Belgique : plus de 100 000 manifestants à Bruxelles

(@RTBF)
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La mobilisation sociale contre les mesures du gouvernement Michel a été très importante ce jeudi 6 novembre. Plus de 100 000 manifestants, d'après la police, ont défilé depuis midi en front commun dans les rues de Bruxelles. Les syndicats estiment la participation à 120 000 personnes, et demandent la reprise du dialogue social. Des incidents se sont produits entre policiers et manifestants dans le quartier de la gare du Midi.

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Les estimations des syndicats, qui ont organisé cette marche avec des partis de gauche et des associations, divergeaient encore en milieu de journée, certains évoquant jusqu'à 130 000 participants. Plusieurs d'entre eux ont salué une mobilisation "historique", dépassant largement les dernières manifestations nationales contre l'austérité, en 2011 et 2013.
                 
Des dizaines de milliers de personnes, vêtues de chasubles rouges, vertes et bleues, les couleurs des trois grands syndicats belges, ont défilé sur les boulevards du centre-ville au son des sifflets et de très nombreux pétards. De nombreuses industries tournaient au ralenti, notamment dans la sidérurgie et aux ports d'Anvers et de Zeebruges, à la poste ou encore dans l'enseignement.
                 
"Il faut faire des efforts, c'est évident, mais le cocktail de mesures proposées par le gouvernement est particulièrement injuste. En effet, les grandes entreprises et les détenteurs de capitaux ne participent pas à la solidarité. Par contre, on diminue les salaires, on diminue les pensions et on touche à sécurité sociale", a estimé la chef de file des socialistes, Laurette Onkelinx, en tête de cortège. "Le pouvoir d'achat sera mis à mal, tant pour les travailleurs que pour les allocataires sociaux et les petits indépendants", a insisté Marc Goblet, le secrétaire général du syndicat FGTB.
                 
Un conseil des ministres restreint devait se réunir jeudi soir et les trois principaux syndicats y ont été conviés.
                 
Cette manifestation est un prélude à la contre-offensive annoncée par les syndicats aux réformes économiques et sociales, soit 11 milliards d'euros d'économies, prévus par Charles Michel, à la tête d'une coalition de droite inédite composée avec les nationalistes flamands de la N-VA.


Grève générale annoncée
                 
Des grèves tournantes sont prévues dans les provinces au cours des prochaines semaines, avant une grève générale le 15 décembre dans l'ensemble du royaume.

Les syndicats, mais aussi les partis socialistes et écologistes ou d'extrême gauche, dans l'opposition, dénoncent en particulier la décision de procéder à un "saut d'index" en 2015, qui aura pour conséquence que les salaires et les allocations sociales ne suivront pas automatiquement l'augmentation du coût de la vie, comme c'est en principe le cas en Belgique. L'autre grande pomme de discorde est le report de l'âge de la retraite à 67 ans à partir de 2030, contre 65 ans actuellement.
                 
"Je suis quotidiennement avec une classe de 25 élèves et je ne me vois vraiment pas continuer jusqu'à 66, 67 ans, voire plus. En plus je prends la place des jeunes qui n'ont pas de travail", a expliqué dans le cortège Anne Piana, 55 ans, institutrice dans une école maternelle. "Encore 17 ans, c'est trop", estime pour sa part un directeur d'école en Flandre, Ralph Lauwmans, 50 ans. Des mesures d'économie touchent par ailleurs des secteurs spécifiques comme la culture, la fonction publique ou la recherche scientifique.
                 
Charles Michel, qui a prêté serment début octobre, gouverne à la tête d'une coalition composée d'un seul parti francophone, le Mouvement Réformateur (MR-libéral) et de trois partis néerlandophones de droite, dont la N-VA, a déclaré vouloir un gouvernement "qui rassemble" et faire de "l'emploi (sa) première priorité".
                 
Près de la gare du Midi, point final du cortège, un face-à-face tendu opposait quelques centaines de manifestants, dont des dockers d'Anvers, qui ont lancé des fusées, et la police, qui a répliqué avec des gaz lacrymogène et de puissants jets d'eau.
Forte tension entre manifestants et policiers (@RTBF)
Forte tension entre manifestants et policiers (@RTBF)