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Belgique : manifestation monstre contre l’austérité

Bruxelles, le 7 octobre 2015<br />
<sub>(AP Photo/Virginia Mayo)</sub>
Bruxelles, le 7 octobre 2015
(AP Photo/Virginia Mayo)

Près de 100 000 manifestants ont défilé mercredi dans les rues de Bruxelles contre les mesures d'austérité du gouvernement de droite. Un nouveau succès en terme de mobilisation, pour un mouvement jusqu’à présent sans résultats.

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"Rien que des miettes pour nous". Autour de ce mot d’ordre, des drapeaux rouges et des pancartes montrant des assiettes avec des miettes. Ils étaient plus de 100 000 manifestants ce 7 octobre dans les rues de Bruxelles, selon le front commun syndical, à l’origine de la marche, 80.000 selon la police. Un des plus importants défilés, en tout cas de ces dernières années en Belgique (10 millions d’habitants), assez proche de celui, historique, qui avait réuni l’an dernier 120 000 personnes contre l’austérité mise en place par le gouvernement de droite de Charles Michel.

Une heureuse surprise pour les organisateurs qui craignaient une moindre mobilisation, n’ayant pas obtenu grand chose jusqu’à présent. Le relèvement de l'âge de la retraite à 66 ans en 2025 et 67 ans en 2030, contre 65 ans actuellement, a même été définitivement approuvé en juillet malgré leur mécontentement.

« Le fossé entre les riches et les pauvres a explosé avec la crise », explique à l'AFP un manifestant, Ludo, assistant social de 26 ans. « Cela devient catastrophique, c'est de la survie. Il faut travailler plus pour gagner moins, c'est toujours la politique qui s'engraisse », renchérit Sylvie, une jardinière. « Il ne faut pas être surpris, quand on met tout le monde dans la misère, qu'il y ait de la colère », lance Filip de Bodt, travailleur socio-culturel de 52 ans, originaire de Herzele, portant le drapeau rouge d'un syndicat flamand.

Incidents en fin de manifestation du 7 octobre à Bruxelles<br />
<sub>(AP Photo/Virginia Mayo)</sub>
Incidents en fin de manifestation du 7 octobre à Bruxelles
(AP Photo/Virginia Mayo)

A l'arrivée du cortège près de la gare du Midi, des affrontements ont éclaté avec un groupe d'obédience anarchiste qui s'était inflitré dans la manifestation, selon la police. Des membres de ce groupe ont lancé des projectiles sur la police, imités par quelques manifestants. Les policiers ont répliqué avec des canons à eau et des gaz lacrymogènes. Au total, la police a recensé quatre blessés dans ses rangs, et huit chez les manifestants. Elle a procédé au total à 17 arrestations, selon un communiqué.

La protestation sociale ne s'arrêtera pas là. Vendredi est prévue une grève nationale dans les chemins de fer. Le service des trains à grande vitesse Thalys sera interrompu de jeudi soir à vendredi soir a annoncé l'entreprise mercredi en appelant ses clients concernés à reporter leurs déplacements. Après une quinzaine de grèves et manifestations – réussies, dans l’ensemble – la stratégie du mouvement confronté à l’intransigeance gouvernementale ne s’en trouve pas moins en question.