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Birmanie - Mobilisation internationale

La chanteuse Jane Birkin pendant le festival de Cannes en mai 2008, entourée d'une délégation de moines birmans.
La chanteuse Jane Birkin pendant le festival de Cannes en mai 2008, entourée d'une délégation de moines birmans.
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Nations Unies : une déclaration édulcorée

Nations Unies : une déclaration édulcorée

Le conseil de sécurité des Nations Unis a adopté une déclaration sans contrainte, la Chine et la Russie ayant modifié la proposition initiale venant des États-Unis.

La correspondance de Philippe Bolopion à New York - TV5 Monde
14 août 2009 - 1'50


Manifestations de soutien à Aung San Suu Kyi

Manifestations de soutien à Aung San Suu Kyi

Dans le monde, les manifestations contre le verdict condamnant Aung San Suu Kyi à 18 mois d'assignation à résidence se multiplient : en Thaïlande, Corée du Sud, Philippines, Japon.

À Paris, plusieurs dizaines de personnes se sont réunies devant l'ambassade de Birmanie à l'appel d'Info Birmanie et de la chanteuse Jane Birkin.

Reportage TV5 Monde
Anne Verdaguer - Ivana Youricha

12 août 2009 - 1'36


“C'est un scandale de mettre cette femme en prison“

“C'est un scandale de mettre cette femme en prison“

Entretien avec Jane Birkin qui milite avec Info-Birmanie pour la libération de Aung San Suu kyi

Journal TV5 Monde
19 mai 2005 - 4'14

“L'opposition a été décapitée“

Entretien avec Isabelle Dubuis, coordinatrice de l'association Info Birmanie à Paris.

Isabelle Dubuis prenant la parole aux côtés d'Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris, en mai dernier.
Isabelle Dubuis prenant la parole aux côtés d'Anne Hidalgo, adjointe au maire de Paris, en mai dernier.


Qu'espérez-vous de la justice birmane ?

Nous sommes assez pessimistes. La Birmanie est tout sauf un État de droit. Le procès contre les opposants politiques se déroulent toujours de la même façon avec un verdict écrit à l'avance. Toutefois, nous avons une petite pointe d'optimisme. Depuis deux mois, la communauté internationale exerce une forte pression sur la junte militaire.


Le verdict risque d'être reporté une deuxième fois. Cela révèle-t-il des divisions au sein de la junte ?

Des distensions sont sans doute apparues au plus haut niveau du régime. Au début, le procès allait très vite. La défense se plaignait de ne pas pouvoir développer ses arguments. Mais depuis fin mai, ça traîne en longueur. On a l'impression que les généraux birmans attendent qu'un événement international survienne pour faire oublier ce procès. Je crois qu'ils n'ont pas mesuré la cote de popularité dont bénéficie Aung San Suu Kyi à l'étranger.

Depuis novembre, des dizaines d'opposants politiques ont été jugés sans que la communauté internationale ne réagisse. Les généraux ne s'attendaient pas à une telle focalisation sur le procès de Aung San Suu Kyi. Aujourd'hui, ils ne savent plus quelle décision prendre. Je pense que leur objectif est de réussir à écarter Aung San Suu Kyi des élections de 2010 sans provoquer une levée de boucliers.


Quel est aujourd'hui l'état de santé d'Aung San Suu Kyi ?

Son état médical est plutôt bon. On était très inquiet il y a quelques mois. Elle avait été placée sous perfusion pour des problèmes de tension. Aujourd'hui, nous n'avons pas d'inquiétude majeure pour sa santé. Son médecin personnel a le droit de lui rendre visite. Mais c'est tout de même une dame de 64 ans qui a connu des années d'incarcération.


Depuis la "révolte Safran "menée par les moines en septembre 2007, où en est l'opposition en Birmanie ?

L'opposition a été décapitée. Depuis la "révolte Safran", le nombre de détenus politiques est passé de 1200 à 2500. Il a plus que doublé. Certains sont en prison, d'autres dans des camps de travail. Ils sont généralement envoyés très loin de leur ville et leur famille. Or, en Birmanie, ce sont les familles qui apportent la nourriture et les médicaments aux détenus. Parfois, la junte procède à des amnisties. Mais elle arrête beaucoup plus d'opposants qu'elle n'en libère.

Au-delà de l'opposition, la junte doit aussi faire face aux différents groupes ethniques qui vivent dans les zones frontalières. Des accords de cessez-le-feu avaient été signés aux début des années 90 sans que les armes soient déposées. Or, aujourd'hui, les généraux demandent aux "rebelles" de déposer les armées ou de rentrer dans les forces régulières du pays. Ce qui a provoqué de vives tensions. Certains groupes sont très bien armés comme celui des Wa, qui compte 20 000 hommes.


Aujourd'hui, qu'attendez-vous de la communauté internationale ?

Nous voulons que la communauté internationale passe aux actes. L'ONU a fait des déclarations en soulignant que des élections libres ne peuvent pas avoir lieu sans Aung San Suu Kyi.De même l'Union européenne et les Etats-Unis ont pris la parole. Les pays asiatiques, à l'exception de l'Inde et de la Chine qui restent silencieux, font aussi pression. Aux rencontres de l'ASEAN (Association des pays d'Asie du Sud-Est), la Birmanie est isolée.

Mais il est temps que les États permanents de l'ONU se mettent d'accord sur une résolution et que les sanctions économiques soient durcies. Depuis 2003, les États-Unis ont gelé leurs investissements en Birmanie. Mais les investissements mis en place avant cette date ont été maintenus. Quant à l'Union Européenne, elle a interdit tout importation de bois, de pierres précieuses et de minerais mais ces interdictions sont facilement détournées.

Propos recueillis par Camille Sarret
8 août 2009

Info Birmanie