Bolivie : la guerre de l'eau a déjà commencé

Bolivie, la sécheresse
Un récit de Laure de Matos, TV5 Monde.

Le pays fait face à une sécheresse record et les tensions entre habitants s'exacerbent. Pour le président Evo Morales, il s'agit des effets du changement climatique. Mais des voix s'élèvent pour dénoncer le manque de préparation de l'Etat.

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La Bolivie a décrété l'état d'urgence, ce lundi, pour faire face à la plus grande sécheresse que le pays a connue en 40 ans. Le décret permet de mobiliser "les moyens économiques pour répondre à un droit humain qu'est l'accès à l'eau". 

Et cela devient urgent. La Paz, et d'autres grandes villes sont gravement touchées. Cette pénurie d'eau a déjà déclenché des manifestations dans la capitale et des conflits qui menacent de dégénérer à Potosi (sud-ouest), entre des agriculteurs utilisant l'eau pour arroser leurs plantations et de mineurs. 

Le président bolivien, Evo Morales, qui tente de gérer la crise, estime que le pays fait les frais du dérèglement climatique. Cette année ont été enregistrées les températures les plus élevées en 100 ans. 
Evo Morales estime que cette sécheresse doit servir de leçon pour que la Bolivie ne manque plus jamais d'eau.

Mais pour une partie de la population, l'Etat est à blâmer car il n'aurait pas anticipé la catastrophe. Une opinion confortée par le renvoi, il y a quelques jours, des chefs des administrations qui s'occupent du traitement et de la distribution de l'eau.