Brésil : Lula et Dilma, compagnons de naufrage

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<span lang="fr">Des manifestants défilent avec de grandes poupées gonflables représentant l'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva en costume de bagnard et aux cotés de l'actuelle présidente,  Dilma Rousseff, habillée comme un voleur , avec une écharpe présidentielle à  Sao Paulo , au Brésil , le dimanche 13 Mars 2016. 
Le scandale de corruption au géant pétrolier d'Etat Petrobras éclabousse le  Parti des travailleurs de Rousseff,  son prédécesseur et mentor, Lula da Silva , ainsi que des membres des partis d'opposition . </span></pre>
Des manifestants défilent avec de grandes poupées gonflables représentant l'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva en costume de bagnard et aux cotés de l'actuelle présidente, Dilma Rousseff, habillée comme un voleur , avec une écharpe présidentielle à Sao Paulo , au Brésil , le dimanche 13 Mars 2016. Le scandale de corruption au géant pétrolier d'Etat Petrobras éclabousse le Parti des travailleurs de Rousseff, son prédécesseur et mentor, Lula da Silva , ainsi que des membres des partis d'opposition .
(AP Photo / Andre Penner )

Luiz Inacio Lula da Silva, un retour qui ne passe vraiment pas. Ce vendredi, les organisations de gauche  appellent  à de gros rassemblements pour exiger son depart. L'ex ouvrier métallurgiste devenu président de la République est englué dans des soupçons de corruption. Le voici désormais au côté de  Dilma Rousseff au poste le plus élevé dans le gouvernement pour échapper aux poursuites judiciaires. Politique.. et pathétique ?

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Un coup de téléphone peut sauver une vie. Il peut aussi détruire un mythe. En rendant public  l’enregistrement d’une conversation téléphonique entre la présidente brésilienne et Lula,  l’ex-chef de l’Etat, le juge fédéral Sergio Moro, en charge de l'enquête sur le scandale de corruption Petrobras, a provoqué une immense onde de choc.

<span>Les manifestants appellent à la destitution de la présidente Dilma Rousseff et elle proteste contre la nomination de son mentor , l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva , comme son nouveau chef d'état-major , à l'extérieur du Planalto palais présidentiel à Brasilia, au Brésil, le mercredi 16 Mars 2016. </span>
Les manifestants appellent à la destitution de la présidente Dilma Rousseff et elle proteste contre la nomination de son mentor , l'ancien président Luiz Inacio Lula da Silva , comme son nouveau chef d'état-major , à l'extérieur du Planalto palais présidentiel à Brasilia, au Brésil, le mercredi 16 Mars 2016.
(AP Photo / Eraldo Peres )


Que dit cet enregistrement ? Dilma Rousseff y informe son prédécesseur qu’elle va lui faire parvenir rapidement son décret de nomination, en qualité de chef de la Maison civile, le poste le plus élevé dans le gouvernement. Et elle précise :  " Ne t’en sers qu’en cas de nécessité ".
Il y avait surtout urgence. 

Pour Lula, une immunité bienvenue

Devenu ministre, Lula bénéficie de facto d'une immunité judiciaire particulièrement bienvenue. Quelques jours plus tôt,  le 4 mars, l'ex-président n'avait pas vraiment goûté son arrestation,  à son domicile, devant les caméras de télévision. L'interrogatoire du juge Moro portait  sur des soupçons de " corruption " et de " blanchiment d’argent ".

<span>L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva devant son immeuble à Sao Bernardo do Campo, dans la région de Sao Paulo, au Brésil, le samedi 5 Mars 2016. </span>
L'ancien président du Brésil Luiz Inacio Lula da Silva devant son immeuble à Sao Bernardo do Campo, dans la région de Sao Paulo, au Brésil, le samedi 5 Mars 2016.
(AP Photo / Andre Penner )


Ce jour là, dans le pays, un mythe s'effondrait.
Tout à coup, comme il était loin, le syndicaliste charismatique qui, en 1988, déclarait, frondeur : " Au Brésil, quand un pauvre vole, il va en prison. Quand un riche vole, il devient ministre ! ".

"Une gifle à la société"


Certes, à cette heure, Luiz Inacio Lula da Silva doit avant tout bénéficier de la présomption d'innocence. Mais pourquoi donc cette hâte à vouloir échapper à la justice ? Antonio Imbassahy, chef du groupe parlementaire du Parti social-démocrate,  ne s'est pas embarrassé de métaphore pour dénoncer la manoeuvre : "C’est un aveu de culpabilité et une gifle à la société. La présidente, en l’invitant, se fait son complice. Le chapitre final de cette histoire sera la destitution  de Mme Rousseff".

<span>La présidente Dilma Rousseff, au cours d'une conférence de presse  au palais </span><span>présidentiel de </span><span>Planalto, à Brasilia le mercredi 16 Mars, 2016. </span>
La présidente Dilma Rousseff, au cours d'une conférence de presse  au palais présidentiel de Planalto, à Brasilia le mercredi 16 Mars, 2016.
(AP Photo / Eraldo Peres )
A l’initiative de l’opposition de droite, la procédure  parlementaire de destitution, lancée en décembre,  poursuit, en effet,  son chemin. La haute juridiction a donné le coup d’envoi de la reprise des hostilités au Parlement et, de son côté, le parti centriste brésilien PMDB  s’est donné 30 jours, le samedi 12 mars, pour décider de rompre, ou non, avec Dilma Rousseff, devenue trop menaçante pour la crédibilité même du parti. Osmar Terra, député du Parti du mouvement démocratique brésilien (PMDB),déclarait samedi  à l’Agence France-presse :" Le gouvernement a pris de mauvaises décisions. Il est en train de couler et le PMDB ne peut couler avec lui. Nous nous sommes donné un délai de 30 jours pour trouver la meilleure issue ".
Le compte à rebours est enclenché. 
Comme la colère des brésiliens.