent comme Coldplay, Jane Birkin, R.E.M, Jim Carrey.