Cameroun : la Camrail sur le banc des accusés

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© M. VALLEREY / V. PEREZ

Pour les enquêteurs, pas de doute : Camrail, la société ferroviaire du Cameroun, est le principal responsable du déraillement qui a fait 79 morts en octobre 2016. D'après les conclusions de la commission d'enquête gouvernementale, les règles de sécurité n'ont pas été respectées et le train roulait trop vite. 

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"La cause principale du renversement des voitures (du) train est une vitesse excessive (96 km/h) dans une portion de voie où la vitesse est fortement limitée (40km/h)", selon le communiqué de la présidence publié mardi soir et consulté par l'AFP.

L'enquête établit la "responsabilité" de la société ferroviaire Camrail, dont Bolloré est actionnaire à 80%, dans le déraillement du train Intercity 152 car elle n'aurait pas respecté "certaines règles de sécurité".

Le déraillement du train s'était produit le 21 octobre à l'approche de la gare d'Eseka (centre), entre Yaoundé et Douala.
Les enquêteurs ont noté "une surcharge du convoi et un rallongement inappropriée de la rame" et "l'utilisation de voitures de voyageurs dont plusieurs présentaient des organes de freinage défaillants". 
Ils ont aussi estimé que le conducteur du train, qui avait constaté des "anomalies et défaillances" sur la machine, n'avait pas été entendu par "la hiérarchie de Camrail". 

Le président camerounais Paul Biya a prescrit via le communiqué des "sanctions appropriées à l'encontre des responsables" ainsi que l'audit de la convention de concession signée en 1999 entre l'Etat du Cameroun et la société Camrail, dont l'Etat est actionnaire à 13%.
Un milliard de FCFA (1,5 millions d'euros) est promis par la présidence "pour une assistance complémentaire aux victimes ou à leurs ayants droit".

Le rapport d'enquête sera "transmis à la justice". Un premier procès s'est ouvert le 17 mai au Cameroun contre Camrail et Bolloré ainsi que des hauts responsables de ces deux sociétés suite à une plainte de familles de victimes.