Canada : avec le nouveau gouvernement souffle un vent d'espoir

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Commentaires de Catherine François

Il est 9h30 et le soleil rayonne dans les arbres mordorés entourant l’allée centrale qui conduit à Rideau Hall, la résidence du gouverneur général du Canada. La foule se masse aux abords, impatiente d’assister à la cérémonie d’assermentation du nouveau premier ministre canadien Justin Trudeau et la présentation de son nouveau gouvernement.
 

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Changement et renouveau

Premier signe évident d’un changement de régime : le public a été invité à cette cérémonie d’assermentation. Des écrans géants ont été installés pour que les gens puissent la suivre de l’extérieur de la résidence. Deuxième signe : le nouveau Premier ministre et ses ministres ont délaissé les traditionnelles limousines noires : ils arrivent en autobus et remontent à pied l’allée conduisant au bâtiment, sous les applaudissements de la foule. Justin Trudeau tient sa femme Sophie par la main, ils retrouvent devant les marches leurs trois enfants. Ensemble, ils entrent dans la résidence… la cérémonie peut commencer…

Parité et diversité

Après avoir prêté serment, Justin Trudeau présente les membres de son gouvernement. Ils sont 30 au total, pour un gouvernement représentatif du Canada d'aujourd'hui, avec notamment deux ministres sikhs, une ancienne réfugiée afghane, qui devient ministre elle aussi, une première dans l’histoire canadienne.
Le nouveau gouvernement de Justin Trudeau ​compte autant de femmes que d’hommes. Il y tenait. Une parité réelle, et pas juste symbolique : plusieurs de ces femmes se voient confier des ministères importants où elles vont piloter des dossiers névralgiques : l’environnement, la justice, la santé, le revenu, les autochtones, le commerce international, le patrimoine… et la Francophonie, qui échoit à la québécoise Marie-Claude Bibeau.

La place du Québec

Les Québécois sont d’ailleurs bien représentés au sein de ce nouveau cabinet : six ministres, dont Stéphane Dion au ministère des Affaires internationales, Marc Garneau aux transports et Mélanie Joly au Patrimoine (c’est elle qui devra notamment donner suite à la promesse des Libéraux d’annuler la dernière vague de compressions budgétaires à la Société Radio-Canada et d’assurer un financement stable et annuel au diffuseur public qui a subi sous le gouvernement Harper des vagues successives de compressions allant jusqu’à mettre en question sa survie ). Le Québec retrouve donc une place importante dans le gouvernement canadien après une absence de presque 10 ans. Toutes les provinces canadiennes sont représentées au sein de ce nouveau cabinet mais c’est l’Ontario, la plus importante, qui compte le plus de ministres : 11.

Au travail !

Des ministres qui ont du pain sur la planche et qui se sont réunis en un premier conseil quelques heures après leur assermentation. Le nouveau gouvernement canadien veut s’atteler rapidement à la tâche. Le Premier ministre assure qu’il a l’équipe qu’il faut pour combler les attentes des Canadiens qui, reconnaît-il, sont très grandes à son égard. Les Libéraux ont fait une trentaine de promesses durant la campagne électorale : légaliser la marijuana ( un dernier sondage indique que 2 Canadiens sur 3 y sont favorables ), mettre en place une enquête nationale sur la disparition et les meurtres inexpliqués de plus de mille femmes autochtones au cours des 30 dernières années, accueillir 25 000 réfugiés syriens, sortir le Canada des opérations de combat de la coalition en Irak et en Syrie et réduire les impôts de la classe moyenne en ponctionnant davantage les plus riches (la priorité des priorités, a précisé le Premier ministre dans sa première conférence de presse après son assermentation¨, et l’objet du premier projet de loi de son gouvernement).

Sur la scène internationale, le nouveau Premier ministre va participer au G20 en Turquie, au Sommet de l’APEC et à la Conférence de Paris sur le réchauffement climatique. Le Canada a toute une cote à remonter sur le plan environnemental après le piètre bilan du gouvernement Harper en la matière, Justin Trudeau va devoir faire ses preuves de la réelle volonté de son pays à lutter efficacement contre le réchauffement climatique. Mais comme il l’a si bien dit le lendemain de son élection à l’attention de la communauté internationale : « We are back ! », le Canada est de retour…

Justin Trudeau promet qu’il va tenir ses promesses. Il s’est entouré pour ce faire d’une équipe solide, où se côtoient l’expérience et de nouveaux venus, des gens compétents et respectés dans leurs domaines d’expertise. Comme souvent, les 100 premiers jours d’un gouvernement sont déterminants : le cabinet Trudeau n’y échappera pas…