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Belgique : le décès de Fabiola

La reine Fabiola est décédée ce vendredi 5 décembre. - NICOLAS MAETERLINCK - BELGA
La reine Fabiola est décédée ce vendredi 5 décembre. - NICOLAS MAETERLINCK - BELGA

La reine Fabiola est morte vendredi 5/12 à l'âge de 86 ans, à Bruxelles. Elle était la veuve du roi Baudouin, décédé en 1993, et la tante de Philippe, actuel souverain de Belgique.

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"Leurs Majestés le Roi et la Reine et les Membres de la Famille Royale annoncent avec une très grande tristesse le décès de Sa Majesté la Reine Fabiola, survenu ce soir au Château du Stuyvenberg à Bruxelles", a annoncé vendredi le Palais dans un communiqué.
Elle avait été déjà hospitalisée en 2009 en raison d'une broncho-pneumonie.
En juillet 2013, elle avait assisté à la passation de pouvoir entre son beau-frère, le roi Albert II, qui avait succédé à Baudouin, et son neveu Philippe, dont elle était proche.
 
Née Dona Fabiola de Mora y Aragon le 11 juin 1928 à Madrid, dans une famille de la noblesse espagnole, la cinquième reine des Belges s'était faite discrète depuis 20 ans, dans l'ombre du roi Albert et de son épouse, la reine Paola, avec qui l'entente n'était pas parfaite.
Les années venant une arthrose l'avait contrainte à s'appuyer sur une canne puis à se déplacer en fauteuil roulant, ses apparitions devenant alors de plus en plus rares.
Alors que beaucoup prévoyaient qu'elle se retire dans un couvent ou retourne dans son Espagne natale après la mort de Baudouin, Fabiola était restée en Belgique, pays qui l'avait accueillie les bras ouverts en 1959 lors de l'annonce, inattendue, de son mariage avec Baudouin. Un jeune roi triste à qui elle rendit le sourire.
 
- Philanthrope -
 
C'est à Lourdes (France) que Baudouin aurait demandé la main de Fabiola, adepte du Renouveau charismatique et issue du catholicisme ibérique le plus pur. Fabiola "est choisie par la très sainte Vierge pour devenir ma femme", écrira le souverain.
L'union est scellée en décembre 1960 et, après le mariage, la jeune reine se bat, parfois avec acharnement, pour limiter l'influence sur Baudouin de son père, le roi Léopold III, qui avait abdiqué en 1950, et de son épouse, la princesse Lilian.
Cette reine très catholique avait marqué les esprits du monde entier en assistant aux obsèques du roi Baudouin en 1993 tout de blanc vêtue, signe d'espoir.
La grande "souffrance" du couple, selon les mots du souverain, fut de n'avoir jamais eu d'enfants. "Mais nous avons compris que notre cœur était plus libre pour aimer les enfants, absolument tous".
Une profession de foi qui peut expliquer le refus de Baudouin, en 1990, de signer la loi autorisant l'avortement parce qu'elle ne respectait pas les droits des enfants à naître, estime le chroniqueur monarchique Christian Laporte.
Pour autant, Baudouin ne s'est pas laissé influencer par son épouse, contrairement à ce qu'avaient suggéré des responsables socialistes et libéraux, estime M. Laporte.
"Attentive aux déshérités ou défavorisés, elle mène une action philanthropique soutenue et on la nomme, avec une pointe d'ironie la +première assistante sociale de Belgique+ ou +la reine des cœurs+", écrit l'écrivain Patrick Rogiers.
 

Ses biographes ont relevé que cette femme qui aimait parler et prier, se passionnait pour les chapeaux et ne dédaignait pas un verre de Pomerol, était dotée d'un grand sens de l'humour. Lors de la fête nationale le 21 juillet 2009, elle avait exhibé une pomme, défiant avec humour l'auteur d'une lettre anonyme la menaçant de l'assassiner avec une arbalète pendant le défilé, en allusion à Guillaume Tell.
Début 2013, elle s'est retrouvée au cœur d'une polémique, écornant son image et affaiblissant une monarchie belge contestée notamment en Flandre, lorsque la presse a révélé qu'elle avait créé une "fondation privée" destinée à aider ses neveux et nièces et des œuvres culturelles ou sociales promouvant ses convictions catholique.
La reine s'est défendue d'avoir jamais eu l'intention d'utiliser de l'argent public pour aider ses proches ou de ne pas s'acquitter de l'impôt, mais, face au tollé, le gouvernement a réduit de 500.000 euros sa dotation annuelle, la limitant à 900.000 euros.
Se disant "profondément atteinte" par les critiques, la reine s'était résolue à dissoudre sa fondation et avait par la suite limité encore plus ses sorties publiques.
En raison de ses problèmes de santé, elle avait renoncé fin 2013 au "haut patronage" du prestigieux Concours musical reine Elisabeth de Bruxelles, dont elle suivait assidûment les sessions depuis 1965


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