Info

Ce que veulent les Syriens

Mohammed Saïd Yaghmour, 47 ans, concierge du Beit Nizam (maison historique de Damas). Il ne veut pas de la démocratie. (Crédi photo : Carole Alfarah)
Mohammed Saïd Yaghmour, 47 ans, concierge du Beit Nizam (maison historique de Damas). Il ne veut pas de la démocratie. (Crédi photo : Carole Alfarah)

Photographe syrienne, Carole Alfarah est allée à la rencontre des habitants de Damas entre le 4 juillet et le 8 août 2011. Elle s'est focalisée sur les classes moyennes en posant toujours les deux mêmes questions. « Donnez-moi votre opinion sur la contestation en cours ? » « Comment imaginez-vous la Syrie dans l'avenir ? » Un reportage photo qui a été publié dans le quotidien français Le Monde et sur son site Internet.

dans
Ce que veulent les Syriens

Les témoignages recueillis par Carole Alfarah


La contestation : « Je n'aurai jamais cru qu'une chose pareille puisse se produire en Syrie. Nous sommes des gens pacifiques. Ces scènes de tuerie et de brutalité, ce n'est pas possible. Même si mon salaire n'est que de 10 000 livres syriennes (145 euros), même si il ne me reste rien à la fin du mois, même si je dois prendre plusieurs emplois pour payer mon logement et les dépenses des enfants, je n'irai jamais détruire mon pays !»

Le devenir du pays : « Le président Bachar Al-Assad représente l'avenir de la Syrie : un jeune intellectuel modéré. Il aime son peuple et la nation est développée. J'espère que cette crise va bientôt prendre fin. Nous n'avons pas besoin de la démocratie de l'Irak, nous n'avons pas besoin de la liberté de l'Egypte, de la Tunisie et de la Libye. On a vu ce qui leur est arrivé. Nous n'avons besoin d'aucune interférence étrangère. Nous pouvons résoudre nos problèmes nous-mêmes. »

La contestation : « Dès la révolution égyptienne, moi et mes amis avons voulu participer. Nous ne savions pas quoi faire. C'était avant qu'il se passe quoi que ce soit en Syrie. Nous avons décidé de manifester devant le siège d'un opérateur de téléphonie mobile à Damas, pour demander  la baisse des tarifs. Nous avons été contrôlés par des membres des forces de sécurité et je n'avais pas ma carte d'identité. Ils m'ont arrêtée, j'étais choquée, j'ai pleuré, je n'oublierai jamais les regards des passants. Ils m'ont mise en prison avec des femmes arrêtées pour prostitution. Je suis vraiment contente que le vent du changement souffle enfin en Syrie. Sous le couvert de l'état d'urgence, ils arrêtent qui ils veulent. Les forces de sécurité sont partout : dans les cafés, dans la rue, dans les taxis. J'ai l'impression de suffoquer dans mon pays.»

Le devenir du pays : « Mon rêve c'est que la nouvelle Syrie devienne un pays démocratique, qu'elle garantisse la liberté d'opinion et le respect mutuel.»
Hibat Allah Al-Anssari, 26 ans, étudiante en arts à l'université de Damas. Les forces de sécurité la terrifient. (Crédit photo : Carole Alfarah)
Hibat Allah Al-Anssari, 26 ans, étudiante en arts à l'université de Damas. Les forces de sécurité la terrifient. (Crédit photo : Carole Alfarah)