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Brexit: "divorcer le plus vite possible", selon le député européen Alain Lamassoure

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©TV5monde

Dans une résolution adoptée mardi (395 voix pour, 200 voix contre) le Parlement européen demande au Royaume-Uni d'activer "immédiatement" la clause de retrait de l'UE. Pour le député européen Alain Lamassoure, qui a voté en faveur de ce texte, "tout divorce est douloureux, et il convient de négocier les conditions de séparation le plus vite possible".

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"Il s’agit d’un divorce, non pas à consentement mutuel, mais par décision unilatérale. Un divorce c’est toujours extrêmement douloureux, c’est toujours un gâchis. Plus vite on met au point le contrat de séparation, mieux ça vaut pour tout le monde!", a déclaré ce mardi Alain Lamassoure sur le plateau du journal de TV5monde.

"Nous sommes assez surpris et assez déçus que le Premier ministre David Cameron n’ait pas décidé de démissionner immédiatement, ce n’est pas dans  l’intérêt du Royaume-uni", a ajouté le député européen, membre du Parti Populaire européen.

Selon lui, "les Britanniques se rendent compte après coup de la catastrophe économique que ce vote représente pour eux."

Dans un entretien accordé un peu plus tôt à la radio Europe 1, l'élu était également revenu sur des conséquences qui pourraient paraître anecdotiques mais sont néanmoins très concrètes du Brexit. Notamment l'utilisation de l'anglais comme langue officielle dans l'Union européenne. Car avec la sortie du Royaume-Uni de l'Union européenne, "l'anglais n'est plus la seule langue officielle d'aucun pays", a t-il rappelé. L'Irlande emploie aussi le gaélique, tandis que Malte compte le maltais en plus de l'anglais dans ses langues officielles. "Le Français, l'Allemand deviendraient les langues les plus pratiquées."

Le député européen, ancien ministre des Affaires étrangères, est l'auteur du fameux article 50 du Traité de Lisbonne, celui-là même qui prévoit une voie de sortie de l'UE et en fixe les modalités.

Depuis son entrée en vigueur le 1er décembre 2009, le traité de Lisbonne offre la possibilité aux pays membres de se retirer selon leurs règles respectives, via l'article 50 du traité sur l'Union européenne.
 
L'article 50 dispose :
« 1. Tout État membre peut décider, conformément à ses règles constitutionnelles, de se retirer de l'Union.
2. L'État membre qui décide de se retirer notifie son intention au Conseil européen. À la lumière des orientations du Conseil européen, l'Union négocie et conclut avec cet État un accord fixant les modalités de son retrait, en tenant compte du cadre de ses relations futures avec l'Union. Cet accord est négocié conformément à l'article 218, paragraphe 3, du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne. Il est conclu au nom de l'Union par le Conseil, statuant à la majorité qualifiée, après approbation du Parlement européen.
3. Les traités cessent d'être applicables à l'État concerné à partir de la date d'entrée en vigueur de l'accord de retrait ou, à défaut, deux ans après la notification visée au paragraphe 2, sauf si le Conseil européen, en accord avec l'État membre concerné, décide à l'unanimité de proroger ce délai.
4. Aux fins des paragraphes 2 et 3, le membre du Conseil européen et du Conseil représentant l'État membre qui se retire ne participe ni aux délibérations ni aux décisions du Conseil européen et du Conseil qui le concernent.
La majorité qualifiée se définit conformément à l'article 238, paragraphe 3, point b), du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
5. Si l'État qui s'est retiré de l'Union demande à adhérer à nouveau, sa demande est soumise à la procédure visée à l'article 49. »