Avec Ernest, l'aide alimentaire vient en mangeant

©Avec Ernest

Jusqu’au 3 mai, dix-sept restaurants de l’est parisien participent à la première campagne d’Ernest : un réseau de consommation solidaire local centré sur l’alimentation. Son objectif ? Aider deux associations de distribution alimentaire. 

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Le rendez-vous était donné au Café Léonard, une brasserie du 3ème arrondissement de Paris participant à l’opération de l'association Ernest. Eva Jaurena en est la présidente et cofondatrice. Pendant un an et demi, elle et la douzaine de bénévoles de l'organisation ont préparé leur première campagne. Leur but : "mettre en relation des restaurateurs et des associations qui luttent contre la précarité alimentaire dans un secteur géographique défini". La formule fonctionne à plein régime.

Dix-sept restaurateurs "solidaires" de l’est parisien (2ème, 3ème, 10ème, 11ème, 19ème, 20ème et Montreuil) proposent à leur clientèle une majoration de quelques centimes sur un plat, un menu, un café ou l’addition. La somme collectée par Ernest est ensuite reversée à deux associations de distribution alimentaire locales des 19ème et 20ème arrondissement de Paris.
 
Dès le premier mois de campagne, qui a débuté en février, Ernest avait déjà récolté 3500 euros, soit près de la moitié de l’objectif fixé (8000 euros). "Une vraie réussite, puisque les restaurateurs sont ravis et les clients répondent présents", explique fièrement la présidente d’Ernest.

On n’a pas besoin d’aller très loin pour trouver des gens démunis et dans la précarité.

Eva Jaurena

L’enjeu du projet est de démontrer l’exercice du "lien social sectorisé", donc d’aider concrètement ses voisins. "On n’a pas besoin d’aller très loin pour trouver des gens démunis et dans la précarité. Quelle meilleure façon de le prouver qu’en s’imposant des frontières ?" souligne la présidente. Les donateurs et les bénéficiaires de l’opération Ernest vivent effectivement dans le même quartier.

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©Avec Ernest

Pour Eva Jaurena, le lien entre la nature du don et la nature de l’aide apportée est primordial. On finance de l’alimentation avec de l’alimentation. Et chez Ernest, tout est toujours une question de visages. "L’association est un mouvement de personnes qui aident d’autres personnes. C’est une histoire d’humains, tout simplement."

Des "engagés citoyens"

Ernest c’est avant tout une équipe de copains, tous nés entre 1987 et 1989 et ayant en commun l’amour du "bien manger", renforcée par quelques personnes de la "génération de leurs parents". Des "engagés citoyens" qui ne ressentent pas le besoin de militer ou de revendiquer leurs actions. Tout ce qu’ils souhaitent, c’est aider ceux qui vivent près de chez eux et qui ne mangent sans doute pas à leur faim.

Parce qu’ils ne s’arrêtent jamais, les jeunes de la bande d’Ernest planchent déjà sur leurs prochains projets qui débuteront dès la rentrée de septembre. Le premier se fera à Paris, mais uniquement dans deux arrondissements. En collaboration avec les mairies et les centres d’action sociale, ils étudient la distribution gratuite de paniers de légumes bios pour les personnes inscrites aux minimas sociaux. La seconde, se déroulera à Toulouse. Elle fonctionnera d’après le même schéma que la première campagne parisienne pour financer des associations d’aide alimentaire locales.

Perspectives

Tout juste rentrée de trois jours dans la Ville Rose, Eva Jaurena confie avoir reçu un accueil incroyable et très chaleureux de la part des Toulousains. Elle est convaincue que la philosophie et la convivialité du Sud-Ouest collera parfaitement avec l'état d'esprit d'Ernest.

L’association veut continuer à aider les gens sur le long terme. Au-delà du "financement d’un repas par la consommation d’un autre", elle souhaite essayer d’apporter des solutions aux difficultés quotidiennes des associations qu'elle soutient. "Il leur est souvent difficile d’adresser les frais du quotidien, comme par exemple le paiement du carburant pour assurer les collectes et les distributions". Une vraie problématique du monde associatif.

Ambitieux et plein de bonne volonté, Ernest réfléchit aussi au financement de l’insertion à travers des activités économiques toujours liées au domaine culinaire. Une chose est sûre : étant donné sa motivation et sa générosité, personne ne peut douter de la longévité du bonhomme.

Les deux associations bénéficiaires de la première campagne parisienne :

  • L’un est l’autre dans le 19ème arrondissement,
  • La main de l’autre dans le 20ème arrondissement.

Retrouvez la liste des 17 restaurants de l’est parisien qui participent au projet Ernest.

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