Canada : Julie Payette, une ancienne astronaute, gouverneure du pays

Julie Payette sur le départ pour sa mission sur Endeavour le 12 juillet 2009 à Cape Canaveral en Floride.
Julie Payette sur le départ pour sa mission sur Endeavour le 12 juillet 2009 à Cape Canaveral en Floride.
©AP Photo/Chris O'Meara

Ancienne astronaute, ingénieure polyglotte, Julie Payette devient la 4e femme à occuper le poste de gouverneure générale du Canada. Qui est-elle ? Et quel sera son rôle ? Explications. 

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Avant même l’annonce officielle faite par le Premier ministre Justin Trudeau, ce jeudi 13 juillet, certains médias canadiens publiaient déjà son nom. Julie Payette devrait prendre son poste de 29e gouverneure du Canada au mois de septembre. A 53 ans, elle succédera à David Johnston. 

« C'est un très grand honneur », a remercié Julie Payette, à Ottawa. 


Pour la quatrième fois dans l’histoire du Canada, c’est une femme qui va occuper ce poste de représentante de la reine d’Angleterre Elizabeth II. Après Jeanne Sauvé (1984-1990), Adrienne Clarkson (1999-2005) et Michaëlle Jean (2005-2010), devenue depuis Secrétaire générale de l’Organisation Internationale de la Francophonie. 

Une femme mais pas une autochtone

Si le choix d’une femme répond certainement à l'image de la politique « féministe » que veut donner Justin Trudeau, cela pourrait décevoir les attentes de la communauté autochtone qui espérait voir l’un ou l’une d’entre eux à ce poste. Cela aurait été une première historique dans le pays. 

Les membres libéraux indigènes du Parlement ont fait pourtant campagne pour que le prochain-e gouverneur-e soit un-e descendant-e des premières nations, des métis ou des inuits. Cela aurait été un bon message « de réconciliation nationale » confiait le parlementaire Dan Vandal au journal Hill Times

« Je ne pense pas que jusqu’à présent, nos institutions canadiennes comme le Parlement, la Chambre des Représentants, le Sénat, le gouverneur général soient représentatives de toute la population de ce pays », indiquait le parlementaire Robert-Falcon Ouellette. « Je pense que ce serait vraiment bien si au haut niveau [de ce pays] il y avait quelqu’un qui puisse, au moins symboliquement, être capable de dire que l’Etat canadien change, parce que c’est le cas. »

A l’annonce du choix de Julie Payette dans la presse, le parlementaire s’est tout de même fendu d’un tweet de félicitations : 

[Félicitations à la nouvelle gouverneure générale Julie Payette.]

Ancienne astronaute, polyglotte

Un geste… envers une femme à la carrière brillante. Julie Payette est bien connue des Canadiens pour ses missions dans l’espace. En 1992, elle est choisie par l’Agence spatiale canadienne (ASC) parmi 5 330 candidats pour devenir astronaute. A seulement 28 ans, elle fait alors partie de la même promotion qu’un autre futur astronaute devenu célèbre sur les réseaux sociaux Chris Hadfield. (Lire notre article). Quatre ans plus tard, Julie Payette rejoint la NASA. 

L'astronaute canadienne Julie Payette et le commandant Kent Rominger dans la Station spatiale internationale le 1er juin 1999.
L'astronaute canadienne Julie Payette et le commandant Kent Rominger dans la Station spatiale internationale le 1er juin 1999.
©AP Photo/NASA TV


En 1999, elle part à bord de la navette Discovery et devient la première Canadienne à monter à bord de la Station Spatiale Internationale. Elle renouvèle l’expérience en 2009 à bord de la navette Endeavour.

Sportive, elle pratique notamment la plongée sous-marine. Elle a décroché une licence de pilote professionnel avec une qualification sur hydravion. Polyglotte, elle parle français, anglais et « peut converser » en espagnol, italien, russe et allemand. 

Pianiste elle s'est notamment produite « avec l'Orchestre symphonique de Montréal, le Piacere Vocale de Bâle, en Suisse, et avec le Tafelmusik Baroque Orchestra Choir à Toronto » peut-on lire sur le site de l’Agence Spatiale canadienne

Astronaute en chef de l'Agence Spatiale Canadienne de 2000 à 2007, elle a pris sa retraite depuis quatre ans pour devenir directrice du Centre des sciences de Montréal jusqu’en 2016. 

Quel est le rôle de la gouverneure ?

En dehors du Canada, on oublie peut-être que le chef de l’Etat canadien et sa souveraine, c’est la reine d'Angleterre Elizabeth II. Le ou la gouverneur-e général-e en est le ou la représentant-e dans le pays. 

Julie Payette représentera le Canada lors de ses visites à l’étranger et recevra à Rideau Hall (sa résidence officielle) les chefs d’Etat et ambassadeurs étrangers ainsi que les membres de la famille royale. Elle pourra décerner aussi des distinctions honorifiques. 

Plus important encore, elle peut convoquer, proroger et dissoudre le Parlement. La gouverneure prononce le discours du Trône et accorde la sanction royale aux mesures législatives parlementaires. Enfin, elle devient aussi commandant en chef du Canada. Un rôle qui lui permet par exemple de nommer les colonels du Régiment royal canadien sur recommandation du ministre de la Défense nationale.

Une mission de représentation essentiellement, rémunérée par un salaire annuel de 290 060 dollars canadiens.