Ben Laden, le chef terroriste d'Al Qaïda est mort

"Justice est faite !". C'est par ces mots que le président Barack Obama a annoncé, lundi 2 mai 2011 à 4 h GMT, qu'un commando américain avait tué le terroriste Ben Laden, au Pakistan, aidé par les services secrets de ce pays. La nouvelle était cependant déjà connue une heure auparavant.

Des explosions de joie ont éclaté devant la Maison Blanche et à travers tous les États-Unis, pour saluer la mort du chef d'Al Qaïda, auteur des attentats du 11 septembre 2011 aux États-Unis, et de quelques autres depuis à travers le monde.

Son corps mutilé a été immergé en mer, sans autre forme de procès ou de sommation.

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Ben Laden, du financier islamiste à l'instigateur du djihad anti-américain

Le chef du réseau terroriste Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, dont Barack Obama a annoncé la mort, était l'homme le plus recherché du monde depuis dix ans et les attentats du 11-Septembre dont il fut le cerveau.

Fils d'une riche famille saoudienne, Oussama Ben Laden s'est forgé un destin de financier islamiste et combattant antisoviétique en Afghanistan, avant de se radicaliser pour devenir l'inspirateur d'un djihad mondial anti-occidental.
Rien ne prédisposait le douzième enfant du magnat du bâtiment Mohammed Ben Laden, immigré yéménite devenu richissime, à devenir un révolutionnaire et l'homme le plus recherché du monde, haï par les uns, adulé et respecté par les autres.


Né à Ryad en 1957 (la date exacte n'est pas confirmée), Oussama Ben Laden étudie le génie civil et le commerce à la prestigieuse université King Abdul Aziz de Djeddah, au sein de laquelle il se lie dès 1973 à des groupes islamistes.
Ses amis de l'époque décrivent un jeune homme pieux, réservé, assidu dans l'étude des textes principaux du wahabisme, forme rigoriste de l'islam sunnite en vigueur dans son pays.


Son parcours semble tout tracé: intégrer le groupe familial et ses multiples filiales. Mais, après l'invasion de l'Afghanistan par les troupes de Moscou en 1979, il répond à l'appel du djihad, extrêmement populaire en Arabie Saoudite et dans tous les pays du Golfe à cette époque.
Avec la bénédiction des autorités saoudiennes, il entreprend d'organiser le soutien logistique aux moudjahidines afghans. Il sillonne la péninsule arabique pour y lever des fonds et s'installe à Peshawar, base arrière au Pakistan de la guérilla antisoviétique, où il rencontre celui qui deviendra son mentor, le palestinien Abdullah Azzam, l'un des principaux organisateurs de la résistance antisoviétique.
Les volontaires, arabes pour la plupart, affluent. Ben Laden les accueille, les encadre, et élabore pour cela une base de données qui se transformera au fil des ans en une organisation, Al-Qaïda ("la base").
Il lutte contre les Soviétiques (bien que très rarement les armes à la main) avec l'aide indirecte de la CIA, qui fait transiter ses subsides par l'intermédiaire des services secrets pakistanais.
Après la déroute russe, en 1989, il rentre en héros dans son pays, où il multiplie les conférences, dans les mosquées et les écoles, sur les succès du djihad.


Après l'attaque du Koweït par l'armée irakienne, il propose au roi Fahd de bouter l'envahisseur hors de la péninsule avec l'aide de sa "légion islamique" d'anciens de l'Afghanistan. Le souverain saoudien refuse: Oussama Ben Laden s'estime trahi, estimant que le sol sacré de son pays est souillé par la présence de milliers de soldats américains.
En 1992, Ryad, inquiet de ses critiques et de son soutien à l'opposition, lui retire son passeport. Il s'installe au Soudan, avec la bénédiction des autorités de Khartoum.


Les renseignements américains le soupçonnent de financer des camps d'entraînement terroristes. Sa nationalité saoudienne lui est retirée en 1994, après la publication de "fatwas" dénonçant les Etats-Unis et la famille royale saoudienne.
En 1996, le Soudan, soumis à des pressions internationales, lui demande de partir. Il refait surface avec hommes, armes et bagages en Afghanistan, d'où il lance de nouveaux appels anti-américains, de plus en plus radicaux, juste avant la prise du pouvoir à Kaboul par les talibans.
Ben Laden y met en place des camps d'entraînement terroristes qui attirent des milliers d'hommes venus du monde musulman et planifie une série d'attaques meurtrières qui l'élèvent au rang d'ennemi public numéro 1 aux Etats-Unis.
Ses attentats les plus spectaculaires, avant ceux du 11 septembre 2001, ont lieu en août 1998, lorsque des véhicules piégés frappent simultanément les ambassades américaines en Tanzanie et au Kenya (224 morts).
Après l'effondrement du World Trade Center, les Etats-Unis lancent une vaste traque pour retrouver le chef d'Al-Qaïda. Ils offrent 25 millions de dollars, plus tard 50, pour toute information permettant sa capture.


Ben Laden, qui échappe fin 2001 à l'intervention des troupes américaines en Afghanistan, est localisé pour la dernière fois par des témoins en novembre 2001 à Kandahar dans le sud afghan.
Les services de renseignements régionaux ou occidentaux ont longtemps estimé qu'il se cache dans la zone bordant la frontière entre l'Afghanistan et le Pakistan. Mais les spécialistes confessaient en privé qu'ils n'avaient aucune piste sérieuse.

La Une du Devoir (Québec) annonçant la mort de Ben Laden


La Une du New York Times du 2 mai 2011, annonçant la mort de Ben Laden : “Justice a été faite.“