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Cambodge : des législatives toujours contestées

Des milliers de Cambodgiens défilent dans les rues de Phnom Penh pour un deuxième appel à la mobilisation depuis les législatives contestées de juillet dernier. Les partisans de l'opposition contestent toujours les résultats de ces élections et la reconduction du Premier ministre Hun Sen.
                 

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Cambodge : des législatives toujours contestées

23.10.2013Avec AFP
Quelque 10 000 personnes, certaines arborant sur leur tête des bandeaux "où est mon vote?" ou "longue vie à la démocratie", se sont rassemblées dans un parc du centre-ville de la capitale Phnom Penh, pour écouter Sam Rainsy, chef du Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), au premier jour d'un mouvement prévu pour durer jusqu'à vendredi 25 octobre. Les manifestants contestent les résultats des élections législatives de juillet dernier.
                 
"Nous vous demandons de participer à cette manifestation pour protéger notre nation et trouver la justice pour les électeurs", a déclaré le chef de l'opposition, rentré d'exil juste avant les élections, mais qui n'avait pas été autorisé à se présenter.
                 
"Nous ne pouvons pas enterrer les irrégularités", a-t-il ajouté, alors que l'opposition boycotte le Parlement et réclame depuis des mois une enquête indépendante sur les fraudes électorales qu'il a jugées massives.
                 
"Je veux récupérer mon vote, je veux la justice", a insisté l'un des manifestants, Phay Math, 72 ans. "S'ils ne me rendent pas mon vote, je manifesterai jusqu'à la chute du gouvernement".
                 
Plusieurs milliers de participants ont ensuite défilé dans les rues de Phnom Penh aux cris de "changement! changement!", pour porter au bureau de l'ONU une pétition qui selon le CNRP a recueilli le soutien de deux millions de personnes. L'opposition prévoit de marcher également dans les jours qui viennent vers plusieurs ambassades.
                 
Elle veut ainsi demander le soutien de l'ONU et des 18 gouvernements signataires il y a exactement 22 ans mercredi des accords de paix de Paris, qui avaient placé le Cambodge sous tutelle de l'ONU après le régime khmer rouge et des décennies de guerre civile.

Mouvement d'ampleur
              
Des milliers de policiers avaient été déployés mercredi dans la capitale pour ce mouvement le plus important depuis septembre, lorsqu'une personne avait été tuée par balle en marge d'un précédent rassemblement de 20 000 partisans de l'opposition.
                 
Selon les résultats officiels, le Parti du peuple cambodgien (CPP) du Premier ministre Hun Sen, malgré son plus mauvais score depuis 1998, a remporté 68 sièges aux législatives du 28 juillet, contre 55 au CNRP.
                 
Mais l'opposition a rejeté ces résultats, revendiquant la victoire et dénonçant des fraudes à grande échelle. Pour cette raison, les députés du CNRP boycottent depuis son ouverture en septembre l'assemblée nationale qui a malgré tout reconduit le Premier ministre Hun Sen, déjà au pouvoir depuis 28 ans. L'homme fort du Cambodge, 61 ans, a promis de se maintenir au pouvoir pour encore au moins dix ans.