Le rap « Sallie Mae back », nouvel hymne des étudiants américains endettés?

video dee 1

Pas facile de rembourser un prêt étudiant ! Le rappeur américain Dee-1 en a fait une chanson qui cartonne sur Internet. « Sallie Mae back » a trouvé un large écho auprès des jeunes Américains, qui croulent sous les dettes à la fin de leurs études. 

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« Frais scolaires exigés, logement et repas en plus/J’ai dû payer les livres, alors j’ai pris des prêts pour vivre/ Diplômé, je gagnais pas assez pour les rembourser/ J’étais dans le rouge, j’ai explosé mon crédit, vérifié mon Equifax/J’en suis pas fier, je vais pas sombrer là-dedans. »
 
Mais finalement Dee-1, un rappeur américain de 27 ans originaire de Nouvelle Orléans, a fini par s'en sortir. Il a remboursé l’intégralité du prêt étudiant qu’il avait contracté auprès de l’entreprise Sallie Mae. 
 
David Augustine Jr., de son vrai nom, est diplômé de l’université de Louisiane depuis 2009. Après avoir passé deux ans à enseigner les maths dans un collège, il revient à ses premières amours : la musique. S’il a finalement pu solder ses comptes, c’est grâce à l’argent perçu à la signature d’un album de musique en 2014. 

"Un hymne festif" pour les étudiants endettés

Depuis, il en a fait un chanson au refrain entêtant « J’ai fini par rembourser Sallie Mae », dont le clip posté sur son compte Facebook a dépassé le million de vues.  

« Je voulais rendre ça drôle, en faire un hymne festif pour motiver les gens », confie le rappeur au quotidien américain The Washington Post. Il raconte aussi au site Internet nola.com : « Je voulais donner [aux gens] de l'espoir et quelque chose vers lequel tendre, être cette lumière au bout du tunnel. »
 


["C'est terriblement bon. #nouveaurêveaméricain = #rembourserSalliemae ", réagit une internaute sur Twitter.] 

["ça pourrait être l'hymne de notre génération sauf que personne n'a jamais fini de rembourser Sallie Mae", raconte une autre. ]
 

Vis ma vie d'étudiant endetté

Dans sa vidéo, il raconte ses difficultés d’étudiant à rembourser ses dettes en multipliant les petits boulots pour payer le minimum à chaque mensualité, en subissant le harcèlement téléphonique de l’organisme de crédit ; et puis vient la libération, la joie une fois que tout est finalement remboursé.

Ironie de cette histoire, l'organisme de crédit Sallie Mae n'a pas hésité à laisser un commentaire enjoué sur la page Facebook du rappeur : « On aime, on aime, on aime l’accroche. Félicitations pour votre succès. »

Réaction de l'organisme de crédit et d'un internaute au clip de Dee-1
Réaction de l'organisme de crédit et d'un internaute au clip de Dee-1

Un internaute n’a pas manqué d'y répondre avec sarcasme : « Sallie Mae, Je ne vais probablement pas signer pour un disque, sans doute parce que je chante comme Rihanna sans sa musique, alors pourriez-vous m’aider à vous rembourser? Ou non ? »

Si cette chanson rencontre un tel succès aux Etats-Unis, c’est qu’elle fait écho à la situation de 40 millions d’étudiants américains, qui ont contracté plus de 1 200 milliards de dollars d’emprunts à l'échelle nationale pour poursuivre leurs études supérieures. 
 

30 000 $ de frais de scolarité

Les sommes folles atteintes par l’endettement étudiant sont dues à l’explosion des coûts de scolarité aux Etats-Unis. En moyenne, un étudiant débourse 30 000 $ pour poursuivre ses études supérieures à l’université. Pour les parents, et selon certaines études, c'est la clé pour trouver plus facilement un emploi et un meilleur salaire. 
 
Même la première Dame, Michelle Obama s’était fendue en décembre 2015 d’un clip avec l’acteur Jay Pharoah pour inciter les lycéens à entrer à l’université : 

Dans le clip du rappeur Dee-1, on y voit qu’une future officier de police doit débourser 42 900 $ pour ses études, un infirmière plus de 63 000 $, un coiffeur plus de 35 000$ et un médecin… près de 216 000 $. Des endettement parfois colossaux qui poussent les jeunes actifs à repousser l’achat d’une maison, le mariage ou la venue d’un bébé. 

Alors que le Washington Post qualifie la chanson « Sallie Mae back » d’« hymne d’une génération », l’artiste Dee-1 espère tout de même que son prêt ne continuera pas de lui coller à la peau. A moins que la chanson ne figure sur son prochain album...