Canada : une explosion ravage Lac-Mégantic (Québec)

Un train chargé de pétrole a déraillé, samedi 6 juillet, au centre de la petite ville de Lac-Mégantic, dans le sud de la province de Québec. L'explosion a ravagé le centre de l'agglomération de 6000 habitants. Au moins 80 personnes sont portées disparus.

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Un dernier bilan officiel  (16 H T.U.) fait état de 5 morts et d'une quarantaine de disparus. L'incendie serait maîtrisé mais pas éteint.

Le lien : les derniers développements suivis par notre partenaire Radio-Canada.
 

Le reportage de Radio Canada

06.07.2013
Le reportage de Radio Canada

A Lac-Mégantic, le “train-fantôme“ a semé la mort dans la rue principale

07.07.2013Par Clément SABOURIN -AFP
LAC-MEGANTIC (Canada), 07 juil 2013
    Certains l'avaient vu avancer dans la campagne québécoise avec une lueur suspecte dans l'une des locomotives. Lancé à toute vitesse dans la nuit, le "train-fantôme" a ravagé samedi le centre-ville de Lac-Mégantic, au Canada, et fait au moins 80 disparus.
    Le convoi de 72 wagons-citernes et cinq locomotives, chargé de pétrole, était parti de Montréal, à 250 km à l'ouest, et devait se rendre sur la côte atlantique, dans le port de Saint-John (Nouveau-Brunswick).
    Son ultime destination a plutôt été la rue principale de cette petite ville de 6.000 habitants située aux confins des montagnes des Appalaches, rasant tout sur 2 kilomètres carrés.
    Dans cette région de forêts à perte de vue, à la frontière de l'Etat américain du Maine, où le ciel est si clair que les astronomes de la côte Est nord-américaine se pressent dans l'observatoire voisin, l'histoire locale est intimement liée à celle du train.
    Ici, le rail a façonné les paysages et déversé des centaines de défricheurs à la fin du XIXe siècle.
    A tel point que la devise de la ville est "De la voie ferrée à la voie lactée", raconte à l'AFP Rémi Tremblay, le rédacteur en chef de L'Echo de Frontenac, le journal local. "Je pourrais vous montrer, c'était sur les fanions qui décorent la rue principale ... mais ils ont dû fondre."
    Depuis quelque temps, le trafic ferroviaire avait nettement augmenté, remarque-t-il. "Il y avait de plus en plus de trains de marchandises, c'était une source d'inquiétude", dit le journaliste, qui a dû abandonner sa maison trop proche du brasier, comme 2.000 autres habitants.
    Dans son lourd costume jaune, le chef des pompiers de la ville, Denis Lauzon, confesse: ses services voulaient que les transporteurs ferroviaires informent à l'avance des horaires des trains de marchandises ainsi que des types de produits convoyés. "Mais on n'avait pas encore soumis de demande formelle."
    Près de 24 heures après l'accident, qui a officiellement fait au moins un mort et un blessé, les wagons-citernes flambent toujours, jetant un panache de fumée noire au-dessus des environs.
     "Un mur de feu"     Choqués, à l'affût des moindres détails qui pourraient rassurer, les habitants se pressent derrière les barrages de police. Et alimentent les rumeurs sur ce "train-fantôme".
    "Il n'y avait pas de chauffeur, c'était un train téléguidé", affirme notamment un jeune homme à ses amis rassemblés devant une petite épicerie au nom providentiel de "Point d'aide, votre dépanneur".
    De retour d'une soirée Bingo à Nantes, au nord de Lac-Mégantic, Antoinette Parée, 78 ans, se souvient d'avoir aperçu "une lueur, une sorte de feu" dans un train qui avançait doucement dans le noir.
    Arrivée chez elle, cette retraitée était dans sa chambre qui donne sur la voie ferrée, à l'entrée du centre-ville. Elle a "entendu un gros boum, ça éclairait toute la maison". Elle a pris la fuite, sans son dentier et en pyjama.
    La compagnie américaine The Montreal Maine & Atlantic, propriétaire du train, a expliqué à l'AFP qu'avant la catastrophe, le convoi de wagons-citernes avait été immobilisé dans le village voisin de Nantes pour effectuer un changement d'équipe. Pour une raison inconnue, il s'est "mis à avancer, à bouger dans la pente le conduisant jusqu'à Lac-Mégantic", alors que les systèmes de freinage étaient pourtant activés, a dit le porte-parole de la compagnie, Christophe Journet. Par conséquent, "il n'y avait pas de conducteur à l'intérieur" lorsque le train s'est emballé.
    Recueillis sur l'autre rive du lac Mégantic, autour d'une grande croix éclairée qui domine les versants alentour, des habitants observent, le regard perdu, leur centre-ville se consumer.
    Le visage derrière des jumelles, Linda Rodriguez pointe un brasier: "ça c'est la pharmacie, notre maison est à 50 m de l'autre côté de la rue."
    "Au-dessus de tous les magasins de la rue principale, il y avait des logements. Tous les gens (qui s'y trouvaient) n'ont pas pu partir", craint Mariette Savoie, qui raconte avoir vu "un mur de feu" se dresser dans la nuit.

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