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Comment les pays se préparent-ils aux changements climatiques ?

Des Français allongés sur l'herbe au Trocadéro, devant la Tour Eiffel French people catch some sun on the grass of the Trocadero, à Paris lorsque les températures ont atteint les 37 degrés, le 18 août 2012. 
Des Français allongés sur l'herbe au Trocadéro, devant la Tour Eiffel French people catch some sun on the grass of the Trocadero, à Paris lorsque les températures ont atteint les 37 degrés, le 18 août 2012. 
© AP Photo/Jacques Brinon

La France traverse une épisode caniculaire depuis plusieurs jours. Face à cette fièvre du thermomètre, le pays semble mal préparé. S'agit-il d'un réchauffement climatique qui ne cesse de s’aggraver ? Comment les autres pays du monde appréhendent-ils ces coups de chaleur ?

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Avec presque 40 degrés à Paris, 38 à Limoges et 37 à Nantes, mercredi 1er juillet, la France fait face a un nouvel épisode caniculaire. Le plus important depuis la canicule de 2003 qui avait tué plus de 19 000 personnes. Mais la hausse des températures a provoqué quelques soucis qui montrent que les villes françaises restent mal préparées à ce genre d'événement.

Dans la nuit de mercredi à jeudi, au Havre, une coupure d’électricité liée aux fortes chaleurs a touché jusqu’à 150 000 clients. La veille, en Bretagne, mais surtout en Loire-Atlantique, 800 000 foyers ont été privés d’électricité. Selon le Réseau transport électricité (RTE), la cause de ces incidents est la forte chaleur et les différences de températures entre le matin et le soir, provoquant des « avaries de matériels ».

En Ile-de-France, ce sont les transports en commun, notamment ferroviaires, qui ont fait les frais de cette montée de température. Mercredi 1er juillet au matin, la circulation des RER était fortement ralentie. Selon France Bleu, « la chaleur provoque la dilatation des voies lorsque la température des rails dépasse 45 degrés ».

Mais ailleurs, des solutions sont mises en place. Grenoble est la première agglomération de France à se doter d'un plan climat. Les résultats sont encourageants. Entre 2005 et 2014, la ville a réduit de 18% ses émissions de gaz à effet de serre, de 19% les particules fines et a augmenté de 13,6 % sa production d'énergies renouvelables. Ailleurs dans le monde, de nombreux pays se mobilisent également pour faire face aux dérèglements climatiques. Tour d'horizon de quelques initiatives.

Les initiatives dans le monde

Berlin, en Allemagne, a élaboré depuis dix ans "un programme avec un réseau en forme de croix le long des rivières et une double ceinture d'espaces verts et naturels", explique dans le Nouvel Obs, Gilles Antier, géographe-urbaniste qui ajoute : "Le tout favorise une circulation des courants froids au-dessus de la ville qui brasse l’air pollué et réduit les effets de chaleur. Mais cette initiative reste hélas encore bien rare dans le monde des grandes villes mondiales".

Helsinki, en Finlande, veut se passer de voitures d’ici 2025 avec un plan de mobilité ambitieux pour réduire sa congestion automobile. L’idée est d’installer un système de mobilité à la demande, bon marché et flexible. Selon The Guardian, les autorités finlandaises imaginent une application pour smartphone qui permettrait aux gens de trouver leur moyen de transport en temps réel.

San Francisco, en Californie, s'est fixé l'objectif 100% déchets recyclés, d'ici à 2020. La ville atteint déjà 80 % de recyclage depuis que le projet "Zéro déchets" a été mis en place en 2002. Progressivement, les 840 000 habitants de San Francisco ont adopté un mode de vie différent. Depuis 2007, plusieurs mesures ont déjà été prises : interdiction d’utiliser des sacs en plastique dans les supermarchés mais du papier recyclable, les entreprises et résidents doivent trier les produits recyclables et les déchets organiques de leurs poubelles. En cas de non respect des règles, les contrevenants sont passibles d'amende.

En Afrique du Sud, un programme de production d’énergie à partir du méthane émis par les déchets de la ville de Durban a été mis en place. Le projet vise à réduire les émissions de gaz à effet de serre dans ce pays qui en produit beaucoup. Les déchets sont à l’origine de 4 % des émissions du pays. Cent trois puits de captage ont été construits et répartis sur les trois décharges de la municipalité d’Ethekiwini. Ces puits sont reliés à une centrale qui, en brûlant le méthane, fournit de l’électricité au réseau de distribution municipal.

Au Kenya, la plus grande centrale géothermique d’Afrique a été officiellement mise en service le 19 février 2015, à Olkaria dans la vallée du Ritf. D’une capacité de 140 MW, elle doit permettre de baisser le coût de l’électricité des consommateurs, tout en luttant contre le changement climatique. Aujourd’hui, 40% de l’électricité du pays provient de la géothermie.