Ce mardi 18 mars, La Russie rattache la Crimée

Poutine signe l'accord entérinant le passage de la Crimée sous le giron russe, le 18 mars. Photo AFP<br/>
Poutine signe l'accord entérinant le passage de la Crimée sous le giron russe, le 18 mars. Photo AFP

Le président russe s’est adressé au Parlement pour entériner l’adhésion de la Crimée. L’Ukraine fustige  cette “soi-disant indépendance” et ce “soi-disant accord” et refuse de reconnaître ce rattachement. De son côté, en signe de protestation,  le Royaume-Uni, qui juge “regrettable” que la Russie ait “fait le choix de l’isolement” a décidé de suspendre toute coopération militaire avec la Russie. En Allemagne, la chancelière Angela Merkel estime que le rattachement de la Crimée à la Russie est “contre le droit international” et la France  “condamne” ce rattachement qu’elle ne “reconnaît pas”.

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"La Crimée, partie intégrante de la Russie"

Le président russe a demandé au Parlement une loi rattachant la Crimée et sa capitale Sébastopol. Il a également signé un accord sur ce rattachement avec les dirigeants pro-russes de la péninsule. "La République de Crimée est considérée comme rattachée à la Fédération de Russie à compter de la date de signature de l’accord" , indique le Kremlin. "Dans le cœur et la conscience des gens, la Crimée était et reste une partie intégrante de la Russie ", a-t-il dit, s’exprimant deux jours après un référendum dans la péninsule du sud de l’Ukraine qui a plébiscité un rattachement à la Russie. "Cette conviction, fondée sur la vérité et la justice, était inébranlable, s’est transmise de génération en génération, et aussi bien le temps que les circonstances ont été impuissantes face à elles" , a-t-il ajouté. La Crimée avait été offerte en 1954 à l’Ukraine par le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev, une décision prise selon M. Poutine "en violation des normes constitutionnelles " de l’époque.
«Quand la Crimée s’est retrouvée soudain dans un autre Etat (après la chute de l’URSS, ndlr), la Russie a alors senti qu’on ne l’avait pas seulement volée, mais pillée», a-t-il dit.
"Les habitants de Crimée et de Sébastopol se sont adressés à la Russie pour lui demander de garantir les droits et les libertés des habitants locaux, ne pas accepter ce qui s’est passé et ce qui se passe maintenant à Kiev, Donetsk, Kharkov", a-t-il encore déclaré.
"Nous ne pouvions pas laisser la Crimée et ses habitants dans le malheur, sinon cela aurait tout simplement été une trahison", a-t-il estimé.
"Ne croyez pas ceux qui vous font peur au sujet de la Russie, qui vous disent qu’après la Crimée, vont suivre d’autres régions", a déclaré M. Poutine à l’adresse des Ukrainiens. "Nous ne voulons pas la scission de l’Ukraine, nous n’en avons pas besoin", a-t-il ajouté.
Le Kremlin a peu après précisé que le document entrait en vigueur dès ce  mardi, même si le Parlement russe doit encore ratifier une loi en ce sens, ce qui relève d'une simple formalité.
La signature a été chaudement applaudie par l'assemblée de parlementaires, gouverneurs et membres du Parlement russe réunie au Kremlin.
A Sébastopol, environ 2.000 personnes qui ont regardé M. Poutine sur un grand écran dans le centre-ville ont crié "Hourra" et "Russie! Russie!"

bruits de bottes à la frontière ukrainienne

par François Xavier Freland
bruits de bottes à la frontière ukrainienne

Un homme passe devant une affiche représentant le territoire de la Crimée aux couleurs de la Russie, à Sébastopol (Ukraine), le 11 mars 2014. (VIKTOR DRACHEV / AFP)
Un homme passe devant une affiche représentant le territoire de la Crimée aux couleurs de la Russie, à Sébastopol (Ukraine), le 11 mars 2014. (VIKTOR DRACHEV / AFP)
Réactions en chaîne

Aussitôt, les réactions internationales ne se sont pas fait attendre :
L’Ukraine "ne reconnaîtra jamais" le rattachement de la Crimée à la Russie, a déclaré le ministère des affaires étrangères. Selon lui, l’accord signé à Moscou n’a "rien à voir avec la démocratie, le droit et le bon sens". Désormais, le pays se réserve le droit de “nationaliser” les biens russes.
Joe Biden, le vice-président des États-Unis a condamné l’action de la Russie en Crimée,  qualifié de “confiscation de territoire”. L’isolement politique et économique de la Russie ne peut qu’augmenter si elle poursuit dans la même voie, et elle verra en fait de nouvelles sanctions de la part des Etats-Unis et de l’Union Européenne".
Le président Obama a aussitôt proposé une réunion des dirigeants du G7 à La Haye, en marge du Sommet sur la sécurité nucléaire, pour débattre de la situation."Cette réunion sera centrée sur la situation en Ukraine et les prochaines décisions que le G7 pourrait prendre pour répondre à l'évolution de la situation et soutenir l'Ukraine", a indiqué la porte-parole du Conseil de sécurité nationale (NSC), Caitlin Hayden.                
Angela Merkel et François Hollande ont condamné  ce rattachement de la Crimée à la Russie.  La chancelière allemande estime qu’il est “contre le droit international”et le président français a averti qu’il ne le “reconnaissait pas”. Le chef de l’État a précisé : “Le prochain Conseil européen, les 20 et 21 mars prochains doit fournir l’occasion d’une réponse européenne forte et coordonnée à la nouvelle étape qui vient d’être franchie