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Colombie : le désarmement des FARC est terminé

Un rebelle des forces armées révolutionnaires de Colombie, garde la zone de démobilisation de Mariana Paez, l'un des nombreux camps ruraux où les combattants rebelles font leur transition vers la vie civile à Buenavista, en Colombie.
Un rebelle des forces armées révolutionnaires de Colombie, garde la zone de démobilisation de Mariana Paez, l'un des nombreux camps ruraux où les combattants rebelles font leur transition vers la vie civile à Buenavista, en Colombie.
© Fernando Vergara (AP)

Le gouvernement colombien et les Farc ont célébré aujourd'hui la fin de l'opération de désarmement qui tourne la page de plus d'un demi-siècle de guérilla. Sept mille combattants des Farc ont remis leurs armes à la mission des Nations-Unies en Colombie, conformément à l'accord de paix signé fin 2016.

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 Le désarmement représente le début d'une nouvelle Colombie qui avance vers la paix.
Juan Manuel Santos, président colombien


La cérémonie officielle qui a réuni aujourd'hui à Mesetas, dans le centre du pays, le président Juan Manuel Santos et le chef suprême des Forces armées révolutionnaires de Colombie, Rodrigo Londoño, marque la fin d'un conflit armé intérieur qui a fait au moins 260 000 morts.
7.000 armes ont été remises conformément à la feuille de route de l'accord de paix, et sont désormais stockées par la mission onusienne en Colombie. Chaque guérillero s'est engagé à ne pas les reprendre. " Les armes ont rempli une fonction déterminée à un moment déterminé, aujourd'hui nous prenons une décision politique et nous n'en avons plus besoin", a commenté  l'un des plus hauts dirigeants des Farc, Mauricio Jaramillo.
La semaine dernière lors d'un déplacement à Paris, le Président Santos  a estimé que cet événement "change l'histoire de la Colombie".

Une victoire pour l'ONU


L'accord de paix signé en août 2016 à La Havane, à Cuba et ratifié par le Parlement colombien en décembre 2016 est l'aboutissement d'un long processus de négociations qui a débuté en 1984. Les Farc signent alors un tout premier cessez-le-feu avec le gouvernement du président Belisario Betancur, mais face aux exactions incessantes des paramilitaires, les Farc décident de retourner à la lutte armée. Des milices liées à l'armée, à des propriétaires terriens ou à des cartels de drogue  massacrent de nombreux civils, dont des paysans. Ces exactions nourrissent la haine et entraînent une escalade de la violence dans les deux camps.
En 50 ans de conflit, 7 millions de colombiens seront déplacés, 60 000 personnes  portées disparues. L'accord de paix avec les Farc, inclut aujourd'hui un dédommagement pour les victimes, une réforme agraire et la lutte contre le trafic de drogue.   

" La Colombie est aujourd'hui devenue un exemple de résolution de conflits pour avoir mené à bien son propre processus de paix, en demandant à l'ONU de vérifier le cessez-le-feu et le dépôt des armes", s'est félicité  le Président du Conseil de Sécurité de l'ONU, Elbio Rosseli.
                  

Une nouvelle ère commence pour les Colombiens             

Le retour à la vie civile des ex-guérilleros, jusque-là regroupés dans 26 zones du pays constituera la prochaine étape du processus de paix. Ils bénéficieront d'une justice spéciale garantissant l'amnistie pour la majorité d'entre eux. La réconciliation intérieure prendra certainement encore du temps, comme en témoigne Francia Marquez, jeune femme de 35 ans, elle est devenue le symbole des luttes afrocolombiennes en Colombie et a participé à la table des négociations des accords de paix entre le gouvernement colombien et les FARC à La Havane en 2016 : " La lutte n’est pas finie, nous attendons des actions concrètes et des réparations pour toutes les victimes".

Les Farc, nées d'une rébellion paysanne en 1964, devraient connaître une seconde vie sous forme de parti politique. Les Farc pourraient présenter un candidat présidentiel dès les élections générales de 2018. Un nouveau chapitre de l'histoire jusque là tourmentée de la Colombie va enfin pouvoir voir le jour.