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Climat : une baleine-emblème

La Baleine bleue est visible pendant toute la COP21 à Paris, face au Grand Palais.
La Baleine bleue est visible pendant toute la COP21 à Paris, face au Grand Palais.
©Un Cadeau pour la Terre

Pendant la COP21, la Baleine bleue devient l’emblème de la biodiversité et de la préservation de la nature. Explications de Pierre Douay, porteur de ce projet soutenu par Paul Watson et Sea Shepherd.

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La Baleine bleue, qui surplombe la Seine face au Grand Palais, impressionne les passants. Et la gigantesque créature a une mission : « sensibiliser l’opinion publique au rôle primordial des baleines dans le fonctionnement de l’océan. La baleine est le lien concret entre l’océan et le dérèglement climatique » confie Lamya Essemlali, présidente de Sea Shepherd France. L’ONG est un soutien inconditionnel de la Baleine bleue.

La mission Baleine bleue est née de l’envie de Pierre Douay, président de l’association Un cadeau pour la Terre, d’informer le plus grand nombre sur les enjeux de la biodiversité et l’urgence d’agir. « Nous sommes dans une course contre la montre. Je vois ce projet comme un cheval de Troie qui permet de porter bien plus de messages qu’il n’y paraît. Cela commence par un changement de mode alimentaire. » ajoute Lamya Essemlali.

 
Pour Paul Watson, fondateur de Sea Shepherd, le message est clair. « Il faut préserver les baleines pour qu’il y ait plus de phytoplancton, plus de plancton et donc plus d’oxygène sur Terre. » Avec ses dimensions de 33,6x8,4x14,3 mètres, le colosse a jusqu'à la fin de la COP21 pour marquer les esprits et passer le message.

paul watson baleine bleue
©TV5MONDE

Quatre questions à Pierre Douay, président de l’association Un Cadeau pour la terre.

 
Qu’est-ce que la mission Baleine bleue ?
 
L’idée est de fabriquer une réplique de la plus grande baleine bleue jamais observée par l’homme, qui mesure 33,6 mètres de long. Elle a été harponnée un jour d’avril 1912 au large de l’île de la Géorgie du Sud (au sud de l’océan Atlantique, NDLR), qui était à l’époque un comptoir baleinier. Plus de cent ans après, c’est toujours le record de l’espèce.
 
C’est la première fois que cette baleine est reproduite à taille réelle. Le faire à Paris a un charme fou et cela fait sens de réaliser ce projet au cœur de l’événement planétaire qu’est la COP21. La Baleine bleue a vocation à devenir un symbole de conservation et de préservation des océans et de la biodiversité. On s’est aperçu il y a quelques temps que les baleines en général, et plus particulièrement les baleines bleues, avaient un rôle fondamental dans la régulation du climat grâce au phénomène de « pompe de la baleine ».

Mécanisme de "pompe de la baleine"
Mécanisme de "pompe de la baleine"
©AGENCE IDE

 Quel message voulez-vous transmettre avec votre Baleine bleue ?
 
Seuls, nous ne sommes rien. C’est précisément le message de cette Baleine bleue. En toute modestie, nous aimerions éveiller les consciences des citoyens pour qu’ils délivrent ce message à leur tour. Chacun a intérêt à devenir écocitoyen en adoptant les des bons gestes et comportements au quotidien pour parvenir à un vrai développement durable.
 
Cette baleine a vocation, après la COP21, à partir au Biome dans les Landes, une station zoologique de préservation et de conservation de l’espèce. L'une des premières en Europe. Nous espérons également pouvoir entrer en fabrication d’une seconde baleine qui puisse faire le tour du monde et rencontrer tous les publics.
 
Qu’attendez-vous de la COP21 ?
 
J’attends tout de cette COP. J’attends que les puissants de ce monde réalisent à quel point  la matrice sur laquelle nous vivons est à bout de souffle. Cela fait des décennies que l’on sait que la planète a des ressources limitées. Aujourd'hui, la seule alternative est de changer de modèle.
 
Les problèmes de dérèglement climatique et ceux de l’érosion de la biodiversité sont liés l’un à l’autre. Au milieu, il y a l’être humain. Notre système actuel délaisse trop de personnes aux quatre coins du monde.  A moyen terme, nous considérons donc que sauver la biodiversité, c’est sauver l’humanité.
 
Nous ne pouvons pas nous passer des océans qui sont le plus grand régulateur de notre planète. Nous ne pouvons pas continuer à faire de la déforestation massive, à aller puiser chaque jour et sans cesse dans les entrailles de la Terre pour pouvoir extraire du pétrole. Ce temps est définitivement résolu. Les chefs d’Etats réunis au Bourget le savent très bien, car ils sont brillants et avertis. Aujourd’hui, tout est une question de volonté. Il faut que les dirigeants se décident à léguer une Terre vivable pour les générations à venir.
 
Quelles décisions feraient de la COP21 une réussite ?
 
La transition énergétique est le premier chantier à aborder dans cette COP21. Il faut en parler à un niveau planétaire, et pas seulement national. Concernant l’électrification de l’Afrique, des technologies innovantes dans les énergies renouvelables existent afin de générer le moins possible de gaz à effet de serre. Si nous n'agissons pas aujourd’hui, nous pouvons imaginer tous les drames du monde.
 
Les délégations se battent pour limiter le réchauffement climatique à un maximum de deux degrés. Mais nous savons d’ores et déjà que nous allons les dépasser. Les incidences et dommages collatéraux seront considérables, comme le déplacement de millions de personnes.
 
Les chefs d’Etat ont une grande part de responsabilité avec la COP21, parce que s’ils s’engagent vraiment pour le climat, les citoyens les suivront c’est certain. Ils doivent donc trouver un accord solide et contraignant.