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Bangladesh : un humanitaire français libéré après 70 jours de détention

Photo de la campagne de mobilisation réclamant la libération de Moussa Ibn Yacoub, sur les réseaux sociaux.
Photo de la campagne de mobilisation réclamant la libération de Moussa Ibn Yacoub, sur les réseaux sociaux.
©captured'écranBarakacity

Moussa Ibn Yacoub a été libéré mardi 1er mars, au Bangladesh. Cet humanitaire français de 28 ans était venu apporter son aide à la minorité Rohingya dans le cadre d'une mission au sein de l'ONG Baraka city. Il était incarcéré pour "activités suspectes" depuis le 22 décembre.

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Son premier geste sera pour sa famille. Moussa Ibn Yacoub a pu appeller ses proches au téléphone, peu après avoir recouvré la liberté.

L'humanitaire de l'ONG musulmanne Baraka City a été incarcéré pendant 70 jours au Bangladesh. Sa libération a été annoncée via la page Facebook de l'ONG, photo à l'appui (il y figure à droite).

 

©captured'écranpagefacebookBarakacity


«Il n'a pour le moment pas encore la possibilité de sortir du territoire, notre équipe, présente depuis 1 mois, continue de se battre pour le ramener en France le plus rapidement possible», écrit l'association.

Moussa Ibn Yacob était venu au Bangladesh pour aider les Rohingyas, une minorité musulmane venue de Birmanie où elle est persécutée.

Le 22 décembre, il est arrêté au Bangladesh pour «activités suspectes», un délit passible de «dix ans d’emprisonnement». Selon Samim Bolaky, l’avocat de cette association née il y a cinq ans pour mettre «l’islam au service de l’humanitaire», Moussa, 28 ans, est suspecté d’«utilisation de fausse identité» : son nom d’usage, Moussa Ibn Yacoub, adopté lors de sa conversion à l’islam, diffère de celui figurant sur ses papiers officiels, Puemo Tchantchuing.
La justice bangladaise lui reproche également de ne pas s’être déclaré aux autorités.

Voici les derniers propos qu'il avait alors pu tenir via Facebook avec son ONG, avant d'être incarcéré.

Mobilisation sur Twitter

Depuis décembre, les soutiens s'étaient multipliés sur les réseaux sociaux derrière le mot dièse #Freemoussa. Baraka City avait lancé une pétition en ligne qui avait recueilli plus de 430 000 signatures.

Depuis son arrestation, l'ONG dénonçait le manque de réaction et de mobilisation de la part des autorités françaises. L'ambassade de France à Dacca avait publié ce communiqué, confirmant sa détention "l'ambassade de France apporte à Moussa Ibn Yacoub la protection consulaire habituelle".

Baraka city, ONG controversée


Fondée il y a 5 ans, par des musulmans au profil salafiste, l’association Baraka City organise des campagnes de dons qui drainent plusieurs millions d’euros. Son compte Facebook est suivi par plus de 650 000 personnes.

Cette organisation suscite la controverse en raison des idées conservatrices revendiquées par son fondateur, le salafiste Idriss Sihamedi, et de son positionnement en tant que « média de ré-information » pour les jeunes musulmans, indique une enquête de Streetpress. Accusée de tenir un discours intégriste, voire de financer le terrorisme, l’ONG a fait l'objet de plusieurs perquisitions au cours de ces derniers mois, et son compte bancaire a été bloqué à plusieurs reprises. Son siège se situe à Montreuil-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), près de Paris.

Comme le précise un article du Monde,  Idriss Sihamedi, est au coeur d'une polémique depuis son passage dans une émission de télévision, au cours de laquelle il avait refusé de condamner sans ambiguïté les attentats commis en France par le groupe Etat islamique (EI). La ministre française de l'éducation, Najat Vallaud-Belkacem avait été pointée du doigt (article du Point) pour ne pas avoir réagi à ces déclarations, alors qu'elle était également invitée dans cette émission.