Chine : les étudiants de Hong Kong contre Pékin

Des étudiants durant la grève des cours à l'Université de Hong Kong, le 22 septembre 2014 (Photo Xaume Olleros. AFP)
Des étudiants durant la grève des cours à l'Université de Hong Kong, le 22 septembre 2014 (Photo Xaume Olleros. AFP)

Les étudiants "pro-démocratie" de Hong Kong ont entamé lundi une semaine de grève des cours pour protester contre la décision de Pékin de limiter la portée du suffrage universel dans l'ancienne colonie britannique.

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Deux systèmes ?

Avant ou arrière-garde ? Ils étaient près de 13 000 étudiants rassemblés ce lundi matin sur le campus de l'université de Hong Kong, vêtus de blanc, la couleur du deuil en Chine. Le début d'une semaine de grève des cours pour une protestation qui n'a rien de catégorielle. Motif de la contestation : la décision de Pékin de limiter la portée du suffrage universel dans l'ancienne colonie britannique.

Fondé sur le principe « un pays, deux systèmes », l'accord de rétrocession négocié dans les années 80 entre la Grande-Bretagne et la Chine et mis en œuvre en 1997 prévoyait la désignation en 2017 du chef de l'exécutif au suffrage universel. Publié en août dernier, le texte encadrant l'application de ce principe a suscité la consternation des démocrates. Il dispose que les « deux ou trois candidats » qui seront soumis au vote populaire devront avoir été sélectionnés au préalable par la moitié au moins des membres d'un comité de nomination, ce dernier étant dans les faits contrôlé par Pékin.

Désobéissance

Manifestation du 1er juillet dernier (AFP)
Manifestation du 1er juillet dernier (AFP)

Une coalition de mouvements pro-démocratie emmenée par le groupe Occupy Central fait depuis campagne pour dénoncer ce que nombre de Hongkongais perçoivent comme une mainmise grandissante du pouvoir central chinois sur les affaires locales.

Le 1er juillet dernier (jour anniversaire de la rétrocession de 1997) 500 000 personnes étaient déjà descendues dans la rue pour affirmer leur attachement aux valeurs démocratiques, ce qui avait donné lieu à des centaines d'interpellations. Certains, au sein de ce courant ont annoncé leur entrée dans « l'ère de la désobéissance civile ». En dépit de cette escalade verbale, des porte-paroles du mouvement ont cependant reconnu récemment qu'il n'avait aucune chance d'infléchir Pékin. Les étudiants espèrent lui redonner quelques couleurs par leur mobilisation.

Le début de leur grève coïncide avec la publication d'un sondage réalisé par l'Université chinoise de Hong Kong selon lequel 21% des habitants envisagent de quitter le territoire autonome sous administration chinoise en raison de son avenir politique incertain. « Hong Kong est au bord d'une nouvelle vague d'émigration massive », a commenté Sonny Lo, professeur à l'Institut de l'éducation de Hong Kong à propos de cette enquête réalisée auprès d'un millier de personnes.

Dans les années ayant précédé la rétrocession de 1997, Hong Kong avait été déserté par environ 60.000 de ses habitants chaque année.