Charlie Hebdo : les réactions internationales

Les journaux internationaux ont interrompu leurs programmes dès l'annonce de la fusillade
Les journaux internationaux ont interrompu leurs programmes dès l'annonce de la fusillade
(capture d'écran)

La sanglante attaque contre l'hebdomadaire satirique français Charlie Hebdo suscitait mercredi l'horreur au sein de la communauté internationale, qui a multiplié les messages de soutien à la France.

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Choc et horreur à travers le monde


Le pape François condamne avec la "plus grande fermeté" l'"horrible attentat" perpétré mercredi contre le journal Charlie Hebdo à Paris, a déclaré son porte-parole le Père Federico Lombardi.

Barack Obama (États-Unis)

"La France, et la merveilleuse ville de Paris où cette attaque scandaleuse a eu lieu, sont pour le monde une référence intemporelle qui demeurera bien au-delà de la vision haineuse de ces tueurs", a écrit le président américain Barack Obama dans un communiqué, condamnant la "fusillade terrifiante".

David Cameron (Royaume-Uni)

Premier à réagir, le chef du gouvernement britannique David Cameron a dénoncé des "meurtres révoltants" sur son compte twitter.

"Nous nous tenons aux côtés du peuple français dans le combat contre le terrorisme et pour la défense de la liberté de la presse", a-t-il ajouté peu avant d'ouvrir la session hebdomadaire de questions devant le Parlement britannique.

"Ces gens ne pourront jamais nous ôter ces valeurs", a-t-il martelé en parlant des tueurs.

Vladimir Poutine (Russie)

Le président russe, Vladimir Poutine, par la voix de son porte-parole, a dénoncé le terrorisme "sous toutes ses formes". "Nous avons la conviction que la lutte contre le terrorisme est impossible sans coopération multilatérale", a encore dit Dmitri Peskov.

Nations-Unies

Une "attaque terroriste lâche et barbare" (Conseil de sécurité de l'ONU).

Le secrétaire général de l'ONU Ban Ki-moon s'est dit mercredi "consterné" par l'attentat contre la rédaction de Charlie Hebdo, qualifié "d'attaque contre la liberté d'expression et la liberté de la presse, deux piliers de la démocratie".

Jean-Claude Juncker (Union européenne)

Le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker a dénoncé "un acte intolérable, une barbarie" qui "nous interpelle tous en tant qu'êtres humains et qu'Européens".

Angela Merkel (Allemagne)

La chancelière allemande Angela Merkel, attendue dans l'après-midi à Londres, s'est dite "bouleversée" par un "attentat abominable".

"Cet acte horrible est non seulement une agression contre la vie des citoyennes et des citoyens français", mais "aussi une attaque que rien ne peut justifier contre la liberté de la presse et d'opinion, un fondement de notre culture libre et démocratique", a-t-elle commenté, avant de conclure que "dans ces heures difficiles, nous sommes aux côtés de nos amis français".

Charles Michel (Belgique)

Le Premier ministre belge, Charles Michel, a, quant à lui, parlé de "choc, consternation et effroi".

Stephen Harper (Canada)

Le Premier ministre canadien se dit "horrifié par cet acte terroriste barbare".

Matteo Renzi (Italie)

Le chef du gouvernement italien Matteo Renzi a publié sur son compte Twitter : "Horreur et consternation pour le massacre de Paris, solidarité totale avec (François) Hollande en ce moment terrible, la violence perdra toujours contre la liberté".

Erna Solberg (Norvège)

En Norvège, elle-même naguère endeuillée par le sanglant carnage provoqué par l'extrémiste de droite Anders Behring Breivik (77 morts en 2011), les principaux responsables politiques ont fait part en français de leur horreur sur Twitter.

"Choquée et triste par l'attaque sur #CharlieHebdo. Toutes nos pensées et notre solidarité sont avec peuple français", a notamment écrit le Premier ministre, Mme Erna Solberg.

Turquie


En Turquie, le gouvernement islamo-conservateur a fermement condamné l'attentat commis à Paris, tout en mettant en garde contre le péril de l'islamophobie.

"Ce n'est pas une approche correcte d'associer l'islam au terrorisme (...) il y a aussi des attaques terroristes commises par des fidèles d'autres religions", a ainsi déclaré le ministre des Affaires étrangères Mevlüt Cavusoglu.

Espagne

Le gouvernement espagnol a déclaré que l'Espagne défendait "avec plus de force que jamais la liberté de la presse en tant que droit fondamental et irrévocable".

Antonis Samaras (Grèce)

"Au nom des Grecs, j'exprime notre profonde tristesse et notre indignation", a réagi le Premier ministre grec Antonis Samaras.

Le Portugal, la Bulgarie, la République tchèque, la Roumanie, la Finlande ainsi que des organisations comme l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE) ont également exprimé leur indignation et leur soutien.

Amnesty International a évoqué un "jour noir pour la liberté d'expression". "Mais c'est d'abord une tragédie humaine épouvantable", a ajouté Stephan Oberreit, directeur d'Amnesty International France.

"La tuerie perpétrée dans les locaux de l'hebdomadaire français Charlie-Hebdo, à Paris, relève de l’horreur absolue", a estimé la Fédération européenne des journalistes (FEJ), dont le siège est à Bruxelles.

"Une attaque barbare comme celle-là, c'est une affaire sans précédent", a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF).

La Ligue arabe et nombre de ses pays membres ainsi qu'Al-Azhar, principale autorité de l'islam sunnite, ont tous condamné mercredi avec force l'attentat "terroriste" contre le journal satirique français Charlie Hebdo.

Al-Azhar a déploré une attaque "criminelle", soulignant que "l'islam dénonce toute violence", tandis que la Ligue arabe, également basée au Caire, a condamné "avec force cette attaque terroriste" qui a fait 12 morts.

Au Maroc, le roi Mohammed VI affirme avoir appris avec "une profonde émotion la triste nouvelle du lâche attentat terroriste" et condamné "fermement cet acte haineux".

En Tunisie, le président du parti islamiste Ennahda, Rached Ghannouchi, s'est dit "horrifié et indigné par l'acte lâche et criminel ayant visé les journalistes et le personnel de Charlie Hebdo". "Nous condamnons avec la plus grande fermeté ces actes terroristes, leurs auteurs, leurs instigateurs et tous ceux qui les soutiennent", a-t-il ajouté dans un communiqué en français.

De son côté, l'Arabie saoudite a condamné cet acte "lâche, qui est rejeté par l'islam comme il est rejeté par les autres religions", et exprimé ses condoléances.

Pour le Qatar, régulièrement accusé de soutenir des factions islamistes extrémistes dans des pays comme la Syrie et la Libye, "de tels actes visant des civils non armés contredisent tous les principes et toutes les valeurs morales et humaines".

Les Emirats arabes unis, Bahreïn et la Jordanie ont également condamné l'attentat tandis que l'Egypte a affirmé être "aux côtés de la France face au terrorisme qui nécessite un effort international conjoint pour y mettre fin".

L'Union internationale des oulémas musulmans, basée à Doha, a qualifié l'attaque de "pêché, quelqu'en soient les coupables et ceux qui les soutiennent". Cet organisme dirigé par l'influent prédicateur islamiste Youssef al-Qaradaoui, considéré comme l'éminence grise des Frères musulmans, appelle "les autorités et le peuple français à s'unir contre l'extrémisme".